21/11/2008

Déclaration du Groupe MCG-CHANGER GENEVE


Madame la Présidente, Monsieur le Président du Conseil d’Etat, chers Collègues,

 


Tous les grands rédacteurs de constitution ont eu une vision du monde et une espérance pour l’humanité et leur communauté. La constitution de 1847 était imprégnée de l’esprit des Lumières et de la certitude que la connaissance libèrera les hommes de l’ignorance et de la tyrannie. Les grandes tragédies du XXe siècle nous ont appris à être moins optimistes et, surtout, que nos connaissances peuvent apporter autant de biens que de maux, et qu’il dépend de l’usage qu’on en fait pour qu’elles asservissent la société humaine et détruise la nature ou qu’elles améliorent l’une et l’autre.

 


Nous sommes les délégués du peuple Souverain pour rédiger une constitution qui sera l’expression de toutes les raisons positives que nous avons de vivre ensemble.

Nous ne serons, dans cette tâche, soumis qu’à notre conscience et à notre sens du devoir.

 

Mais nous n’oublierons pas que nous nous inscrivons dans une histoire qui nous a légué les principes de la souveraineté du peuple et de la démocratie participative. Et que c’est là l’essence même de notre vie publique.

 

Ce sont ces principes qui nous ont permis d’intégrer dans nos murs, sans heurts et sans conflits majeurs, des générations d’hommes et de femmes venant de tous les horizons du monde et qui font de notre République le lieu où la diversité peut vraiment devenir une richesse.

 

Parmi nous, ici dans cette salle, se trouvent de nombreuses personnes qui proviennent d’une immigration plus où moins récente. Nous ne partageons pas nécessairement une histoire commune, une ethnie commune ni même une religion commune, et pourtant nous avons tous le désir de vivre ensemble et d’œuvrer pour le bien commun, parce que nous partageons des institutions dans lesquels nous nous reconnaissons.

 

Nous ne briserons pas ce cadre. Mais nous réaffirmerons notre volonté de renforcer notre indépendance à l’égard de toute structure qui ne nous garantirait pas les droits inhérents à une démocratie participative et à la souveraineté du peuple de Genève.

Nous éviterons le piège de croire, comme d’autres avant nous, qu’une constitution peut déléguer des libertés et des droits, car le peuple Souverain a toutes les libertés et il a tous les droits, et ce serait lui faire offense que de lui en octroyer, comme un appât pour mieux le museler ensuite.

 

En revanche, nous serons attentifs à lui rappeler que la liberté ne va pas sans la responsabilité et qu’il ne peut en user dans le mépris d’autrui et celui de la nature. Nous lui rappellerons aussi que nous ne pouvons vivre ensemble sans accorder notre protection aux plus faibles d’entre nous.

 

Pestalozzi ne disait-il pas : "Devenez hommes afin de pouvoir à nouveau devenir citoyens, afin de pouvoir à nouveau devenir Etats".

Notre avenir dépend tout entier de l’éducation que nous saurons donner aux générations qui nous suivent. Une fausse interprétation de la liberté peut avoir pour conséquence de nous priver de principes et de normes.

Cette nouvelle constitution devra nous inciter à éduquer nos enfants afin qu’ils deviennent des citoyens dédiant leur intelligence à l’amélioration de la société, dans une culture du respect.

 

Enfin, nous dirons que nos acquis n’ont de sens que s’ils respectent le droit des générations futures à vivre en paix dans un environnement sain, que seul est libre celui qui peut user de sa liberté et que la force d’une communauté démocratique se mesure au bien-être qu’elle peut offrir aux plus faibles de ses membres.

 

Marie-Thérèse Engelberts, Membre du Bureau Provisoire

 

Franck Ferrier

 

Yves-Patrick Delachaux

 

Patrick-E. Dimier , Chef de groupe

 

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Commentaires

Cher Patrick, merci de rappeler les grands principes qui doivent régir notre futur "modus vivendi"! En référence aux valeurs exprimées ici, il me vient à l'esprit une anecdote à ce sujet: lorsque Platon fut appelé par les Cyrénéens à rédiger leur constitution et leur cadre légal, il refusa, expliquant qu'il était difficile de donner des lois à des gens si prospères car "rien n'est aussi arrogant que le tempérament de l'homme qui croit avoir pris possession du bonheur. Aussi est-il difficile avec ceux qui ont le pouvoir de se montrer de bon conseil au sujet du pouvoir, car ils redoutent de subir le pouvoir de la raison, craignant qu'elle ne réduise la jouissance de leur autorité en les soumettant à des obligations."

Or, la raison et la sagesse - ce qui manque cruellement à certains gouvernants actuels (Beer, par ex.) - font partie de votre projet pour la nouvelle Constitution. Et de cela nous devons nous réjouir.

Bonne chance!

Écrit par : Micheline Pace | 21/11/2008

"Post Lux Tenebras"

MDR!

Et un compliment pour l'auteur de ce blog: ignorant!

Écrit par : Johann | 23/11/2008

@johann,
l'ignorant n'est-il pas celui est abscon pour masquer sa propre ignorance?
Votre commentaire nous porte à le croire car si vous aviez la moindre capacité de critique c'est sur le fond et non la forme que vous auriez posé la note.

Mais à l'impossible nul étant tenu laissons les nuls dans l'impossible, comme Brel l'a si bien chanté.

Écrit par : Marcel Garcia | 23/11/2008

Très belle déclaration. Je reconnais le coup de patte de ce cher Patrick-E. Dimier

Écrit par : Fred Oberson | 24/11/2008

"l'ignorant n'est-il pas celui est abscon pour masquer sa propre ignorance?
Votre commentaire nous porte à le croire car si vous aviez la moindre capacité de critique c'est sur le fond et non la forme que vous auriez posé la note."

Sur le fond? Bigre! Voyons:

"Notre avenir dépend tout entier de l’éducation que nous saurons donner aux générations qui nous suivent. Une fausse interprétation de la liberté peut avoir pour conséquence de nous priver de principes et de normes.

Cette nouvelle constitution devra nous inciter à éduquer nos enfants afin qu’ils deviennent des citoyens dédiant leur intelligence à l’amélioration de la société, dans une culture du respect."

Et le respect de la culture? Vous en faites quoi?

La forme trahit parfois le fond. C'est ici le cas.

Bye, bye!

Écrit par : Johann | 24/11/2008

"Notre avenir dépend tout entier de l’éducation que nous saurons donner aux générations qui nous suivent."

Notre présent dépend tout entier de l'éducation qu'ils n'ont pas su donner à la présente génération.

Voyez à tous les niveaux le niveau d'incompétence... C'est dramatique.

Écrit par : Johann | 25/11/2008

Ahah, le titre "Post Lux Tenebras" a disparu!

Maintenant il reste à le faire disparaître aussi dans l'URL!
Ca va être plus difficile...

Écrit par : Johann | 26/11/2008

Post Tenebras Lux ou Post Tenebras spero lucem. Voyez vous Johnn, moi avec mon cynisme digne d'un bon Diogenes, celui qui a signé "Post Lux Tenebras", n'a pas assasiné le latin, sinon qu'il nous envoie un message dissant que Geneve récule, qu'elle va de la lumière vers La Tenebra. Elémentaire mon chèr Watson

Écrit par : Diogenes | 06/12/2008

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