24/11/2008

Ils ont franchi le Rubicon

Quelle mouche a bien pu piquer le clan des « blanches neiges » libérales pour rééditer l’exploit de Vernier, à savoir voler au secours des verts et des socialistes par le biais d’une procédure judiciaire.


Hier c’était la décision du Souverain que les libéraux ont combattue en portant la procédure pour le compte de cette coalition improbable, comme l’âne porte l’eau de son maître. On en connait l’issue,  la justice politique leur a donné raison, sans pouvoir condamner l’adversaire qu’ils avaient décidé d’abattre puisqu’aucun élément de preuve n’a pu être apporté contre lui ni contre son parti.

Le Souverain, qui a toujours le dernier mot, a prononcé SA sanction en alourdissant la victoire qu’il avait donnée au vainqueur, une année plus tôt.

Aujourd’hui c’est au secours des 7 nains que le même clan des « blanches neiges » s’est lancé, cette fois-ci en envoyant la « dame blanche », comme chariot avancé,  porter le litige de l’IN134 devant la Cour Suprême de la fédération dont Genève, et 25 autres sont membres.

Se faisant, la recourante, malgré l’alerte assistance du chef marionnettiste des libéraux,  oublie que dans la démocratie qui est la nôtre, le Gouvernement doit avoir l’humilité se plier aux décisions judiciaires qui lui sont contraires.
Par ailleurs elle comme son « plumiste » perdent de vue la signification profonde du jugement rendu par le tribunal administratif. Ils oublient surtout qu’il n’y avait aucune raison politiquement correcte qui puisse justifier une telle opération commando.

Le constat que tout cela amène est que décidément certains sont prêts à tout pour garder le pouvoir, y compris de perdre leur âme et de piétiner les convictions qui ont fait la grandeur de l’esprit libéral genevois. En franchissant le Rubicon, ils s’en font les fossoyeurs.
Il est un vieux proverbe du XIXe que j’aime beaucoup car il traduit à merveille cette pantalonnade supplémentaire « les politiciens sont comme les loups, ils se mordent mais chassent ensemble ».

19:49 Publié dans Genève, Politique | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Oui, il est des gens qui ne comprennent pas du premier coup.

Dans la bataille sur les notes, nous avions avec nous un certain Olivier Baud. Un allié de poids.

Dans l'affaire du CO, nous avons avec nous, non seulement le Conseil d'État mais encore une certaine recourante qui fait notre jeu. En effet, elle a déposé recours au Tribunal Fédéral, qui a déjà débouté cette valeureuse plaignante, une pédagogo notoire, dans sa volonté d'annuler l'annulation du TA (Tout le monde suit attentivement, je ne répéterai pas).

C'est presque à suggérer que nous les décorions...

Écrit par : Jean Romain | 24/11/2008

Bon, de toute façon, la décision du TF tombera après le 30 novembre. Ou bien?

Ca pourrait devenir rigolo.

Écrit par : Johann | 24/11/2008

Oser parler de violation de la liberté de vote, du principe de proportionnalité, du principe de l'interdiction de l'arbitraire contre la décision du TA, dans l'espoir que la votation sur l'école soit remise à l'ordre du jour, annulant ainsi le dispositif du TA! Mais où va-t-on?

La défense des droits politiques doit être une priorité! Décidément, les Tartuffe de la République qui sévissent depuis MBG en matière scolaire devraient retourner sur les bancs ...

Le conservatisme se marie mal avec les idéaux de libertés fondamentales, comme on aime à le rappeler lors de nos discussions, cher Patrick.

Écrit par : Micheline Pace | 25/11/2008

moi aussi j'aime bien les proverbes.... et surtout les lieux communs ; en l'occurence celui qui dit : "on ne commente pas les décisions de la justice".
Je pense sincèrement que la justice n'a pas d'attribut, au sens strictement grammatical du terme. Elle est.
Si elle était quelque chose ce ne serait pas la justice.
Qu'est-ce que vous en pense-t-il ?
Pierre Losio

Écrit par : pierre losio | 25/11/2008

@ Pierre Losio
Bien entendu que la justice n'a pas d'attribut dans l'absolu.

Mais il se trouve que dans le système en place à Genève, les juges ont obligatoirement une coloration politique puisque les partis politiques qui siègent au Gd Conseil se répartissent les postes du pouvoir judiciaire.

A partir de là, non seulement la justice a des attributs mais elle politiquement orientée en raison du poids des partis en présence.

A titre d'exemple, l'instruction pénale était clairement dominée par la gauche.

Cette dernière est d'ailleurs nettement sur-représentée dans le pouvoir judiciaire.

Ainsi donc, la justice genevoise est, par la volonté simultanée des partis MCG mis à part, politisée et donc bien affublée d'attributs.

J'espère avoir répondu à votre question et demeure à disposition pour continuer la discussion. Ce d'autant que la Constituante devra bien se pencher sur cette épineuse question.

Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 26/11/2008

Bon, ben le TF a refusé de suspendre la décision du TA et le recours a été retiré. C'était bien qu'une volonté de nuire. Pfff.

Écrit par : Johann | 26/11/2008

Bonjour Monsieur Dimier,

Pour répondre à votre intervention ci-dessus du 26.11.08, je pense que si les pouvoirs législatif et exécutif sont composés de membres "élus" sur des listes de partis, il n'est pas complètement absurde que le 3e pouvoir soit composé de façon similaire. Toutefois, pour la sérénité de la justice, la solution actuelle (élections tacites le plus souvent) est idéale. Je trouve bien que le citoyen ait à faire un vrai choix de politique judiciaire en élisant le Procureur général (invention de 1534 !), mais ne puisse pas totalement "choisir" les juges et autres assesseurs.
Par ailleurs, le Grand Conseil élisant les juges en cas de vacances entre deux périodes d'élections judiciaires, rien n'empêche que deux partis se disputent le siège vacant ?! Ou bien, me trompé-je, l'élection devant se faire devant le Conseil général s'il y a plusieurs candidats ? Si non, un candidat hors parti pourrait très bien se porter candidat à l'élection partielle et être élu par une majorité du GC ?

Par contre, et je m'adresse là au constituant que vous êtes, j'espère bien que la nouvelle Constitution gardera le jury populaire. Après tout, dans le passé, le Souverain était souvent présent lors des grands procès. Faudrait-il absolument se passer de lui si le droit et l'égalité entre justiciables sont toujours préservés dans le fonctionnement de la Justice ? Bien sûr que non !
Dès lors, longue vie aux représentants du Conseil général dans les travées du Palais !

Écrit par : Un rameau de chêne | 27/11/2008

1. "Toutefois, pour la sérénité de la justice, la solution actuelle (élections tacites le plus souvent) est idéale."

2. "A titre d'exemple, l'instruction pénale était clairement dominée par la gauche. Cette dernière est d'ailleurs nettement sur-représentée dans le pouvoir judiciaire."

Le MCG et l'UDC sont mal représentés, mais cela ne pose pas de problèmes particuliers ... à "Un rameau de chêne".

Le mieux, ce serait qu'il n'y ait pas de politique dans la justice.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 28/11/2008

En réponse à V. Dumitrescu

Bonjour,
Je ne vous apprendrai rien, j'espère, si je vous dis que les juges et les autres membres du pouvoir judiciaire sont choisis par consensus par la commission judiciaire inter-partis, selon un subtil calcul de la force des partis représentés au Grand Conseil. Calendrier oblige, il y a donc un nécessaire décalage entre le GC et le PJ. Ainsi, actuellement, le MCG - nouveau venu sur la scène politique - est sous-représenté, alors qu'il y a encore des juges d'AGT!, groupe ayant disparu des travées du parlement pourtant.
De plus, les compétences particulières des candidats étant pris en compte par ladite commission, il faut encore que les partis fasse l'effort de présenter des candidats "agréables".
Certes, il est navrant que toutes les forces politiques de ce canton ne soit pas représentées de façon équilibrée, mais je pense que nous sommes tous d'accord pour affirmer que la justice n'a pas à être perturbée par des aspects politiciens. L'un des moyens pour la politiser le moins possible, c'est paradoxalement la situation actuelle, où le pouvoir judiciaire n'a que rarement le devoir de mener une campagne électorale. Quand on se souvient de la campagne détestable pour le poste du PG, on ne peut que s'en réjouir !

Un citoyen genevoise (qui tient à un certain anonymat, dsl !)

Écrit par : Un rameau de chêne | 28/11/2008

@rameau de chêne
Votre exposé est à ce point précis que j'imagine que vos activités sont soit de même nature que la mienne, soit que votre engagement politique vous conduit à voisiner de près le système en place.

Le MCG a joutjours été contre le système en place car il consacre une politisation évidente du PJ.

Siégeant moi-même à l'inter-partis, je n'ai pas toute ma liberté d'expression, étant tenu par le secret de délibération de ladite Commission.

J'espère que vous me comprenez et que nous n'interprétez ma réponse comme une façon d'esquiver la réponse.

Ce que je peux dire ici c'est que le MCG a proposé l'introduction d'une portion de 20% des juges qui n'auraient pas besoin d'être "cartés". Ils passeraient, comme les candidats qui sont présentés par des "chapelles politiques" devant l'inter-partis et ce serait sur la base du dossier (CV) et de l'audition qu'ils seraient choisis, comme tous les autres.

Pour une raison qui m'échappe totalement, les partis politiques, UDC comprise, s'opposent à cette idée.

A la réfléxion on comprend qu'il s'agit aussi d'une question d'argent, les juges renvoyant, dans certains partis au moins, une partie de leur revenu à leur "chapelle électorale".

Voilà ce que je peux dire en l'état et sachez que nous défendrons le point de vue de l'indépendance de la justice jusque et y compris dans le mode de nomination de ses membres.

Pour ce qui est de la pitoyable image offerte par la dernière campagne, elle est principalement due, précisément, à une ultra politisation de la campagne. C'est bien ce qui l'a rendue nauséabonde et, curieusement plus par ceux qui prétendent défendre les libertés!

Cordialement,
Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 29/11/2008

Monsieur Dimier,
Je vous remercie de tout coeur de votre réponse.
Votre proposition de réserver un certain pourcentage de sièges de magistrats à des candidats véritablement hors parti me plaît bien, je dois l'avouer. Mais je nuancerai votre propos en rappellant que chacun a ses propres idées plus ou moins proches d'une famille politique, sans être forcément adhérent d'un parti. Comment cela serait pris en compte dans votre calcul des 20 % ?
Je vous prie d'agréer, M. Dimier, mes sincères salutations.

Écrit par : Un rameau de chêne | 30/11/2008

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