06/12/2008

Les réformes qui déforment

Beer3.jpgFidèles à une idéologie qui ne fait même plus recette au pays de l’oncle Mao, le locataire du Département de l’instruction publique et sa joyeuse bande d’illuminés, persistent à vouloir envoyer l’école genevoise au fond du classement comparatif PISA. Comme la tour du même lieu, cette idéologie penche manifestement du mauvais côté et, bien qu’elle nous coûte le lard du chat, elle n’offre pas de plat de résistance digne de ce nom à nos chères « têtes blondes ».


Certes ces joyeux drilles de l’incohérence peuvent s’abriter sous le confortable parapluie du précédent. Cette politique démoniaque est en effet à l’image de l’esprit de celle qui l'a initiée avant l’actuel occupant d’un siège que nous souhaiterions voir éjectable, dénuée de tout scrupule et de tout sentiment.

Comme le dogme communiste le plus implacable, cette politique est d’un élitisme qui fait froid dans le dos.

Sous l’aspect d’une meilleure compréhension, la pratique actuelle rejette au fond de la classe tous les élèves qui ont de la peine à s’intégrer et qui, précisément, ont besoin d’une réelle structure et d’un cheminement cohérent pour parvenir à recoller au peloton de tête.

Comme toujours, ce qui semble insignifiant est en réalité un piège mortel. Le laxisme ambiant n’est qu’un baume électoral qui illusionne les naïfs et rassure les incompétents et, dans le cas d’espèce, il se traduit en termes aussi trompeurs qu’incompréhensibles. Par exemple, comment peut-on donner crédit à la pratique de cette direction fantasque, dite de l’enseignement secondaire, qui n’établit pas des barèmes d’épreuve de manière objective mais en fonction de pseudos objectifs politiques, 2/3 des élèves genevois doivent avoir la moyenne, et qui n’ont d’autre fonction que de créer un leurre électoral.

Ou encore, faire accroire que les élèves sont rois, que les enseignants qui sont sévères sont nécessairement des pervers ou des introvertis et que la sanction est une méthode dépassée d’enseigner. Ce genre d’élucubration nous conduit tout droit dans le mur avec les jeunes dont la tradition ne se fonde pas sur le respect mais sur l’invective et l’épreuve de force avec l’enseignant.

Non seulement cette vision est la négation de nos règles sociétales mais encore est-elle génératrice de comportements qui finissent nécessairement devant un juge.

Ce n’est, bien évidemment pas une telle façon de concevoir la hiérarchie entre enseignants et élèves qui permet de réussir une bonne et nécessaire intégration des éléments les plus turbulents, c’est le contraire.

Genève, et elle peut en être très fière, constitue un réel laboratoire de pluri-culturalité. Mais celle-ci est aujourd’hui exposée à l’éclatement par une politique aussi irresponsable. Pour qu’une intégration soit réussie, il est nécessaire de respecter une très grande homogénéité des structures d’enseignement et non pas, comme c’est le cas actuellement au nom d’une modernité de façade, dans l’hétérogénéité.

La meilleure preuve est que de tous les cantons qui occupent la tête du classement, aucun ne pratique ce système.

Nous devons protéger la réussite de l’intégration vu l’énorme brassage de population que connaît Genève et cette richesse ne doit devenir un cauchemar comme Vaux en Velin ou je ne sais quel autre ghetto suburbain à la française, or il n’y a pas d’intégration sans colonne vertébrale du système scolaire.

L’école n’est pas un supermarché et les enseignants ne sont pas des vendeurs à la sauvette. L’école est un lieu d’apprentissage des règles sociétales qui sont autrement plus rigoureuses et dures que celles de l’insouciance de l’adolescence. Le métier d’enseignant est quant à lui tellement difficile et exigeant qu’il doit faire l’objet d’une réelle formation professionnelle ad hoc. L’époque de l’école piagétienne est révolue vu le chaos social environnant.

Nous sommes attachés à nos valeurs et l’école qui nous est proposée, ou plus exactement l’école que nous imposent des idéologues qui seraient bien incapables d’enseigner quoi que ce soit sur le terrain, doit être arrêtée sans délai.

C’est tout le sens de l’IN 134 et lorsqu’on lit les résultats PISA, on comprend mieux pourquoi le syndicaliste devenu ministre n’a pu s’empêcher, comme il en acquis l’expérience dans sa carrière précédente, de vouloir manipuler les masses et leur faire comprendre tare pour barre.

Cette initiative est la meilleure réforme possible car c’est la seule qui a été construite par des enseignants passionnés et non pas par des députés d’une majorité aussi hétérogène que le système qu’ils prônent et dont on sait, à les voir, qu’il mène nulle part.
Les résultats PISA prouvent que l’école ne peut se contenter de.... pis aller !

Patrick-Etienne Dimier

16:29 Publié dans Formation | Lien permanent | Commentaires (11) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Comme à votre habitude l'encre est acide, le propos acerbe, l'envoi juste et clair fait mouche.

J'espère que votre sagacité saura faire merveille au sein de la docte Assemblée qui pourra jouir de vos éclats de "voie" toujours aussi délectables!

Écrit par : Edgar Pisa ni | 06/12/2008

Bien vu, bravo Monsieur Dimier.

je signale les propos de M. Chassot, ministre à Fribourg, qui explique ainsi la première place de Fribourg en Romandie :

«Fribourg n'a pas les moyens de mener de très grandes réformes scolaires d'un coup.» L'évolution se fait donc pas à pas, laissant une place à la tradition. Les grilles horaires sont généralement denses." (dans le Temps du 4 décembre)

Tout est dit.

Écrit par : Dédé | 06/12/2008

C'est tout à fait cela, cher Monsieur Dimier.
Mes collègues de St. Gallen (canton très bien classé dans PISA), même ceux appartenant au PS ne voulaient pas me croire qu'on puisse enseigner dans des classes hétérogènes au niveau du secondaire I.C'est impensable pour eux.
A plusieurs niveaux GE a un sérieux problème,et parfois je me demande si on ne fait pas exprès pour essayer de créer toute une série de citoyens assistés, notamment avec la présence excessive du personnel médico-psycho social, pour se créer un électorat.
Quand des élèves peuvent simplement prendre rendez-vous pendant vos cours avec l'infirmière, l'assistante sociale ou le psy,ou quand ils vont jouer aux modérateurs en suivant une formation avec les TPG (!!) et ceci à des fréquences sans limites, on doit se poser des questions. Quel est le but de l'école dans ce canton ? Un ancien directeur de Collège pour lequel j'ai bcp de respect, m'avait dit un jour, quand j'étais de nouveau excédée par certaines réformes, il y a bien 10ans ou plus: Mais, chère Madame, vous verrez, bientôt vous n'enseignerez plus, vous ne ferez que de la socialisation à GE ! Oh, combien il avait raison !

Écrit par : Marion Garcia Bedetti | 06/12/2008

"Ecoliers: les cours d'appui mettent en péril l'égalité des chances

Deux tiers des parents suisses paient des cours de soutien à leurs enfants, révèle une étude de l'Université de Berne. Cette pratique met en péril l'égalité des chances, estime le responsable de l'étude.

Quelque 63% des parents de nationalité suisse ne lésinent pas sur la méthode et les moyens pour que leurs enfants réussissent à l'école, indique une étude menée auprès de 2000 parents et publiée dans "Sonntag". Plus le revenu des parents est élevé, plus les élèves seront suivis en dehors des heures scolaires.

La corrélation est claire entre le revenu des parents et le fait que leurs enfants suivent ou non un cours d'appui. En revanche, la formation des parents ne joue aucun rôle, selon Stefan Wolter, responsable de l'étude.

Pour lui, cet enseignement hors des murs de l'école est dangereux, car il nuit à l'égalité des chances. Les chercheurs n'ont pas interrogé les parents de nationalité étrangère, mais M. Wolter est certain que si cela était le cas, les inégalités seraient encore plus criantes.

Les horaires blocs ou les leçons faites à l'école pourraient être une piste, selon le Bernois. Cela éviterait que certains enfants doivent se débrouiller seuls à la maison tandis que leurs camarades plus chanceux bénéficient de cours privés, dispensés par des étudiants."

(ats / 07 décembre 2008 13:15)

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"cet enseignement hors des murs de l'école est dangereux, car il nuit à l'égalité des chances" ! Cette phrase est amusante parce sans doute selon ces "chercheurs", la vraie égalité des chances serait de laisser les enfants sombrer. "Allons, parents, soyez solidaires avec ceux qui ont décrété que c'est par la médiocrité que l'égalité fonctionne. Soutenez la Fapse et les ânes genevois, eux-mêmes soutenus par les Parti politiques adeptes d'un contreprojet vide, dans leur combat militant pour la nullité !"


J'avais écrit ceci, il y a 5 ans :

http://arle.ch/generalites/56-air-des-vacances

Je sais c'est un tort d'avoir raison trop tôt.

JR

Écrit par : Jean Romain | 07/12/2008

Les français ont eu plus de chance que nous en produisant Voltaire, l'égalitarisme débile de suisses nous offre Wolter.

A chacun son calvaire à défaut de croix puisque les mêmes égalitaristes les ont fait décrocher des salles de classe!!

Écrit par : Julien | 07/12/2008

L'égalité des chances est un concept mort-né car il est impossible. Le seul pivot dans l'éducation des enfants qui compte vraiment, c'est une cellule familiale aimante, stable et attentive à ses enfants.

Écrit par : demain | 08/12/2008

A force de concepts morts-nés parce que ne voulant rien dire, l'école est devenue une machine à fabriquer des crétins! Pauvres gamins qui demandent simplement ce à quoi ils ont droit!

Le volet socio-écucatif érigé en but n'a fait que creuser l'écart entre ceux qui réussisent scolairement et ceux qui en sont exclus, presque de facto!

Beaucoup de profs mal à l'aise à singer des méthodes didactiques aussi débilisantes que scandaleusement ridicules, se sont aussi vus écartés du système, ni vus ni vus connus! Inutile d'ajouter que n'importe quelle sottise peut être érigée en affaire d'Etat dans ce système de cooptation, d'intrigues, de lèche-bottisme minables...

Qui paie la note?

Écrit par : Micheline Pace | 08/12/2008

"L'égalité des chances" !!! Vaste sujet, .... qui sonne creux !

Aujourd'hui, avec l'école publique qu'on a, que représente ce que l'on ose encore nommer "l'égalité des chances "???

Si l'on fait encore confiance aveuglément en les méthodes de l'école publique, les enfants moyens et faibles n'ont tout simplement aucunes chances de quoique se soit !
Là, ils ont au moins tous les même chances de se planter ....

Un concept mort-né comme dit plus haut, effectivement !!!

Il faudrait arrêter de se voiler la face. Les demandes de répétiteurs ont littéralement explosées ces dernières années et ceci pour des élèves de 1P déjà ....( merci la lecture globale par exemple..)
A noter aussi la progression haurissante des inscriptions dans les écoles privées du canton...

Curieux phénomènes !!?

Ahhh, "l'égalité des chances", ça me fait doucement sourire...

Et la taille du porte-monnaie, quelle belle égalité dont personne ( ou presque ) ne parle !

Écrit par : kali | 08/12/2008

Ce que le porteur du bonnet d'âne ne dit pas c'est que ses réformes sont illégales car sans base légale pour la plupart à commencer par les directeurs de prison, pardon d'école!

Ne nous voilons pas la fa(r)ce, tout ce beau chantier a été inauguré par Mme MBG comme on l'appelle communémant. Elle a été assistée par ceux qui aujourd'hui polluent le DIP et qui font que l'école gnevoise est à la remorque de la Suisse.

Ce que je reproche à tous les partis qui gouvernent cette république bananière c'est qu'ils imbécilisent nos enfants à coup de millions, ceux de l'impôt que nous devons payer comme les serfs à leurs Seigneurs.

De voir que ces partis sont capables de tout y compris de mettre l'école sans dessus dessous juste pour la gloire de quelque médiocres c'est rageant. Surtout pour les personnes (familles) qui n'ont pas de relais dans la politiques comme tous ces socialos d'opérette qui hurlent dès qu'on leur dit la vérité en face.

Le MCG a été le seul à avoir le courage de soutenir l'IN134 que les autres ont sûrement pas lue. Il faut dire que si ils sont allés à l'école de Beer, ils ne savent sûrement pas lire!

Depuis le départ Chavannes, qui n'a rien inventé puisque c'est un radical qui a pensé et érfléchi le cycle d'orientation, tout est allé de mal en pis à l'école.

Il faut dire que la succession n'était pas très reluisante ni très brillante.

Alors merci au MCG et à tous ces profs intéressés par leur boulot, qui n'est pas facile, d'avoir réfléchi puis soutenu l'IN 134 qui est une vrais solution pour mettre l'école genevoise sur le chemin de l'apprentissage et l'éloigner de l'expérimentation hasardeuse.

Lorsqu'on voit comment les socialistes français se lézardent on ne peut qu'espérer qu'il en sra de même à Genève!

Écrit par : Robert | 09/12/2008

Bravo M. Dimier, excellente analyse, malgré que la plume soit parfois acide (le sujet est trop grave pour y aller autrement).

Les résultats PISA de l'école genevoise sont tels, que M. le Conseiller d'Etat en charge, aurait dû faire le geste d'honneur et de responsabilité de démissionner, avant que les électeurs l'éjectent par la voie des urnes, et sanctionnent aussi son parti.

Dans le monde compétitif d'aujourd'hui, sans même parler de la mondialisation, le nivellement par le bas, le succès de la médiocrité dans l'éducation, n'est qu'un piège mortel à moyen et long terme. Nous sommes en train d'évaluer les dégâts en bas de l'échelle, sans même parler de ce qui nous échappe en haut du classement.

Rien que dans les derniers 8 ans, la Suisse s'est classée, au mieux à la 30e place (50e en 2008) parmi les pays, à l'Olympiade Internationale des Mathématiques... La "pire" performance de l'Allemagne était la 25e place, l'Autriche était à la 27e place au plus "bas"... Je vous passe les autres situés dans la moyenne supérieure de la classe, ça vous démoraliserait d'avantage.

Ce que je veux dire, c'est qu'il est inacceptable que notre République ne puisse donner à nos enfants les moyens et la méthode pour une école performante, qui leur donnent des chances de succès pour l'avenir.

Que les (ir)responsables fassent un pas en arrière, ou de côté, lorsque l'échec est flagrant.

Merci M. Dimier de rappeler que l'école fait partie du chemin initiatique de la vie sociale, et que tout manquement à l'apprentissage de ses règles, se paie invariablement plus tard.

Écrit par : Pierre | 13/12/2008

On sent en la personne de M. Dimier, la personne de culture et qui a suivi son cursus scolaire en France ! N'en déplaise aux Genevois ! Mon fils aussi a passé son bac en France et sa médecin à Genève...ce n'est pas pour rien que les lycées privés de France voisine sont envahi par les Genevois ! M. Dimier sait ce qu'est à l'école une vraie dictée et une faute zero ! pas comme dans nos cycles d'orientation merdiques de Genève ! L'école des Chartreux à Lyon...y'a que ça de vrai !

Écrit par : Café | 09/01/2009

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