06/01/2009

GENEVE 2030

La projection qui nous prédit une métropole genevoise de l’ordre du million  d’habitants à l’horizon 2030 n’a rien de choquant et doit même se situer dans la partie basse de la projection, le haut  de cette fourchette devant se situer plutôt aux environs de 1'500'000.

Pour mieux cerner les contours de cette prévisions il convient effectivement de déterminer sur quelles base juridiques internationales et va s’appuyer tant il est vrai que le seul territoire Genevois ne souffrait pas à une telle augmentation, à moins bien entendu de condamner la quasi-totalité des terres cultivables.

En matière de coopération transfrontalière les outils juridiques connus des parties (Genève/Suisse – France/Europe) sont les suivants :

- la Convention-cadre européenne du 21 mai 1980 sur la coopération transfrontalière des collectivités ou autorités territoriales (Convention de Madrid);

- le Protocole additionnel du 9 novembre 1995 à la Convention de Madrid.;

- le Protocole n° 2 du 5 mai 1998 à la Convention de Madrid relatif à la coopération

 
Inter-territoriale;
 
- l'Accord du 23 janvier 1996 entre le Conseil fédéral suisse agissant au nom des
 
cantons de Soleure, de Bâle-Ville, de Bâle-Campagne, d'Argovie et du Jura, le
 
Gouvernement allemand, le Gouvernement français et le Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg sur la coopération transfrontalière entre les collectivités territoriales et organismes publics locaux (Accord de Karlsruhe).

 

 
Ce dernier est non seulement un outils juridique international connu des parties mais encore est-il destiné à faciliter et à promouvoir la coopération transfrontalière entre les

 
Différente entités  territoriales et les services publics locaux, notamment le réseau des communes qui dans notre région est particulièrement dense.

 
Cet accord a en outre l’avantage de permettre à ses divers échelons d’exercer leurs pouvoirs  en respectant leur droit interne respectif en même temps qu’il permet l’exercice des engagements internationaux liant les parties. En dernier lieu les compétences des entités visées par l'accord ne sont pas modifiées, ce qui constitue un élément de première importance vu les différences de système démocratique entre les deux pays.

 
 

 
L'Accord de Karlsruhe est donc bien l’outil dont nous avons besoin puisqu’il permet la régionalisation des activités transfrontalières sur le plan.

 

 
Ce modèle constituerait également un excellent moyen de lutter contre l’effet d’appel d’air que constitue la réussite genevoise et qui pénalise lourdement l’ensemble des populations natives de ce bassin.

 

 
L’aveuglement inacceptable des autorités tant genevoises que fédérales sur ces effets pervers et tout simplement incompréhensible.

 

 
Il convient de rappeler que si les 3 premiers instruments juridiques trouvent leur application sur tout le territoire de la confédération, le 4e n'a son champ d'application que sur le territoire des cantons suisses concernés.

 

 
Genève a encore une atout supplémentaire dans ces mains sous la forme d’un Traité international, celui des zones franches qui pourraient se révéler d’un précieux secours dans ce cas de figure.

 

 
Pourquoi ce rappel ? Tout simplement pour qu’il soit bien présent à l’esprit de tous que si la Regio Genevensis doit voir le jour, ce ne sera possible qu’en utilisant des schémas juridiques connus et sûrs ainsi que des précédents qui sont profondément ancré dans l’esprit des populations qui seront comprises dans ce nouvel espace.

 

 
C’est notamment le cas du traité des zones qui est déjà, douanièrement, exclu de la compétence française au sens plein de ce terme. Cet aspect de la question n’est pas une banalité  pour notre voisin et la fédération d’Etats à laquelle il appartient.

 

 
Ce n’est dès lors qu’autour de ces outils juridiques internationaux que pourra prendre forme la grande Genève.

 

 
Sur le plan purement intérieur, deux volets. Le premier genevois repose, comme le rappelle J-F MABUT sur le résultat qui sortira des urnes en automne de cette année.

 

 
Il faut surtout rappeler qu’une politique ambitieuse ne se conduit pas en catimini, par bruissement de couloirs et autres actions couvertes, mais grâce à un action qui suscite l’enthousiasme des citoyens concernés.

 

 
Ce n’est manifestement pas le style en vogue au Conseil d’Etat actuellement qui pratique le fait accompli.

 

 
La bataille juridique autour du CEVA démontre que cette politique n’est pas le  meilleur moyen de lever des oppositions.

 

 
Le départ de M. Cramer ne sera certainement pas, sous cet angle une grosse perte, bien au contraire.

 

 
Sur le plan de l’organisation territoriale genevois stricto sensu, il évident que soit nous serons confronté à une grimpée encore plus forte des prix et ceux qui bloquent systématiquement tous les projets porteront seuls la responsabilité de l’inaccessibilité des prix du logement, soit nous devons impérativement mettre en œuvre une politique de déclassement de plusieurs zones à bâtir  devant permettre au plus grand nombre de Genevois d’habiter en maisons individuelles.

 

 
A moins que, dans un sursaut d’honnêteté, les milieux qui opèrent les blocages aient le courage de nous dire, franchement, qu’ils veulent collectiviser l’habitat, comme ils sont en train, de façon pernicieuse, de collectiviser le transport.

 

 
Il appartient aux Genevois de prendre en mains leur destin, quoiqu’en disent les centralisateurs,. Si la berne fédérale ne veut comprendre nos réalités, alors il nous appartiendra d’agir seuls, quitte en rupture avec le ronron fédéral.

 

 
Pour cela, une fois de plus, il faudra un vrai gouvernement, composé de femmes et d’hommes de courage, ayant un plan de politique de développement solide et compréhensible.

 

 
C’est en cela que l’élection de l’automne sera passionnante car il mettra aux prises deux stratégies différentes. Celle des béni oui-oui qui se fondent dans le moule pour s’offrir une législature de plus et celles et ceux qui auront un réel projet pour Genève et oseront partir en rupture avec la compromission générale qui a cours actuellement.

 

 
Genève, si elle ne sait pas prendre correctement ce virage la conduisant vers le statut de réelle métropole transfrontalière à la tête de l’une des plus florissantes régions d’Europe continentale, s’expose au syndrome de Valaparaiso.

 

 
Pour mémoire, Valaparaiso avait construit sa fortune grâce à sa position géographique de dernier grand port de la façade pacifique sur la route de clippers avant le passage du Horn. L’opulence et l’insolence étaient maître. Jusqu’au jour où   on construisit le canal de Panama. Dès l’ouverture de cette voie maritime Valparaiso entra dans la spirale du déclin. Elle est aujourd’hui en lambeaux !

 

 
Veillons à ce que Genève tant par l’arrogance d’une partie de sa classe politique, notamment à gauche, que par l’insolence de sa réussite ne lasse pas ceux qui assurent sa fortune.

 

 
Nous avons déjà eu plusieurs alertes et le départ d’Organisations internationales d’importance ne constituent plus un événement improbable.

 

 
Sans parler des multinationales qui risquent fort de déserter la Cité de Calvin si ses autorités persistent à vouloir confiner l’extension inévitable de la ville.

 

 

Cet enjeu est majeur et ne pas savoir le traiter avec le soin qu’il requiert, y compris par une prise de risques politiques, pourrait coûter aux Genevois de demain un avenir plutôt morose.

Il ne suffit pas de prétendre que la votation du 8 février ne pose pas de problème pour que cela soit vrai! La réalité est toute autre et il vaut mieux savoir dire non pour se concentrer sur la voie régionale (Karlsruhe) car tout simplement elle déploie  de vrais effets positifs.

 

Et de lire que les syndicats osent prétendre que l'extension de la libre circulation ne posera pas de problème montre l'état de compromission dans lequel tout ce monde-là se trouve.

 
La Constituante devra bien, d’une façon ou d’une autre se préoccuper de la mise en chantier de ce projet de regio genevensis car il en va de l’avenir de Genève au sens du « pays genevois » qui déborde largement les frontières que l’histoire a donné à la Cité-Etat.

 

 
Notre groupe s’emploiera à défendre cet axe quitte en solitaire si les autres groupes préfèrent le confort provisoire que leur procure la vision fédérale de cette question.

 

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Commentaires

Genève, en 2009, n'a toujours pas les effectifs de policiers nécessaires, alors qu'en sera-t-il de la Genève de 2030 ?

Gouverner ... est-ce encore prévoir ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 07/01/2009

Non, mais je rêve ! seriez-vous désormais, contre les idées de M. Stauffer ?

Enfin, comme on dit, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'idées ! Don, j'en déduis que vous n'acceptez pas les fameuses affiches du MCG "FRONTALIERS ASSEZ" qui sont très nauséabondes, surtout de la part d'une personne, dont la mère est venue en Suisse à l'époque de la votation Schwarzenbach, mais oui... "dehors les ritals" ou encore *interdit aux chiens et aux Italiens" ! Ce monsieur ne pense-pas à tous ses amis r itals de Carouge qui sont désormais frontaliers !

Cela porte un nom...cela s'appelle cracher dans la soupe !

Écrit par : Café | 08/01/2009

Pour quelle raison ce blogue n'est-il plus visible sur le site de la tribune en date du 8 janvier alors que le texte est daté du 6 janvier?

Prout de Mamouth

Écrit par : Prout | 08/01/2009

Monsieur Café,

Si je comprends le billet de M. Dimier, ce qu'il dit c'est que nous devons créer la régio pour mieux la réglementer.

Je ne vois pas ce qui est contraire à ce que dit le MCG qui lui défend les gens de la régio contre l'envahissement par des gens qui viennent de partout de lunion europenne et qui font monter les prix de l'immobilier des deux côtés (je le sais puisque je suis italo-suisse et que j'habite en France à cause des genevois qui ne sont pas foutus de construire des logements en suffisance (merci Grobet et ses copains).

Je vote MCG justement parce que ce parti est le seul qui bouge pour que cette immigration cesse et que les gens d'ici puissent habiter et travaillé en paix.

Je trouve l'idée de faire la regio très bien et elle mettra fin à ce délire europeen qui nous envahi tous les jours un peu plus.

Et Monsieur café, vous connaissez beaucoup de pays qui laisse les etrangers doiner leurs administrations?
A Genève il y n'y a que ça partout où les français mettent les pieds.

Mettez un peu de lait dans votre café avant de demander à Stauffer de mettre de l'eau dans son vin.
Ciao

Écrit par : Ettore Bidoni | 08/01/2009

@ Café : le MCG n'a rien à voir avec les idées nauséabondes de Schwarzenbach, qui lui était un véritabée facho! Les ritas n'ont jamais eu ce qu'ils méritaient, ni les enfants de ces pauvres immigrés, esclaves modernes!

Les forntaliers qui prennent des postes dans notre adminisration, c'est un autre problème. Il ne s'agit en rien d'une histoire d'identité mais d'état de droit... Les profiteurs qui lapinent toute la journée et qui demandent aux pouvoirs publics des aides n'apportent rien non plus.

En 40 ans, la population mondiale s'est vue doublée et ça, c'est un grave problème! Commençons par distribuer des contraceptifs dans beaucoup de pays...

Écrit par : Micheline | 08/01/2009

Micheline,

Il faut savoir que beaucoup de mes amis Italiens de Carouge sont désormais frontaliers et sont soi-disant venus grossir le nombre de frontalier. Peut-être que vous-même êtes consciente de ce fait, mais vous savez comme moi, que beaucoup de pro MCG, il n'y a qu'à lire différents blogs ne faut que CRACHER sur les plaques jaunes !

Je sais que M. Dimier, ancien élève au lycée des Chartreux à Lyon est un type bien.

A propos, de préservatifs, avez-vous lu que la pape a accusé les femmes qui prennent la pilule contraceptive...de polluer les rivières avec leurs urines ! CHE STRONZO STO PAPA !

Bien à vous,

Écrit par : Café | 09/01/2009

Je viens de lire que le MCG s'était allié à a Lega de Bignasca au Tessin ! Comment un type érudit comme vous, peut-il mélanger les torchons et les serviettes ! Ce Bignasca qui crache sur les Italiens et qui est tout sauf une personne respectable (tenancier de bordels) !

Écrit par : Café | 09/01/2009

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