20/04/2009

Pinocchio et l’armailli au nez de jade

 

Nous sommes en plein délire !

 

Après la pantalonnade du G20, crise provoquée par l’inanité des réactions de la Suisse officielle qui, par erreur de langage, s’est cantonnée à une position attentiste dévastatrice, la voilà qui essaie, toujours à cause de ses confusions de vocabulaire, de se faire le cantonnier des relations mondaines autour des droits humains.

 

Certes la petite confédération représente les intérêts du géant d’Outre-Atlantique depuis la chute du régime impérial, mais est-ce une raison pour jouer au shah avec la souris ?


Monsieur Décaillet a eu le bon goût d’inviter un opposant iranien ce matin à son rendez-vous matinal. Or, c’est cet homme-là (pardon je n’ai pas retenu son nom) qui a dit la seule chose qui vaille, le monde entier oublie et a oublié le PEUPLE iranien qui souffre et que personne au nom des même grands sentiments affichés aujourd’hui ne vient aider. Tout le reste relève soit du poncif bien-pensant et cathodique soit de la défense d’intérêts qui ne valent rien en matière de respect des droits humains et des populations civiles. Ceux qui aujourd’hui aboient avec les loups sont ceux-là même qui hier tuaient des civils. En dénonçant avec un aplomb que seul Judas pourrait leur contester ils déqualifient la cause qu’ils prétendent défendre.

 

Que nous a dit cet Iranien ce matin ? Rien d’autre si ce n’est que l’Occident a honteusement lâché le Peuple de son pays. Fasciné par le bleu du pétrole, dont seul le poète Baschung a su chanter les dangers pour la pensée honnête. Cet Occident n’a cessé de faire des concessions à ce régime infâme. Il est honteusement mensonger de prétendre aujourd’hui que recevoir le Pinocchio barbu à l’heure du thé errant des relations internationales. Ce qui l’est, au fond des choses, c’est de vouloir dresser le paravent pudique de l’amante « démocratie » pour cacher cette très vilaine réalité du largage du Peuple au nom des intérêts géostratégiques.

 

En se prêtant à ce jeu-là la démocratie ressemble, avec toutes les gesticulations de ses larbins prétentieux, à une vieille péripatéticienne disposée à subir tous les outrages pour tenter de survivre. Il est vrai qu’à l’heure où le monde tout entier est plongé dans une crise sans précédent à cause de ces mêmes intérêts défendus par le même monde anglo-saxon, il devient salutaire de se draper de la bourka confortable du boycott. Celle qui réduit le champ de vision et cache les rondeurs inavouables de la corruption politique de l’Occident comme de l’Orient d’où, pourtant, est supposée venir la lumière.

 

La honte réelle ne se trouve pas donc dans les propos de la marionnette d’Ispahan mais bien dans la médiocrité de la communication de ceux qui abusent des pouvoirs que le Peuple suisse leur a conférés.

 

Si notre personnel politique entendait se positionner en défenseur de l’éthique politique, l’armailli au nez de jade, notre Pinocchio à nous, avait de quoi sortir de ce guêpier la tête haute. Au lieu de cela il s’est fourvoyé et la maintenu la confusion entre les obligations protocolaires et l’affirmation des valeurs qui fondent notre pays.

 

Malheureusement, la Confédération actuelle est dans le même état que la démocratie et les gigolos qui la font trimer.

 

Ils déshonorent cette belle et fière femme, Helvétia, dans la force de sa quarantaine qui, armée de sa seule lance et de son bouclier, annonce crânement depuis 1848 qu’elle défendra ses « enfants » quitte au péril de sa vie.

 

Que dire de Genève, capitale mondiale de la Paix et des Droits de l’Homme qui envoie un membre de son exécutif, certes sans intérêt puisqu’en fin de course, à l’échelle de coupée alors que c’était couper l’échelle qui était l’acte à faire.

 

Et dire qu’il suffisait de déléguer le Chancelier, porte-parole officiel de l’Exécutif, pour que personne ne perde la face. Idem pour la Confédération qui dispose, elle aussi, d’un Chancelier. Avec  ces Grands Commis de l’Etat, les apparences protocolaires étaient sauves et nous, les Citoyens-Souverains n’aurions pas été déshonorés. Tellement simple que même un élève de maternelle pouvait y penser. Pourquoi pas ceux qui osent prétendre nous gouverner ?

 

Au lieu de cela, notre République a été transformée en voyageur de commerce pour garnir un tapis, rouge du sang des opposants iraniens. Rien ni personne ne pourra plus laver l’affront qui a été fait à l’ensemble du Peuple de Genève.

 

En tout cas pas les contorsions pathétiques du reste de la gentry politique locale. Au lieu de rester au bord de la piste aboyant comme les chiens au passage de la caravane, ces individus auraient dû s’armer de leur courage et venir manifester sur le tarmac ou devant le Palais des Nations.

 

Mais ce risque ils n’ont pas osé ou voulu le prendre, ce qui réduit leur indignation au rang d’aveux complices et donc coupables.

 

En conclusion que peut-on dire ou faire lorsque, comme moi, on est simple fantassin de la plus ancienne République de cette Confédération ?

 

Contester et contester encore la légitimité de ce pouvoir qui, ici-même, est le fruit de toutes les compromissions possibles et imaginables.

 

Restaurer, à l’occasion de la refonte de notre Constitution, les principes fondateurs de « notre démocratie » genevoise qui met le PEUPLE au-dessus de toutes les combines politiques.

 

C’est tout l’enjeu de la restauration à naître qui, mieux que celle de 1813, fera des Genevois les vrais maîtres de leur destin, quitte sans la Suisse désormais à la dérive.

 

Dans ce contexte, l’autodétermination du Peuple de Genève doit être inscrite dans sa charte fondamentale afin que, en tout temps, il puisse rappeler à ses confédérés qu’à Genève la plus grande des valeurs est celle de la dignité humaine qui a pour corollaire la paix.

 

Certes c’est idéaliste, et comme l’a dit avant moi le Général de Gaulle « il est difficile d’avoir un idéal et presque impossible de la garder en politique » mais il n’en demeure pas moins que s’il ne s’était pas levé, seul face à l’ennemi, son successeur actuel ne pourrait pas faire de commentaires désobligeants à l’égard de la Chancelière allemande, il n’en serait que le vassal.

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Commentaires

Une fois encore, Maître Dimier voit juste. Tans pis pour les fanatiques du protocole et des courbettes, il s'agit, dans ce type de dossiers, de voir plus loin que le bout de son nez. Malheureusement, nos politiciens de bas étages(tout partis confondus), en sont incapables.

Là où la Suisse aurait besoin de chefs d'états, elle n'a que des politicards.

Quel gachis...

Écrit par : james | 20/04/2009

Cher Monsieur,

Heureusement pour nos conseillers fédéraux qu'ils ne sont pas engagés sur la base de leurs connaissances politiques mais sur les combines. Sinon aucun de ceux qui sont là n'y serait!

Malheureusement on ne peut les choisir nous-mêmes car vous feriez partie du lot, sans aucun doute.

Toutes vos notes sont non seulement empreintes de bon sens mais en plus elles montrent votre maitrise du langage politique.

Tout ce qui fait défaut à nos 7 clowns bernois.

Merci en tout cas de votre texte qui est le reflet exact de la situation que nous vivons.

La constituante genevoise a de la chance d'avoir des députés de votre trempe, pas comme la nôtre qui n'a produit que des socialistes dogmatiques et bornés qui usent les plateaux TV avec la complicité de leurs potes journaleux.

Écrit par : Radical de souche | 20/04/2009

Maître Dimier,

Votre "Tirade des nez", puisque vous faites référence à Pinocchio, n'est pas aussi convaincante que l'originale d'Edmond Rostand dans Cyrano de Bergerac ...

Certes je peux saluer et reconnaître le talent, le phrasé de votre prose, pour autant je n'en partage pas l'argumentation ...

La politique est l'art du possible et la diplomatie ne doit rien aux effets de manches pratiqués dans un prétoire. En effet, pour être efficace, celle-ci doit impérativement se pratiquer dans la discrétion.

C'est pourquoi je pense que nos autorités, aussi bien cantonales que fédérales, ont agi conformément aux usages diplomatiques en accueillant Mahmoud Ahmadinedjab, même si l'individu est peu recommandable, raciste, provocateur et surtout dangereux. Sur ce plan-là, j'en pense certainement autant que vous ?...

Finalement que savons-nous de l'entretien qui s'est déroulé entre le président iranien et Hans-Rudolf Merz ? Peu de choses en réalité, alors gardons-nous de critiquer d'emblée.

Ce n'est pas à Canossa que Hans-Rudolf Merz s'est rendu hier soir, seulement à l'Intercontinental ...

Alors sachons raison garder !

Bien à vous !

Jean d'Hôtaux

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 21/04/2009

@Jean d'Hotaux,
Etes-vous allé en Israel? Moi OUI! même souvent, mes grands parents y sont enterrés.
Je peux vous dire que certains israéliens ne valent pas mieux que le "pinocchio" décrié par Me.Dimier, ils sont même pires!
Pourquoi la communauté internationale ne réagit-elle pas à la nommination de Liebermann?
Loin de moi de soutenir l'infecte pensée de l'iranien mais les israéliens et les juifs en général feraient bien, eux aussi, de balayer devant leur porte.

J'avais beaucoup d'espoir avec l'initiative de Mme Calmy-Rey mais elle a été tuée par ces milieux extrèmistes juifs qui ne veulent pas la paix. C'est à ce sujet qu'il faut savoir raison garder cher Jean d'Hotaux.

OUI la diplomatie doit être discrète, vous avez raison. Mais est-ce que recevoir ce chef d'Etat à ce niveau est un signe de discrétion?

NON, la proposition de Me Dimier est parfaitement dans la ligne que vous décrivez. En envoyant les deux Chanceliers ont respectait le protocole et le dîner n'était qu'un petit événement.

En faisnt monter la pression avec deux personnalités de gouvernements (GE/CH) les politiques suisses ont eux-mêmes fournis les verges pour se faire battre!

Je suis d'accord avec vous sur le discrétion, je crois aussi qu'il faut raison garder mais la dénonciation de Me Dimier va exactement dans ce sens et je pense qu'au fond vous êtes d'accord.

Pour moi il y a eu faute politique des suisses sur la présentation bien qu'il y aient raison sur l'objectif qui est de ramener out le monde autour de la table.

A ce titre les gesticulations des européens sont tout simplement ridicules et grottesques. en particulier examinée à la lumière de leur attitudes destructrice à l'égard de la Suisse dont ils sont les pseudo alliés!

Ce qui me frappe c'est que M. Dimier n'est jamais invité par Décaillet nou sur les plateaux de TV car ses points de vue sont très généralement pondérés même si ils sont acerbes et sans concession. tout le contraire de ce que veulent les journalistes gauchisants de la TSR.

Écrit par : Sarah Cohen | 21/04/2009

Monsieur Jean d'Hotaux,
Ce sont de tel arguments qui ont amené ces politiciens du monde dit democratique, a présenter une démocratie inerte basee sur le profit avant tout. Contrairement à votre arguement, il faut mainteneant être beaucoup plus décisif dans nos délarations et actions contre cette nouvelle menace qui ne ce cache même plus et qui n'a d'autre but que de diviser (avec succès)le monde afin de le dominer au nom leurs interpretations, de leur bible ,et de rendre ceux qui veulent l'harmonie et la paix pour tous, impuissants.
Pour ceux qui s'en rapelle ou sont interessés à une histoire récente, le fameux papier signé par Hitler en 1939 pour appaiser un autre appaiseur nommé Anthony Eden, qui etait convaincu que l'humanite ne pouvait pas être aussi mauvaise . Il est temps peut-être de ce rappeler ce qui a suivit!

Jean-Paul Dimier
Bristol, Angleterre

Écrit par : Jean-Paul Dimier | 21/04/2009

A Sarah Cohen et Jean-Paul Dimier,

Merci d'avoir réagi à mon commentaire avec courtoisie !

Me trouvant actuellement à l'étranger, le temps me manque pour vous répondre.

Je tâcherai cependant d'y remédier dès mon retour à Genève.

Bien à vous !

Jean d'Hôtaux

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 23/04/2009

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