26/06/2009

Lorsque Dr. Weiss fait l’oie blanche, Pierrot fait le fou

Il semble que la commission des finances du Gd Conseil sous la houlette de son président, à défaut de panache blanc, ait décidé de raidir encore un peu plus la tension entre le Parlement et la Constituante.

 

En cela il rejoint les puissants efforts conjoints de l’Avivo et de l’UDC, ses nouveaux alliés politiques d’occasion, pour faire capoter la réforme constitutionnelle genevoise.

 


Quels sont les éléments qui perturbent nos angelots, nettement moins regardants lorsqu’il s’agit de défendre le lobby des constructeurs qui sollicitent, eux, une rallonge de 113 millions ? Les ordinateurs ? Les loyers ? Les traitements du secrétariat ?

 

Il fallait oser sortir l’exemple des ordinateurs comme cheval de Troie pour conduire ce combat retardateur.

 

En réalité la vérité sur ce point est la suivante : Nous avons été plusieurs à proposer une simple indemnité de 1'000.-/constituant et que chacun se débrouille. Cette solution aurait permis de contenir le budget à 80’000/5ans soit un montant très raisonnable.

Il nous a été opposé une fin de non recevoir au prétexte que nous devions acheter des ordinateurs neufs via la centrale d’achat de l’Etat.

Pensant naïvement que l’effet de masse (+/- 100 ordinateurs) permettrait en effet des économies, nous avons retiré cette suggestion. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque nous avons appris qu’au lieu de coûter moins de 1’000/pièce (vu l’effet de masse), les PC que nous vend l’Etat coûtent 40% de plus !

Quant aux Mac, personne ne nous a jamais dit qu’ils revendraient à ce prix astronomique et nous avons été mis devant le fait accompli, une fois de plus par un organisme étatique qui, au lieu de générer des économies, entraîne des surcoûts considérables.

 

Voilà la vérité sur ce point et la Commission aujourd’hui tatillonne ferait bien de se pencher sur ces pratiques qui doivent être récurrentes et coûter des dizaines de millions par an  !

 

Les autres postes qui entraînent des dépenses très inattendues sont :

 

-La location des locaux à raison de CHF 120’000/an alors que les bâtiments appartiennent à l’Etat et que notre Assemblée émane du Peuple, propriétaire dudit Etat.

-Location de la salle de l’Hôtel de ville, 40'000.- pour neuf plénière soit plus de CHF 10'000.-/plénière !

 

Si extravagance il y a, M. le député, c’est bien là. Oser facturer au Peuple la mise à disposition de locaux qui lui appartiennent pour que puisse siéger une Assemblée qu’il a démocratiquement élue me semble autrement plus critiquable que le dépassement budgétaire dont vous nous accusez, assez bassement il faut le dire.

 

Mais il est vrai que pour le libéralisme débridé que vous défendez chaque mètre carré doit être rentabilisé, quitte au détriment du Peuple qui vous a institué !

 

En fait M. Weiss, vous inventez une sorte de crise des sub-primes à vous tout seul !

 

Dernier point de l’excédent budgétaire, la masse salariale des collaborateurs de l’Assemblée Constituante.

Il faut savoir que le niveau d’engagement (grille salariale de l’Etat) nous a été imposé et que le Bureau de l’Assemblée n’a pas eu le choix !

Bien entendu que comme M. Weiss j’estime que CHF 220’000/an pour le secrétariat général est beaucoup trop élevé. Comme lui aussi je crois que nous aurions dû pouvoir engager un secrétaire juriste à moins de 170’000/an, et, au même titre, que des secrétaires-employées de commerce à100’000/an sont hors de prix et que le marché nous permettait des engagements plus compétitifs.

 

Malheureusement, se sont les lois, votées par ce parlement qui aujourd’hui nous chicane. Se sont elles qui génèrent ces excès que seul un Etat dispendieux peut de permettre et non pas notre Assemblée, plutôt protestante dans ses dépenses, ne vous en déplaise M. Weiss.

 

Ces critiques sont d’autant plus critiquables que M. Weiss, avec sa longue expérience de lobbyiste, sait fort bien comment défendre des dépenses excédentaires lorsqu’elles servent le secteur privé. A fortiori s’il s’agit des milieux qui financent son salaire.

 

Pour une fois, c’est le Peuple qui a décidé de s’accorder une dépense extra-ordinaire, celle de refondre sa Charte fondamentale.

 

C’est une volonté qu’il a exprimée avec une force qui donne à la Constituante une légitimité que bien des députés rêveraient d’avoir, eux qui sont généralement issus de suffrages minoritaires.

 

La querelle que cherchent ces mauvais gardiens d’une démocratie d’opérette, nous montrent chaque jour que la République a grand besoin d’être rénovée et restaurée.

 

J’ai une idée à soumettre au député Weiss : Faisons sauter quelques uns des placards dorés dont l’administration regorge pour financer cet excédent budgétaire qui, bien qu’il soit à 6 chiffres, laisse toujours le coût annuel d’un constituant bien en-dessous de celui d’un député !

 

Pour clore je rappellerai au député Weiss qu’à Genève, en matière de finances publiques notamment, on s'étonne toujours trop de ce qu'on voit rarement et jamais assez de ce qu'on voit tous les jours !

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Commentaires

A lire votre analyse, feriez-vous partie de ceux à avoir opté pour un Mac, Monsieur Dimier?

Écrit par : Hanspeter Sputz | 26/06/2009

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