19/10/2009

QUESTIONS ESSENTIELLES ET ESSENCE DES QUESTIONS

La plénière du 15 octobre nous aura au moins renseigné sur deux points.

Le premier est qu’une partie de notre Assemblée persiste à confondre ce qui, bien que primordial, n’a pas sa place au rang constitutionnel et ce qui a sa place dans une Constitution.

Le deuxième est qu’il reste encore beaucoup de travail, notamment didactique, à faire à l’intérieur de l’Assemblée pour que l’on cesse de confondre brièveté du texte et texte lacunaire.


Sur le premier point, il va falloir un grosse dose de patience et une grande force de persuasion pour que les partisans d’une Constitution fourre-tout ne fassent pas courir au projet le risque qu’il passe à la poubelle de l’Histoire. Or certaines des déclarations faites le 15 octobre en plénière ne peuvent que laisser songeur quant à la réelle volonté de ces "jusqu'au boutistes" d’assurer le succès à notre entreprise. Pour ma part je me borne à constater que les plus farouches adversaires d’hier allient les forces négatives pour couler ce renouveau constitutionnel pourtant nécessaire.

La question de l’eau est un très bon exemple de double langage. Si cette ressource est manifestement un bien public, cela ne l’élève pas pour autant au rang constitutionnel. Le Prof. Hottelier l’a fort bien démontré lors de son intervention et ce n’est certainement pas le dogmatisme pseudo centriste qui peut servir de roc d’encrage à la « constitutionnalisation » de cette ressource dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle est essentielle.

Pour être clair, je suis de plus en plus persuadé que certains constituants ou groupes prennent un malin plaisir à miner le projet, qui par des coups de buttoir à la proue du navire, qui par des missiles sous sa ligne de flottaison.

La majorité étroite de cette Constituante n’a plus qu’à espérer qu’elle sera pas la répétition des Malouines qui a vu le navire amiral anglais coulé par un exocet « allié ».

Par ailleurs ceux qui confondent simplicité de texte et texte lacunaire devraient revoir leurs classiques constitutionnels . Ils découvriraient de magnifiques textes simples, sobres et d’une redoutable efficacité démocratique. Pour cela il faut savoir mettre les dogmes qui nous ont montré leurs limites au placard et revenir à l’essence même de la démocratie. En cela ceux qui veulent fonctionnariser l’outil ont tort, tout comme ceux qui pensent que l’on peut laisser la bride sur le coup à l’économie.

Un Etat solide et fort est nécessaire, mais il doit rester aux ordres de son Souverain lequel dispose d’une fonction publique à son service et non l’inverse.

A ce titre il va bien falloir définir, d’une part la place de la fonction publique et, d’autre part, l’autonomie indispensable des acteurs sociaux mis en place pour que l’Etat puisse atteindre les buts qu’il se fixe dans ce domaine sensible.

C’est donc la fin de la langue de bois dans ce secteur, notamment sur les deux volets . La lutte contre l’appauvrissement de toute une catégorie des travailleurs qui sont pillés par des apports extérieurs qui leur font de la concurrence sociale déloyale  en premier lieu et , en second lieu, du financement d’une santé publique au service des patients et non des assureurs.

Le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté est la prospérité. Or celle-ci ne saurait être réservée à quelques privilégiés mais constituer un but en soi de l’Etat et des pouvoirs publics.

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Commentaires

L'essence, ciel! c'est Isabel
Rochat au Conseil d'Etat

Écrit par : Esther | 19/10/2009

Solide ou fort... il faudra choisir !

Écrit par : charly schwarz | 19/10/2009

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