01/12/2009

DEMOCRATIE & MINARETS

Aucune culture ni aucune religion ne détient seule la vérité.

Celles qui affirment le contraire sont source de conflit et doivent être bannies car se sont des sectes!.


Dans la démocratie suisse c'est le Peuple qui décide, souverainement.

Ceux qui critiquent notre système sont bienvenus à exercer la plus belle des libertés, celle de partir!

Cela étant rappelé, je tiens à souligner que les premiers responsables de ce résultat sont ceux qui ont voulu faire croire que tout le monde il est beau tout le monde il est gentil au pays des milles et une nuits.

Au lieu de critiquer de façon tout à inadmissible le Souverain, il convient de faire  l'examen, non de notre conscience, mais de la situation.

Le Conseil fédéral porte une très lourde dans cette décision par une gestion calamiteuse de l'affaire libyenne.

En étant laxiste et permissif avec un Etat voyou, le Conseil fédéral a donné le pire des signaux au Peuple, celui de ne pas être prêt à défendre nos valeurs.

A partir de ce moment-là, le Peuple a eu le courage que n'a pas eu l'élite politique suisse, c'est de poser une limite claire et identifiable.

La Suisse et Genève en particulier sont terre de dialogue dans le respect de NOS traditions et de NOTRE ordre juridique.

Les cantons ou villes qui ont mis le doigt dans l'engrenage en autorisant des jours de gym séparés pour les garçons et les filles et qui, en parallèle, interdisent les crucifix dans les classes ou encore ceux qui ont osé indemniser un prêcheur de la violence d^contre les femmes, tous ceux-là ont donné le signal d'une conquête possible de l'Islam en terre chrétienne.

Ceux qui sont à blâmer, en premier lieu, sont ces élus-là et non le Peuple.

En laissant faire sans jamais réagir aux excès des "fous de Dieu", les musulmans modérés, soit 99% des musulmans de Suisse, portent eux aussi une lourde responsabilité dans ce résultat.

Si ces musulmans ouverts, tel Hafid Ouardiri mon ami de longue date et compagnon de route sur le chemin du dialogue inter-confessionnel, étaient mieux entendus, et surtout mieux reçus par les médias que des extrémistes tels que les Ramadans et quelques autres illuminés, ce résultat n'aurait pas été possible.

Quant aux Pays qui nous critiquent, je les mets au défi d'oser un tel scrutin et je leur donne rendez-vous à la sortie des résultats!

Rien ne vaut la Connaissance de l'autre. Ce résultat n'est rien d'autre que celui de l'ignorance et de la peur de l'autre. Ce n'est pas en insultant ceux qui ont remporté ce vote que l'on installera une réelle compréhension.

Ceux qui portent enfin la plus lourde des responsabilités sont ceux qui, au niveau de l'enseignement, ont jeté le bébé avec l'eau du bain. C'est à dire ceux qui ont estimé que l'enseignement des religions n'a pas sa place dans l'école républicaine et laïque et qui sont d'ailleurs les mêmes que ceux qui ont jeté hors de l'école l'enseignement civique et se plaignent de la désertion des urnes avec une moyenne de participation inférieure à 50%.

C'est tout le contraire. L'école républicaine est précisément celle dans laquelle aussi bien les questions de Foi que celles de citoyenneté ont leur place et une place de choix.

Je dis tout cela avec d'autant plus de facilité que je fais partis des vaincus!

 

Patrick-E. Dimier

Constituant

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Commentaires

De la Suisse à l’Europe, minarets : une question « d’urbanisme » ?!

Pour la Suisse, on comprend. Si l’ensemble des milieux économiques, politiques, médiatiques et bancaires se sont émus et inquiétés en cœur du résultat inattendu du vote interdisant la construction des minarets, c’est qu’ils perçoivent une menace directe pour les intérêts de la confédération. La cité de Calvin tire le dixième de ses revenus touristiques de visiteurs venus du Golfe, la proportion est encore plus élevée dans certaines stations alpines et le pays entier commerce dans le monde arabe dont les classes les plus fortunées raffolent de la discrétion de ses coffres numérotés.

Un simple repli de ces transactions porterait préjudice à une économie déjà secouée par les atteintes au secret bancaire. Mais pourquoi ce résultat de dimanche, somme toute confédéral, a-t-il tant effarouché la communauté européenne où il a fréquemment été interprété avec inquiétude ?

Sans trop s’avancer, on peut penser que la réponse est que, si de telles consultations populaires pouvaient être organisées dans l’ensemble des pays européens, les mêmes causes produiraient vraisemblablement les mêmes effets. Sans préjuger de l’ampleur des résultats, une crainte de l’islam et de ses extrémismes risqueraient bien de s’y formuler en raison de sa progression dans toute l’Europe.
Force est de constater que cette peur n’est plus l’apanage de courants habituellement xénophobes. Elle s’est perfidement étendue à des milieux ordinairement modérés, en origine tout d’abord le chômage qui finit par faire voir un rival en tout étranger, puis les intimidations que les mouvances islamistes font peser sur l’équilibre international et enfin, surtout, de l’évolution des sociétés européennes.

Nos sociétés perçoivent aujourd’hui un grand trouble devant toute religion qui ne relève pas purement d’un choix personnel mais se manifeste et revendique sa place dans la cité. Ce qui hier était la norme et l’est encore dans d’autres contrées, n’est plus compris en terres laiques. L’islam est d’autant plus mal admise que ses fidèles demeurent souvent marqués par des sociétés traditionalistes où la libération de la femme et la tolérance sexuelle n’ont pas suivi les mêmes évolutions qu’en Occident.

Ceci explique en partie les inquiétudes et l’incompréhension d’une majorité de la population devant l’affirmation de l’islam. Il est nécessaire de rappeler que les islamistes ne représentent qu'une faible partie des musulmans ; que du courant rénovateur de l'Islam commencent à prendre corps; que tous les musulmans ne sont pas croyants ; que la sécularisation touche les musulmans d’Europe comme le reste des européens et qu’il n’y aurait pas de meilleur moyen d’enfermer les musulmans de Lausanne, Paris ou Berlin dans une identité religieuse que de commencer à prendre des lois contre leur religion.
Laissons les minarets à ce qu’ils auraient dû rester : une question « d’urbanisme »!...

Écrit par : Ghethev | 01/12/2009

JE SUIS D'ACCORD AVEC LE COMMENTAIRE DE M. DIMIER.

Je rajouterai le suivant. Il ne faut pas sous estimer et traiter le peuple Suisse d'ignorant !!! S'IL VOUS PLAIT !

Moi, en tant que femme, j'ai voté contre un "symbole" celui qui se dresse dans les pays où les gouvernements sont sous le régime d'une THEOCRATIE ET PHALLOCRATIE BIEN protégés par les HOMMES! Où LES FEMMES N'ONT PAS DES DROIT DE VIVRE MAIS DE SURVIVRE et encore...

Écrit par : Amparo | 01/12/2009

Merci pour cette piqûre de rappel du fonctionnement de notre démocratie!

Écrit par : Micheline Pace | 01/12/2009

Une petite nuance.
Enseignement à l'ECOLE de : L'HISTOIRE DES RELIGIONS, ça c'est le SAVOIR.

Il faut le séparer de:

Enseignement personnel : L'enseignement RELIGIEUX, ça c'est le CROIRE. Et cela concerne la sphère privée.

Écrit par : oceane | 01/12/2009

Cher Patrick,

Je te félicite pour cet excellent billet emprunt de sagesse et de vérités !

Je pense que maintenant le signal est clair : respect de nos traditions et surtout de nos lois-notre ordre juridique..!

Néanmoins et n'en déplaise à certains, je ne vois rien d'islamophobe dans les résultats de cette votation, parfait reflet de la majorité de la volonté populaire et se faire taxer de racistes me paraît très réducteur...

Bien à toi

Écrit par : Valérie | 01/12/2009

Tout le monde se passionne pour la mine à Ray! Mais que devient notre radical quasi constituant? Qui est contre la mine à Ray? Rey?

Écrit par : Jean | 01/12/2009

La terre a environ 5 milliards d'années

Nos 3 religions monothéiste
environ 3000 ans pour le judaïsme!
environ 2000 ans pour le christianisme!
environ 1400 ans pour l'islam!

La Terre Elle n'a que faire de nos petites querelles!

Salutations

Écrit par : dominiquedegoumois | 01/12/2009

Il semble, vu la déclaration de Mme Navi Pillay, que même l'organisme qu'elle dirige ne comprend pas le sens et le fondement de notre démocratie.

Il n'est pas admissible qu'une personne qui voit quotidiennement les effets de la politique conduite dans les Etats islamistes, notamment en regard des droits de la femme, puisse se permettre d'envisager la légalité du vote du Peuple suisse.

Que l'organisme que dirige Navi Pillay se prononce avec la même détermination quant aux violations quotidiennes des droits de l'Homme commises par les Etats islamistes et nous envisagerons la pertinence de son questionnement à propos de la démocratie suisse.

En dernier lieu je constate que ceux qui, hier, hurlaient contre le populisme de la proposition sont tombé, dès le lendemain, dans le même travers et les propos du Conseiller National Hodgers en sont la caricature!

Pour parodier l'hôte de ce blog (a propos de M. Ferrazino et l'eau "ferrazineuse" aux Eaux-Vives) "la gauche a la fâcheuse tendance à s'appuyer sur le Peuple pour arriver au pouvoir et à s'asseoir dessus une fois qu'il y est"

Merci pour ce billet qui pose correctement l'ensemble de la problématique.

Écrit par : Jasmine A. | 01/12/2009

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