02/12/2009

AUER et la démocratie en chocolat

le blog de Philippe Barraud "NE MEPRISEZ PAS LES CRAINTES DES SUISSES" est pile dans la cible.

N'en déplaise à certains, ce vote est l'expression de peurs et ces craintes sont justifiées. L'émission Infrarouge du mardi 1 décembre a été le théâtre des plus pitoyables prestations jamais vues de celles et ceux qui prétendent composer "l'élite" politique de ce pays. Comme si la mesure ne suffisait pas, il a fallu que la très partisane présentatrice de l'émission y ajoute un Cohn-Bendit nullissime et péremptoir contre ce qu'il voulait lui-même en mai 68, démocratie.

Pour commencer son constat, M. Barraud nous dit:Le fossé entre le citoyen et ses élites supposées est plus profond que jamais.

La prestation de la conseillère nationale Mme Mara a été l'illustration de cette incapacité d'écoute. Son mode à elle c'est le monologue et l'incapacité d'écoute doublé d'un mépris des règles de notre démocratie propre à ces socialistes aux dents longues et acérées.

La cerise sur le gâteau aura quand même été le propos du marxiste devenu porschiste, Andréas AUER et sa ritournelle habituelle contre la démocratie directe. Que la bonne fortune de son habileté professionnelle lui a permis de gravir les échelons sociaux, cela ne peut que me ravir ( c'est la démonstration matérielle que son modèle politique est inadéquat), l'idéologue fondamentaliste est toujours sous-jacent. En bon marxiste, M. Aurer est venu nous dire que le Peuple est idiot, qu'il a bien trop de droits à disposition et qu'il est temps que des docteurs de la Loi (à son image sans doute) explique au bon Peuple ce qu'il a le droit de vouloir et ce qu'il ne peut plus dire ou exprimer.

Cette vision est largement reprise par toute une partie de la classe politique de ce pays qui, curieusement se retrouve régulièrement du mauvais côté, le Peuple, la désavouant.

Voilà qui renforce le propos de M. Barraud et qui montre l'urgence qu'il y a à renouer le dialogue non seulement inter-religieux mais aussi et surtout entre le Souverain et son personnel politique, les élus. A défaut de le faire de toute urgence, la Suisse paisible et stable risque fort de se trouver confrontée à un chahut intérieur qui remettra au centre de la scène politique suisse ce qui a failli la conduire dans le précipice des guerres de religion.

Une fois encore, les principaux responsables de cette situation sont ceux qui bouté hors de l'école la connaissance de l'autre en s'appuyant sur une doctrine laïque dogmatique à la française. Les deuxièmes responsables sont les autorités qui tolèrent qu'en Suisse d'autres règles s'appliquent que le droit suisse. C'est le cas des municipalités qui acceptent la séparation des garçons et des filles lors de cours de gymnastique. le plus terrifiant dans ces questions c'est le silence sidéral de personnages publics tels M. Auer ou Mme Mara qui sont par ailleurs, en surface tout au moins, défenseurs de l'égalité homme/femme qui est, elle aussi inscrite dans notre Constitution.

La confusion des messages et des postures politiques ne peuvent que conduire, et de façon irrémédiable, au crash.

Il est vrai que les marxistes (Auer) et la gauche d'opérette et opportuniste (Mara) n'ont plus de résonnance politique. Ils sont donc contraints de laisser arriver le cahos pour espérer revivre. Il en va de même avec le centre (Hiltpold) qui, au contraire de la gauche caviardo-marxisante, a perdu tout sens politique, et qui projette au front des personnalités profilées pour les salons feutrés des banques ou de la haute économie (Merz en est le prototype).

La conclusion qui s'impose est que la société civile doit s'emparer de cette problématique, remettre le dialogue inter-religieux dans les salles de classe pour que ceux qui feront la Suisse de demain aient appris à connaître l'autre sans en avoir peur.

Curieusement, cette reprise en mains ne peut pas être laissée auux politiques qui seront toujours tentés de l'exploiter politiquement. C'est précisément aux différentes communautés religieuses, et à ceux qui s'expriment en leur nom, de renouer le dialogue et de démontrer par l'exemple leur réelle volonté d'ouverture. Toute autre intervention ne sera pas crédible et donc sans portée à long terme. C'est dans cet exercice que nous verrons bien si l'Islam de Suisse est modéré ou non, sectaire ou pas, ouvert ou fermé. A ce jour nous n'avons pas entendu cette communauté musulmanne modérée et c'est bien regrettable. Comme bien de mes compatriotes j'aimerais beaucoup l'entendre voire n'entendre qu'elle!

Bien que M. Auer, fidèle à son patronyme, souhaite une démocratie en chocolat qui fonde au soleil des extrémismes et non une puissante machine qui s'appuie sur un Peuple éclairé, il convient d'affirmer ici haut et fort que les Suisses entendent rester maîtres chez eux ce qui n'en fait pas encore des xénophobes ni des racistes.

Ils entendent seulement affirmer qu'un Peuple qui a mis dans sa Constitution l'égalité entre hommes et femmes ne laissera pas se propager sans autre un dogme religieux qui empêche les uns de serrer la main des autres ou qui prône la lapidation de l'adultère et l'homosexuel ou encore soutient l'abaissement de la femme par des accoutrement vestimentaires que n'exige pas leurs écritures sacrées. Les Suisses ont aussi dit par ce message fort que selon nos traditions, le meilleur moyen de démontrer que l'islam suisse est différent c'est de l'ouvrir et de serrer la main de l'autre, qu'il soit homme ou femme.

C'est exactement la conclusion de M Barraud avec ses propres mots: Voilà pourquoi on ne peut pas évacuer les craintes liées à l’islamisme radical, des craintes qui seraient sans doute un peu apaisées si les musulmans modérés rejettaient clairement les dérives violentes et condamnaient les attentats. Hélas, le silence des associations et des recteurs est assourdissant, et nourrit la méfiance.

 

J'espère vivement que ce dialogue sera instauré rapidement et j'y participerai avec plaisir et conviction.

 

Patrick Dimier

Constituant

 

 

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Commentaires

Minarets: Mea culpa sincère pour un mensonge
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Je crois personnellement que le meilleur moyen pour vivre en paix est d'être véridique et de reconnaître ses propres erreurs, de part et d'autre.

J'estime que le Conseil fédéral, le Parlement, la Commission fédérale contre le racisme et les Églises suisses nous ont trompés en affirmant que l'initiative contre les minarets viole la liberté religieuse. Il est donc temps de dire qu'ils ont menti et qu'ils sont responsables des conséquences de ce mensonge... qu'il faut maintenant savoir gérer avec intelligence.

Le peuple a voté. Ce vote n'est pas contre les musulmans qui pratiquent librement leur religion dans ce beau pays. Ce vote est contre les minarets et ce qu'ils cachent. Les minarets ne sont nullement nécessaires pour la pratique du culte musulman. D'ailleurs les premiers minarets en Islam ont été construits 10, voire 20 ans après la mort de Mahomet, et la belle Mosquée avec le dôme doré de Jérusalem n'a pas de minaret.

J'attends donc un mea culpa sincère de la part du Conseil fédéral, du Parlement, de la Commission fédérale contre le racisme et des Églises suisses pour leur mensonge. Est-ce trop demander?

Écrit par : Sami Aldeeb | 02/12/2009

Merci Monsieur pour votre sagesse!
Il est vrai que nous musulmans modérés devons pouvoir dire avec plus de détermination que nous rejetons les extrémistes de tous bords dans notre religion.

Tout a été dit pour le surplus je pense que vous avez totalement raison pour des cours de religion à l'école j'y ajouterais même que les élèves puissent aller visiter les lieux de culte des un et des autres. Il faudrait aussi que les ministres de chaque culte puisse venir faire un exposé au départ de l'explication sur chaque culte.

Il ne faut pas, et M. Dimier à raison, que l'on commence à appliquer deux lois en Suisse comme le font avec stupidité les anglais. En Suisse le droit suisse est seul applicable. Nous devons rétablir la confiance et ce point est essentiel. Les responsables musulmans de suisse doivent clairement se déterminer sur ce point.

Au lieu de crier au feu, ceux qui ont perdu feraient bien mieux de préparer un nouveau référendum sur ce sujet.

Notre premier devoir est de respecter la volonté du peuple suisse telle qu'il l'a exprimée, c'est le point sur lequel M. Freysinger a 100% raison et Mmme Ada Mara 100% tort.

Inch'Allah

Écrit par : Hamid | 02/12/2009

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