09/01/2010

ECOLE REPUBLICAINE & QUOTAS

Pascal Decaillet nous dresse un tableau idyllique de l'Italie immortelle, celle qu'effectivement nous aimons et à laquelle nous devons tant.

Cette Italie, comme la Suisse des cartes postales sont-elles toujours conformes à la réalité matérielle?


Comme Pascal Décaillet je ne crois que l'école de la République est celle qui accepte tous ses enfants en son sein. Sur ce point nous sommes d'accord. Que les talents ne soient pas un critère, d'accord, que ni la couleur ou la religion en soit un, encore d'accord, mais que la langue puisse devenir un critère discriminant, pas d'accord.

Or que nous propose M. Décaillet si ce n'est d'ouvrir cette boîte de Pandorre-là!

En politique seules les réalités comptent les dogmes tuent la République et ses desseins d'égalité.

Il y a deux solutions au problème auquel c'est l'Italie qui est confrontée aujourd'hui mais qui, demain, concernera toute l'Europe, El-dorado moderne depuis que l'Amérique de l'Oncle Sam a entrepris son déclin.

La première les quotas qui visent à trouver un point d'équilibre entre population locale et migrants. Cette solution n'est pas bonne car elle construit un mur invisible à l'oeil mais dont la mémoire de l'enfant se souviendra toujours, jusqu'au jour où, parvenu à l'âge adulte, éclate une révolte trop longtemps contenue.

La seconde consiste à préparer les enfants à entrer en contact de façon ludique et sans tabou avec les enfants migrants. Mais pour que cette forme d'intégration, réel ciment futur entre les populations locale et migrante soit possible, il faut un pré requis celui de la maîtrise de la langue. Pour y parvenir l'école républicaine doit se munir d'outils pédagogiques spécifiques et adpatés à un apprentissage rapide de notre langue. Le moyen le plus approprié est un réseau de classes à l'ancienne dans lesquelles ce n'est pas l'âge qui est le critère mais la connaissance du français. Ce réseau est indispensable comme l'est la connaissance de notre langue si l'on ne veut pas créer des guetthos cuturels.

N'oublions jamais que le plus grand adversaire de la République est l'ignorance dans laquelle certains de ses enfants sont tenus. Soit par les traditions, soit par les moyens économiques. L'Etat est le seul garant de cette non discrimination et c'est à lui que revient la responsabilité de veiller à ce que l'ignorance ne soit jamais une arme en possession de ses adversaires pour le renverser pour faire régner l'intolérance comme c'est le cas dans bon nombre de pays dont sont issus les migrants.

N'ajoutons pas à leur malheur le nôtre et veillons scrupuleusement à ce les personnes qui résident sur notre Territoire puisse toujours accéder à la connaissance, c'est un chemin autrement plus sûr vers la démocratie que celui de la discrimination ou de la guerre.

Genève, capitale mondiale de la Paix, doit être le modèle. Ses gouvernants doivent, sans relâche, veiller à ce que ceux qui veulent vivre ici soient en mesure de nous comprendre et surtout de comprendre nos règles, Us et Coutumes. Pour cela il n'y a qu'un seul outil, la langue, le français en l'espèce. Son acquisition est essentielle à tout apport dans le réseau scolaire ordinaire.

C'est le meilleur moyen de ne pas plomber le niveau moyen de nos écoliers, collégiens et désormais universitaires dont les connaissances de culture générale font frémir tant elles sont pauvres. L'une des cause de cet appauvrissement est une intégration au pas de charge, sans base solide de communication et de compréhension des enfants migrants.

Le scandale des images tournées dans le Sud de l'Italie, où les populations locales tirent sur les migrants qu'ils paient pourtant une misère de 20€/jour et les logent de façon inhumaine alors que sans eux leurs fruits pourriraient sur pied, remise le souvenir bucolique de M. Décaillet au rang des images d'Epinal. C'est une alerte autrement plus grave que les quotas scolaires car  elle démontre que la misère du Sud remonte lentement mais sûrement vers le Nord, mais c'est là un autre débat.

 

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Commentaires

Si je vous comprends bien, il faut d'abord parquer les enfants dans des espaces spéciaux pour qu'ils apprennent la langue.

C'est assez brutal comme méthode non? Mais vu le manque total de civisme de la majorité des "migrants" et leur attitude revendiquatrice, c'est peutêtre le meilleur moyen de les pousser à comprendre notre langue.

Je crois aussi que de vouloir à tout prix intégrer des enfants qui ne parlent pas et ne comprennent pas le français, on rate l'intégration finale et c'est comme ça qu'on favorise la naissance des communautés entre personnes de même provenance.

Je trouve en tout cas que votre approche est moins rêveuse que celle de M. Decailler qui me semble être en dehors des réalités du monde. C'est peut être grâce à sa vie protégée dans un milieu protégé avec des personnes qui le flatte.

Écrit par : Jasmine | 10/01/2010

Cher Patrick

Pour que les enfants puissent apprendre la langue du pays ils doivent être entourés d'un maximum de gens parlant cette langue correctement. Donc à l'école, seulement dans des classes avec une grande majorité de francophones par exemple (pour GE) les enfants apprendront cette langue le plus vite. De préférance tout de même dans les mêmes groupes d'âge, sinon les contacts se font difficilement.
Ce que propose l'Italie, avec les 30%, c'est déjà beaucoup d'étrangers par classe. Expérience faite, sur une vingtaine il faudrait pas dépasser 3-4.
Un autre élément très important est l'attitude des parents. C'est seulement avec des parents qui montrent une très grande motivation d'aider leurs enfants dans cette intégration, c'est à dire d'apprendre eux-mêmes cette langue, le but pourra être atteint.
Mais il ne faut pas oublier qu'aucun pays au monde pourra éternellement accueilir tous ceux qui pour des raisons des plus diverses voudraient s'installer chez eux.
Il faut poser des limites et des conditions très strictes et nos gouvernements doivent devenir proactifs.
Une immigration illégale,incontrôlée plus ou moins volontaire, telle qu'elle est pratiquée par exemple à Genève, avec tous les enfants sans papier, qui ont le droit de fréquenter les écoles mais qui au bout du compte seront toujours dans l'illégalité, aussi avec un diplôme en poche, pose de gros problèmes.
Il est certainement très humain d'accepter ces enfants amenés par des parents dans des situations impossibles, car illégales, dans nos écoles. Mais en fin de compte, que deviendront-ils ?
C'est une question qui devrait être sérieusement étudiée à Genève ! Car la bouche à oreille fonctionne très bien. Tous les gens sont papier savent que leurs enfants sont accueillis dans nos écoles. Mais ont-ils réfléchi aux conséquences pour leur avenir, celui de leurs enfants ? Et ceux qui nous dirigent, ont-ils réfléchi plus loin que leur bout du nez ?
La simple première gentillesse ne représente pas nécessairement un avantage pour ces jeunes gens. Car en fait on leur fait croire à un avenir chez nous, quand il n'y en a pas, ou alors dans la clandestinité.
Ce problème doit être tranché et il faut arrêter de "mettre la tête dans le sable" (comme on dit en allemand).

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 10/01/2010

Bonsoir Mme Garcia,
merci pour ce commentaire très professionnel et réaliste.

Mon propos se place en amont de l'accueil en classe, soit avant d'entrer dans la phase que vous décrivez et avec laquelle je suis bien entendu d'accord. Pour moi l'essentiel est une prise de contact qui soit sur mesure, c'est-à-dire, à la mesure de la progression de l'élève migrant.

Cette question est sérieuse comme est le risque de débordement et de ghetto qui ont déjà commencé à Genève ou dans sa très proche banlieue.

Il ne faut effectivement pas mettre la tête dans le sable ce que fait trop souvent le DIP qui s'appuie sur des dogmes et non sur les réalités matérielles.

Merci encore pour l'intérêt porté à mon billet.

Écrit par : patrick Dimier | 10/01/2010

A un âge tendre et fort loin de Genève, j'étais élève dans une école anglophone ou AUCUN élève n'était de langue maternelle anglaise; cela ne nous a pas empêchés de comprendre très vite (les enfants comprennent vite) qu'il y a une langue à l'école et une autre en famille, avec les copains, dans la rue, partout ailleurs; cela n'a empêché pas non plus la plupart d'entre nous de finir bilingues ou trilingues. Alors j'ai énormément de peine à comprendre pourquoi le fait d'avoir, dans nos classes enfantines et primaires, une proportion élevée d'enfants non francophones constituerait une problème, justifierait des quotas, des mesures particulières et des frais supplémentaires. J'ai plutôt impression que la diversité linguistique et ethnique actuelle et future n'est qu'une excuse pour perpétuer un système de nivellement pas le bas au nom d'un égalitarisme des chances mal placé, en gonflant d'importance toute une structure socio-pédagogique bien installée qui n'a évidemment aucun intérêt à se saborder.

Écrit par : Ashwani Singh | 11/01/2010

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