20/01/2010

l'obscurantisme des timbrés

Pascal Decaillet parle dans son billet du jour des apparatchiks. La crise que provoque la départ forcé de M. Béglé risque à terme d'être bien plus grave qu'un simple épisode de la vie con fédérale!


Pour reprendre la termonologie décaillienne j'ajouterais que l'apparatchik n'a pas d'état d'âme, pas d'esprit d'initiative, surtout pas de capacité de réflexion individuelle car il est aux ordres des marionnettistes qui le manipulent.

Dans le cas de M. Béglé ce qui est encore plus grave c'est que nous ne sommes pas face à l'action d'apparatchiks mais directement face aux marionnettistes.

Qui sont-ils? de deux espèces. La première est celle de ces indécrottables qui paralysent les grandes administrations et qui font trembler les ministres. Ce sont ceux que vise le proverbe anglais " the tail drives the dog"! Ceux-là même qui, à l'époque de la Suisse ronronnante des 30 glorieuses, se payaient le luxe d'imposer leur conseiller fédéral. Ce sont les dogmatiques.
La seconde espèce est plus perverse, vicieuse et avec encore moins d'état d'âme. Ils appartiennent à cette arrière garde du terrifiant dicton "schweitzerdütsch uber alles". Ils sont au-delà des dogmes les plus absurdes, ils sont au-delà de l'éthique, ils sont au-delà de ce qui est acceptable si l'on entend préserver ce pays de ses plus terribles démons, ceux qui du 3 au 29 novembre 1847 l'ont conduit aux portes de l'enfer.

Jusqu'à ce jour tout leur était permis car ils détiennent une majorité écrasante. La période qui s'ouvre à nous, notamment vu l'incapacité crasse de nos gouvernants à gouverner, va profondément changer la donne car la Suisse, pour la première fois de son histoire moderne, entre dans des turbulences auxquelles elle n'est pas préparée. l'annus horribilis 2009 est là pour le démontrer plus que de besoin.

En pareille époque il faut une forte cohésion intérieure et le signal que donnent ces vautours de la majorité en obtenant la départ d'un représentant de la minorité à la tête d'un Office fédéral est de très mauvais augure!

Après la crise libyenne et la violation des règles élémentaires de la diplomatie, la crise UBS et la violation du droit ordinaire, voilà que la Suisse s'offre le risque d'affrontement de ses communautés nationales.

Cet événement n'est pour certains qu'une petite lézarde. Mais les lézardes ne sont jamais apparentes au début mais lorsqu'on les voit, il est souvent trop tard.

17:08 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bravo,
votre analyse est dans le mille avec la preuve ce matin avec la nomination de Peter Hasler qui est à la fois marionnettiste et apparatchik!

Le plus moche dans cette affaire c'est Leuenberger qui a manoeuvré dans les couloirs. Mais comme il est lui-même apparatchik rien de plus normal comme résultat.

SI vous y ajoutez qu'il est des bords de la Limmatt tout y est.

Le plus démoralisant c'est que les suisses sont mous et qu'une fois de plus rien ne se passera!!!

Écrit par : julien germanier | 21/01/2010

Je souscris à chaque point de cette analyse. Une fois de plus, on observe les mêmes événements dans ce pays comme dans le microcosme genevois, chaque jour, dans les cooptations, désignations ou nominations, sans que personne ne fasse avancer le schmilblick. C'est honteux!

Certains râlent en coulissent mais ne se mouillent pas au moment de la décision. C'est ce qui explique comment un Moritz Leuenberger reste en place si longtemps, avec un bilan si catastrophique.

Et malheureusement c'est le cas même dans des structures plus petites ...

Écrit par : Micheline Pace | 21/01/2010

Les commentaires sont fermés.