15/02/2010

Une constitution essoufflée et sans âme

"En 2020, la Constitution de 2012 sera foutue"

telle est la prémonition de Xavier Comtesse lors de son audition par la Constituante reprise par Jean-François MABUT dans sa gazette.

Toujours lucide, M. Comtesse a notamment déclaré « L'ordre des nations est remplacé par l'ordre de la société civile….. ce qui marche s'impose, ce qui ne marche pas disparaît » .

C’est, très schématiquement le propos tenu par Franck Ferrier dans la première partie de l’essai que nous avons publié en 2005 !

Personnellement j’irais encore plus loin que Comtesse, c’est en 2012 déjà que la Constitution sera obsolète !


Cette Constituante est actuellement l’otage de forces très destructrices qui vaincront car trop puissantes pour que l’innovation puisse l’emporter. Cela n’empêchera bien entendu pas que le nouveau texte soit approuvé par le "bon Peuple" qui, une fois de plus, sera berné par ces partis qui lui font croire qu’ils le défendent mais qui, en fait, protègent avant tout leurs intérêts.

En premier lieu il y a les ultra conservateurs, les psycho-rigides de la pensée politique du XIXe. Pour eux rien ne doit changer, tout va bien. A la limite il verraient même bien la future constitution commencer par « Au nom de James Fazy tout puissant » !

Ensuite se trouve le gros de la troupe, celui formé par tous ceux dont les formations politiques auraient bien trop à perdre en changeant ce qui leur rapporte gros, le pouvoir, les places d’honneur, les combines multiples et variées qui avarient le système. Pour ceux-là, même la modernisation du vocabulaire est insoutenable !

Enfin se trouvent les perfides. Ceux qui, en apparence, veulent réformer mais qui se retranchent derrière le très commode paravent du droit supérieur. C’est le clan des techniciens de la surface juridique.

Pour eux tout doit être aligné et formaté selon les canons fédéraux. Peu importe si ce que dit ce droit est contraire à nos aspirations, viole nos idéaux, se sont les bénédictins de la compilation, les copistes de temps modernes.

Ils sont gentils et appliqués mais sans la moindre capacité novatrice, mis à part quelques artifices très électoralistes qui ne changeront rien au fond mais qui, surtout, n’élèveront jamais le débat au niveau qui doit être celui d'une Charte Fondamentale.

C'est pour cela que la majorité s'est mise d'accord pour leur confier la tâche de raide action.

Non seulement cette Assemblée accouchera d’une souris mais encore sera-t-elle borgne et malingre. Il suffit d’avoir entendu ce qui a été dit sur le préambule pour savoir ce que sera la suite !

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Commentaires

Salut,
A te lire je comprends que je fais partie de la classe des perfides, des bénédictins de la compilation.
Aussi, peux-tu m'expliquer, toi qui est avocat, donc avec des connaissances du droit que je n'ai malheureusement pas, comment peut-on envisager la proposition, puis la mise en application de lois contraires au droit supérieur, c'est-à-dire le droit fédéral pour ce qu'il a de contraignant (droit impératif) sauf à ce que Genève sorte de la Confédération.
C'est un peu comme si à Thônex, ma commune, on décidait, parce qu'elle a une longue frontière avec la France, que la monnaie désormais officielle dans la commune était l'Euro y compris pour les déclarations/taxations fiscales et que les comptes de la commune étaient désormais tenus dans cette seule monnaie ... Tu imagines sans nulle doute déjà la réaction du Gouvernement, n'est-il pas vrai, et toi tu veux faire ce genre de truc dans le cadre constitutionnel genevois.
Une information complémentaire s'impose donc.

Cher Monsieur Marcet,

Ce que j'entends c'est que Genève sache et ose afficher ses différences.

Si nous révisons notre Constitution avec pour seul objectif de copier ce que les autres ont fait, je pense que cela ne vaut pas les 20 millions que coutera l'exercice!

Malheureusement il faut constater que les coups de buttoir que mettent les jacobins centralisateurs dans l'édifice fédéral qui fait la valeur et la force de notre système sont en train de remporter une très belle victoire.

Ce qui est triste, pour ne pas dire consternant, c'est de constater que dans les partis qui revendiquent, légitimement, un respect accru de ce fédéralisme réel ciment de la Suisse se trouvent les meilleurs défenseurs de cette liquéfaction du fédéralisme pourtant indispensable à l'existence même de ce pays.

Patrick-E. Dimier
Constituant

Écrit par : Claude Marcet | 21/02/2010

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