23/02/2010

CARTON ROUGE A L'IMMOBILISME

Dans son blog du jour "Carton rouge popur les Communes" Jean-François MABUT reprend la thématique développée par M Villard et y ajoute une couche "Si Puplinge ou Avully n'ont effectivement construit aucun logement depuis cinq ans, ce ne sont pas les communes les moins solidaires du canton. C'est oublier aussi qu'à Genève, c'est le canton qui décide où l'on peut construire et ce sont les propriétaires et les voisins qui dictent le rythme des constructions. S'il faut décerner des cartons rouges en matière d'aménagement, c'est à Veyrier, à Cologny, et au projet d'agglomération franco-valdo genevois de Cramer qu'il faut viser."


Pourquoi fustiger ainsi deux communes qui ont des vocations de banlieues plus résidentielles que d'autres et dont l'une, "Cologny" a validé un énorme projet privé dont les propriétaires ne semblent plus aussi pressés de donner le jour, sans que la commune y puisse grand chose. S'agissant de la commune elle-même, elle ne possédait qu'une seule parcelle en zone de développement qu'elle a developpé malgré les oppositions des propriétaires qui la jouxtent.

C'est sur cette parcelle que la commune construira, dès le 1er mai 2010, un groupe de logements d'utilité publique(LUP) et une crèche d'une centaine de places.

 

Il me semble dès lors très facile et quelque peu démagogue de jeter en pâture des Communes qui ont, précisément une vocation plus résidentielles. J'aimerais bien savoir ce que cache cette attaque surnoise. Protéger les commune pseusod agricoles dont les représentants orchestrent tous les blocages tant au Grand Conseil qu'à la Berne fédérale?

 

La commune qui mérite le plus gros carton rouge est celle qui est gouvernée par une majorité de la même couleur.... Piogre (G'nève pour ceux qui savent pas). Je suis d'autant plus étonné que Monsieur Mabut a déniché et publié voici quelques années de belles parcelles en pleine ville qui restent obscurément vides!

 

En réalité le fond du problème du logement à Genève est double et subsiste grâce à la convergence d'intérêts divergents ce qui est rare mais très productif pour les deux camps. D'une part les milieux les plus agissants et dits de "défense des locataires" n'ont aucun intérêt à laisser la situation se détendre car la crise est leur fond de commerce électoral. D'autre part, le capital qui, lui, n'a aucun intérêt non plus à voir la situation se détendre puisque qui dit rareté dit cherté et donc rendement maximum.

 

Plusieurs pistes pour débloquer la situation:

 

1) inscrire dans la Constitution une impossibilité de s'opposer à la construction d'un objet lorsque celui-ci répond à tous les critères écologiques et à toutes les normes légales applicables.

2) inscrire dans la Constitution que l'Etat envourage, par tous les moyens à sa disposition, l'accession à la propriété du logement. Parmi les outils dont dispose l'Etat, le prêt au même taux que celui auquel il emprunte lui-même avec une durée maximale de 30 ans. L'autre moyen à dispotion est la mise à disposition de terrains qui seral'intensification du modèle coopérative qui constitue le meilleur rempart contre la spéculation, l'autre vrai problème endémique de Genève.

Alors vouloir mettre des cartons rouges à deux Communes est très court en raisonnement, très facile pour monter les collectivités les unes contre les autres mais qui ne nourrit certainement pas le débat sur le fond.

Contrairement à cette pensée collectiviste qui tend à se répandre à Genève, si l'on veut que Genève reste attractive, elle doit pouvoir offrir, sur son territoire, de l'habitat individuel. Pour cela, il convient de laisser densifier la ville en incitant les propriétaires de la zone de développement à céder leurs villas urbaines et à leur mettre à disposition des parcelles immédiatement constructibles dans ces communes résidentielles que Monsieur Mabut brocarde si volontiers.

Pour ce qui est du projet d'agglomération il faudrait que nos voisns en veuillent et je ne crois pas que cela soit le cas. Il y a une raison bien simple à cela. Les propriétaires terriens de France voisine y trouvent largement leur intérêt, de même que les collectivité locales qui trouvent là de nouveau résidents, bons contribuables sans avoir à se fatiguer, la métropole genevoise leur fournissant les emplois!

 

Si carton il faut distribuer, c'est à tous ceux qui favorisent l'immobilisme et non pas aux communes qui n'ont, à Genève, pas grand chose à dire, ce qui est très regrettable mais que les grands partis ne veulent pas changer, du moins ceux qui siègent pour leur compte à la Constituante.

 

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Commentaires

Analyse globalement correcte et propositions intéressantes...
Vous devriez changer de parti...
Le bémol concerne nos voisins: il y a de plus en plus de gens qui pâtissent de la situation que de propriétaires qui en profitent et la somme d'intérêts contradictoires n'y conduit pas forcément à l'immobilisme.

Vous avez raison M. Souaille,
nos voisins de souche souffrent car ils appartiennent majoritairement au même tissu sociétal que le nôtre. Cela renforce les obligations de l'Etat genevois de tout mettre en oeuvre pour relancer le logement et pas seulement au profit des gros promoteurs locaux qui se gavent à chaque promotion mais au profit des familles de la calsse moyenne qui ne peuvent plus acquérir leur logement ce qui démontre la déséquilibre que la politique mise en place dans les années 80 ne peut que conduire à la catastrophe!
Merci pour votre commentaire constructif.

Patrick-E. Dimier

Écrit par : Philippe Souaille | 23/02/2010

Bien vu Monsieur,

Ce que vous oubliez de dire c'est que le Conseil d'Etat n'est pas en mesure d'agir puisqu'il contient en son sein des représentants de partis qui bloquent par une opposite aigüe.

Vous êtes constituant et, à moins que cette Assemblée ne serve réellement à rien, il faut changer de système et arriver à un Exécutif fort. Notamment il faut changer le système électoral actuel qui sanctifie les médiocres, la preuve éclatante étant M. Moutinot!

Alors retroussez vos manches et obtenez des résultats de changement car sinon c'est votre billet précédent qui va se réaliser. J'espère surtout que les petits groupes comprendront qu'il faut arrêter de suivre les partis qui se complaisent dans une médiocrité qui les sert.

salutations citoyennes

Écrit par : JEAN-JACQUES | 25/02/2010

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