16/04/2010

LES GROGNARDS ACCEDENT CERCLE DE LA TERRASSE

Les plus optimistes pensent que les oppositions qui ont fait la Genève moderne en passant par une révolution, ne sont que de l’histoire et que désormais il n’existe plus de différence entre « ceux de St Gervais » et ceux de la « haute ville ».

Les plus pessimistes pensent que cette histoire là laisse des traces indélébiles et que rien ne peut, tout au fond, réconcilier ces deux camps.


Enfin il y a les pragmatiques, les cyniquo-lucides, ceux pour lesquels seuls le compteur des sièges, cantonaux et fédéraux, compte. Ceux-là n’ont aucun état d’âme, se sont de froids calculateurs et des architectes de pouvoir. Il sont à cette nouvelle alliance de la carpe et du lapin ce que le PDC est à la politique suisse en général. Seul le fait d’être du côté des vainqueurs compte, peut importe que ce soit les « historiques » ou les « allumés du global », ce qui compte, c’est le pouvoir.

Entendre la canal historique l’autre matin s’exprimer chez Pascal Décaillet par la voix de Robert Ducret , à peine audible comme ceux qu'ils représentent, qui clamait ne pas être de droite avait quelque chose de pathétique.

La politique est ingrate car ceux qui en font le sont la plupart du temps. Peu importe aux gens de pouvoir les combats conduits par tous ces radicaux historiques qui ont fait la Genève moderne, ils n’en n’ont plus qu’un écho lointain que seuls perçoivent le érudits de l’histoire, généralement radicaux.

C’est donc en toute logique que cette fusion conduite comme celle de la SBS avec l’UBS. Les uns profitent de la renommée des autres et de leur puissance fédérale et les autres, au bord du dépôt de bilan, espèrent s’y retrouver en espoirs arithmétiques.

Les premiers font certainement un meilleur calcul que les seconds car leurs poulains sortent des meilleurs haras et sont soutenus par tout ce que la Genève haute compte d’influence. Ils ont à la fois le bon génie et la lampe à huile ! Leur objectif est donc tout-à-fait réalisable.

En revanche il n’en va pas de même des seconds car non seulement la ville haute saura toujours les localiser dans les listes électorales et les crayonner avec une application de banquier privé, mais encore leur base électorale est fortement attaquée sur les deux flancs. Au centre gauche par les Verts et sur la droite révolutionnaire par le MCG qui reprend les combats que les confort des marocains leur a fait oublier.

Les Verts séduisent tout ce que la république compte de bobos « rats-dits-des-villes ». La preuve étant le minoritaire de l’exécutif de la ville qui reprend à son compte l’ensemble des thèses paralysantes des pastèques en laissant son électorat des PME sur le carreaux.

Le MCG, de son côté, rassemble patiemment et petit à petit les troupes arrières et les sans grades que la fusion laissera aussi sans culottes! autrement dit cet abandon du canal historique qui lui se souvient de la prise de l’arsenal et du renversement de l’ancien régime risque bien de ressembler d'avantage à la Bérézina qu'à Austerlitz, même si les cousins à la bavette blanche en savent un bout en matière d'austère!


L’addition dont rêvent les radicaux risque donc fort de se transformer en soustraction, les bottes, même lustrées, des grognards et leur joyeuse bande tonitruante n’étant pas admises dans les salons feutrés et mondains du cercle de la Terrasse. Au mieux, avec condescendance, dans les jardins, en remplacement des potiches.

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Commentaires

@sion
J'ai pris connaissance de vos deux messages et si je passe volontiers sur les fautes d'orthographe, je ne les publierai pas selon les règles de débat qui figurent dans la colonne de droite de ce blog et que je vous rappelle ci-dessous:

Bienvenue sur mon blog. Je vous remercie de votre visite et de l'éventuel commentaire que vous rédigerez sous mes billets. Merci de respecter les règles fixées par la Tribune de Genève qui nous héberge: soyez courtois, concis, pertinent et signez votre commentaire! Au plaisir de vous lire.

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Patrick Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 16/04/2010

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