01/06/2010

LE SYNDROME DE VALPARAISO (suite)

Tout le monde savait avant la "crise UBS", sans qu'il soit nécessaire de faire un rapport, que l'exécutif fédéral est non seulement incohérente mais encore structurellement inadapté à des situations de crises internationales.

Ce que nous apprend en revanche ce rapport, il est en cela salutaire, c'est que le fonctionnement que l'on nous vend pour collégial depuis le XIXe est devenu un repère de solistes amateurs pas même capable de lire la partition de leur chorale.


Le plus invraisemblable dans ce psychodrame c'est que le révélateur est extérieur au collège, un mastodonte qui s'est nourri, pour ne pas dire goinfré grâce à la bienveillance d'une majorité du parlement fédéral.

Qu'en est-il aujourd'hui, le rapport nous démontre les dysfonctionnements mais ne propose rien d'autre que des remèdes de rebouteux pour soigner le malade.

En politique il n'y a qu'une seule règle pour ça puisse marcher, quel que soit le système et les moeurs politiques, lorsqu'un gouvernement démontre son incapacité, il tombe.

Dans cette affaire, au moins trois membres de l'Exécutif ne mérite pas d'aller plus avant dans leur mandat, celles et ceux qui savaient, le rapport le dit, que l'affaire UBS était particulièrement grave et qui ont couvert.

Dans le système fédéral américain, une telle pratique de l'Exécutif entrainerait sa destitution immédiate pour trahison car s'en est une.

Que reste-il à faire?

D'une part que les partis coquins-copains sonnent la fin de la récré, en même temps que les cloches de leurs représentants, et les contraignent à rendre leur tablier.

D'autre part il est impératif, si les partis qui siègent à Berne entendent conserver le moindre crédit politique, qu'une commission d'enquêteparlementaire soit nommée et qu'elle fasse toute la lumière sur cette affaire, ses dessous (qui doivent être particulièrement peu ragoûtants) et ses mécanismes.

Il y a, en outre, un impératif non politique à cette obligation. C'est que les pratiques du mastodonte ont fait perdre des milliards à des fonds de pension et que, ne serait-ce qu'à ce titre-là, les citoyennes et citoyens  de ce pays ont le droit de tout savoir.

Nous souhaitons aussi la disparition de ces proboscidiens de l'économie qui peuvent, à eux seuls, causer la perte du pays.

Que ces citoyennes et citoyens qui ont sollicité notre confiance pour aller siéger à Berne comprennent que si cette commission parlementaire n'est pas ordonnée, certains prennent le gros risque de ne pas retourner au parlement fédéral au mois de novembre 2011!

Sans crédit politique le système suisse va s'effondrer sur lui-même et au lieu d'être un pays vers lequel le monde économique planétaire converge  il sera celui que l'on fuit. La réalisation de ce risque, le syndrôme de Valparaiso, serait un péril absolu pour ce petit pays bloqué au milieu d'un continent.

Un minimum de courage Mesdames, Messieurs les élus aux Chambres fédérales, et votez cette Commission d'enquête parlementaire, elle est indispensable!

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Commentaires

Ce n'est pas la première fois que l'on assiste à la couverture des agissements des prédateurs zurichois. La différence c'est que cette fois-ci le lien entre le conseil fédéral et les huiles bancaires est clairement établi.

Vous avez raison, il est indispensable que Mmes Calmy-Rey et Schlumpf ainsi que M. Merz démissionnent.

Ils ne le feront pas car ils ne sont pas plus courageux dans la crise gouvernementale qu'ils provoquent que dans celle de l'UBS qu'ils ont si lamentablement gérée.

J'ai suivi le débat sur TSR hier soir et je dois dire que le conseiller national valaisan Rossini m'a fait grosse impression. Mais le PS n'est-il pas mal pris dans cette histoire en devant "sa ministre" et les principes généraux de la démocratie suisse? C'est un grand écart que la majorité de leur groupe me semble incapable d'opérer.

Il est urgent de changer les règles et de permettre à l'Assemblée fédérale, puisque c'est elle qui les nomme, de faire une motion de censure contre les conseillers fédéraux qui sont en faute grave.

Écrit par : Simon Durant | 01/06/2010

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