27/08/2010

TARTUFFES ET MOTS LIERRE

La  gauche, relayée par une presse complaisante, tente de façon plutôt malhonnête de nous faire porter le chapeau de ses erreurs stratégiques.

Depuis le début des travaux sur le législatif nous avons clairement annoncé que nous souhaitions mettre un terme à une double hypocrisie, celle du financement des partis politiques et celle d’un pseudo parlement de milice.


Sur le second volet, la gauche, y compris la plus ultra réactionnaire tient, comme Médor à son os, au terme « milice » qui est pourtant de bien mauvaise mémoire. Sauf pour les marxistes bien évidemment.

En réalité les parlementaires de ce début du XXIème siècle ne peuvent tout simplement plus être de « simples miliciens » vu l’énormité du travail à accomplir. Nombreux sont les citoyens ou les politiciens qui se plaignent de la mauvaise qualité du travail parlementaire à Genève mais peu nombreux sont ceux qui veulent reconnaître que la très grande majorité de nos députés croulent sous une masse d’informations et de tâches qu’il n’est tout simplement plus possible de gérer en « amateur milicien ».

Ceux qui persistent dans cette voie sont de deux catégories. La première est celle de ceux qui aiment à se gargariser de mots creux comme on agitait, au moyen-âge, des fanions pour faire peur aux démons. Ceux-là se complaisent dans la médiocrité qui les nourrit. La seconde catégorie est celle des ultra libéraux qui, comme on le pratiquait au XIXe, s’occupent de la « chose publique » comme ils s’occupaient de « leurs pauvres » sous l’ancien régime.

Le résultat est qu’effectivement le parlement actuel ne remplit plus sa mission. Non par fainéantise de ses membres mais tout simplement parce que la charge de travail n’est humainement plus conciliable avec un boulot à plein temps.

Qui trop embrasse mal étreint dit le proverbe qui trouve-là tout son sens

L’analyse de ce phénomène a conduit notre groupe à proposer de sortir de ce schéma osbsolète et de salarier les députés pour les dégager des contingences d’un emploi à plein temps inconciliable avec la responsabilité d’un élu moderne. Comme il fallait une base de calcul, nous avons proposé la seule qui soit objective et indiscutable : la moyenne des salaires de la fonction publique.

Pour des raisons que seules les arcanes secrètes de la politique genevoise expliquent, la gauche la plus ultra a passé un accord tacite avec la droite la plus conservatrice pour rejeter cette thèse. Le motif apparent étant celui que la République toute entière s’appuie sur le système de milice. La réalité est que cette alliance de la carpe et du lièvre ne visait qu’à faire capoter le projet en raison de sa provenance. C’est fort triste mais c’est ainsi.

Ce système comportait deux volets le premier, vient d’être développé. Le second étant qu’il convenait de protéger le retour à l’emploi des membres de la fonction publique qui deviennent députés afin de ne pas leur barrer la route du parlement de façon détournée. Par faute tactique des réfractaires au progrès, cette thèse a été votée hier mais seule.

La gauche, par la voix de ses ténors, présents comme dépassés, à crié au loup alors que le résultat obtenu est entièrement de leur faute. Comme toujours dans ces rangs-là, on commet des bourdes politiques magistrales et, incapable d’en assumer la responsabilité , on cherche à faire porter le chapeau aux autres en les accusant des pires vilenies.

Il n’a jamais été dans notre intention de barrer la route de la députation aux fonctionnaires. Tout au contraire notre système était très incitatif puisqu’il leur garantissait le retour à la fonction publique au terme de leur mandat électif.

Tous ceux qui affirment le contraire sont d’une mauvaise foi crasse.

Le second volet visait à mettre un peu d’ordre dans le financement des partis politiques. Aujourd’hui on pratique les rétrocessions ce qui n’est pas admissible ni transparent. Pas admissible car cela réduit encore le revenu du « fantassin député » et pas transparent car la part ristournée n’est pas identique pour tous. De plus ce revenu est franc d’impôts ce qui constitue une grave inégalité en faveur de ceux-là même qui fixent le barème fiscal ! Nous avions donc une double question d’éthique politique à résoudre.

Notre thèse permettait en tout cas d’éclaircir la situation de l’impôt, le privilège sautant avec l’instauration d’un salaire, soumis aux charges et cotisations usuelles. Il résolvait en partie la question du financement des formations politiques par les jetons de présence puisqu’ils disparaissaient.

Malgré ces avancées, certes imparfaites et à retravailler en Commission, les Verts ont préféré ne pas entrer dans le jeu alors même que c’est l’un de leurs chevaux de bataille. La provenance de la solution proposée est, là aussi, pour beaucoup dans le résultat. C’est encore plus regrettable de la part de gens qui veulent sans cesse « moraliser » la politique !

Espérons, vu que la situation à laquelle ces errements ont conduit est tellement mauvaise, que les partis qui aiment à se targuer d’être progressistes reviennent autour de la table et que nos thèses, même revues, passent la rampe pour le plus grand bien de tous, à commencer par la République.

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