03/10/2010

LES SOCIALISTES ET L’UNILATERALE

Voilà bientôt deux ans que je côtoie l’élite que le PS a déléguée aux travaux de la Constituante et je suis frappé du dogmatisme collectif dont cette formation fait preuve en plénière alors qu’en Commission, du moins celles dans lesquelles je siège soit en permanence soit en remplacement, les personnes font preuve, individuellement, d’une ouverture d’esprit et de dialogue des plus passionnante.


Plusieurs exemples me viennent à l’esprit. Le premier est l’obsolescence du vocable de « milicien » lorsqu’il s’agit de définir l’activité des députés. Nous avons, à plusieurs reprises, discuté d’une rémunération mensuelle juste et proportionnelle au travail réel que nécessite cette activité. J’avais l’impression que cette vision moderne passait dans les rangs serrés du lobby de la fonction publique, je m’en étais réjouis. Malheureusement, en plénière j’ai dû déchanter puisque cette idée, qui aurait du même coup mis fin à une autre anomalie démocratique qui consiste à financer les partis politiques de manière occulte tout en défiscalisant ces encaissements, a été retoquée par un PS allié à ce que la gauche contient de plus fermé. Ma surprise est principalement due au fait que la gauche a constitué un bloc sans nuance alors même que cette proposition allait pleinement dans le sens de plus de transparence des partis politique et plus de reconnaissance de l’important travail des députés.

Le second est lié au premier puisqu’il s’agissait de réserver un traitement de faveur à la fonction publique dont les membres élus au parlement avaient la garantie de retrouver un emploi à la fin de leur mandat. Le conservatisme du PS a permis au PDC de placer un amendement, sans que nous participions au vote, qui vide ce mécanisme de son sens et qui aujourd’hui est abusivement considéré comme une attaque frontale contre la fonction publique alors que notre objectif était de la favoriser !

Le dernier est la totale mauvaise foi du chef de file de PS qui s’immisce dans nos travaux et se répand dans la presse locale en annonçant la dissolution de notre Assemblée au motif qu’elle ne suit pas ses ukases. En fait nous redonnons la parole au Peuple sur une question fondamentale et c’est un crime de lèse majesté pour le Sieur Longet !

Le pauvre ferait bien de brancher son sonotone et d’écouter attentivement les débats de la Constituante avant de partir en guerre contre un moulin fantasmagorique.

Aucun groupe de l’Assemblée ne veut réintroduire le nucléaire à Genève et le vote intervenu jeudi dernier ne le permet d’ailleurs pas. Tout au contraire, fidèles à la démocratie qui a cours à Genève, nous avons voulu remettre le premier concerné au centre des décisions et instaurant le référendum obligatoire sur tous sujets touchant cette question.

Mais il est vrai que cette gauche-là, si elle aime s’appuyer sur le Peuple pour atteindre le pouvoir elle s’assoit dessus lorsqu’il lui a permis d’atteindre ses objectifs et le musèle volontiers !

En réalité, cette gauche-là est aussi démocrate et ouverte d’esprit que les religieux de l’Islam qui, au milieu du XIVe siècle, ont décrété que le Coran ne s’interpréterait plus, ce qui a, ipso facto conduit cette grande culture au déclin pour la confiner aux mains d’esprits fermés et d’une rare violence.

Si c’est le même déclin que visent les pontes de ces partis, libres à eux, nous ne nous en plaindront pas. En revanche si c’est pour entrainer notre démocratie vers la violence, nous nous y opposerons avec vigueur.

Je constate simplement que pour la gauche qui siège à l’Assemblée une bonne Constitution doit être celle qui pose le plus d’interdits possible (les discours de la dernière plénière étaient révélateurs de ce point de vue) et qui maintient une vision de la société aussi proche que possible de celle de la première moitié du XIXe.

En résumé, cette gauche-là regarde notre avenir dans un rétroviseur .

Ce n’est pas notre objectif. Notre très petite formation se doit de rechercher, en permanence, des alliés qui sont prêts, comme nous, à poser Genève sur les rails du XXIe siècle. C’est à dire en regardant aussi loin que possible devant nous tout en veillant à ce que le Peuple reste toujours aux commandes.

Au terme de ce billet, je crois comprendre d’où viennent les blocages de cette gauche-là. A force de s’habituer au caviar ils se sont éloignés des plats rustiques et simples qu’aiment les gens du Peuple, aujourd’hui leur cuisine politique c’est l’unilatérale !

23:58 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

l'erreur a été de mettre d'emblée les debats de la constituante sur la place publique. les citoyens genevois devront voter sur un texte complet. on veut déjà qu'il vote sur des alineas. par ailleurs le manque de respect de l'opinion publique par certains Constituants est choquant. Pour ne pas dire plus.
Laissons travailler en paix ceux qui doivent créer un texte en leur rappelant que les constitutions les plus courtes sont les meilleures et qu'une constitution ne doit devenir une super-loi.

Écrit par : jean-marie layaj | 12/10/2010

Les commentaires sont fermés.