20/12/2011

fin de premiere lecture et bilan

Nous sommes parvenus au terme de notre première lecture. Cela ne veut nullement dire que nous sommes arrivés à bon port. Loin de là, bien du cabotage politique sera encore nécessaire pour parvenir à un texte qui soit acceptable pour notre formation, au sens large.

Nous nous plaisons toutefois à souligner que des avancées sont encourageantes. Grandiloquantes mais autrement plus efficaces car elle trouvent désormais un écho puissant dans les tâches de l’Etat. Contrairement aux amateurs d’antiquités constitutionnelles, nous entendons moderniser le texte pour qu’il corresponde aux besoins de la société vers laquelle nous allons et non pas à celle dont nous venons qui, d’ici peu, ne sera qu’un souvenir.


Que cette nouvelle société nous plaise ou non étant une toute autre question qu’il ne nous appartient pas de trancher, si ce n’est en dessinant les contours d’une République qui ne soit pas seulement un super marché des droits et des subventions mais aussi lieu de devoirs citoyens.

A ce titre nous estimons encore trop timides les affirmations sur l’intégration des populations étrangères d’une part et les défavoriés d’autre part. Nous nous sommes penchés avec une minutie d’horlogers sur les efforts qui seront demandés aux Genevois à l’égard des étrangers mais nous avons été nettement plus disères sur ce que nous attendons d’eux pour qu’ensemble nous puissions construire une république respectueuse des différences de chacun. L’harmonie n’a jamais été un monologue mais un dialogue et il conviendra que ceux qui estiment sans discontinuer que les riches méritent le gibet et les pauvres le paradis comprennent qu'une fois qu'il n'y a plus de riches tout le monde est pauvre. En parallèle, ceux qui ont la chance d'être des nantis doivent comprendre que tout le monde a droit à des chances égales et que, par exemple, le soutien aux jeunes en formation, disposant de peu de moyens, est l’une des très grandes priorités de notre projet.

Une société qui n’est pas capable d’assurer à sa jeuness des conditions de formation et d’études dignes de ce nom n’a que très peu de chance de survie dans le monde technologiue dans lequel nous entrons. Au même titre qu’il ne suffira pas de tendre la main pour qu’elle recoive à manger, il ne sera plus possible de regarder le monde du travail avec distance et mépris.

En l’état actuel de nos travaux, la tâche la plus importante est, sans doute, de simplifier ce verbiage souvent aussi hermétique qu’abscon, sans parler des redites qui donnent parfois l’impression que cette constitution est destinée à des idiots qui ne comprennent rien à rien ce qui contraidrait le constituant que nous sommes à répéter sans cesse les mêmes choses.

Mais pour parvenir à un résultat satisfaisant il est peut-être nécessaire de passer par l’exercice qui s’achève aujourd’hui. Pour tendre à une constitution qui ne soit pas un catalogue que tout le monde redoute, il faut avoir un projet, un dessein qui montre la direction.

C’est le point auquel nous sommes parvenu.

Il nous semble important de rappeler que les majorités qui se sont dessinées au cours de ces travaux ne forment pas la majorité du Peuple. Il n’est pourtant pas dans nos intentions de faire comme ceux qui prennent sans cesse le peuple en otage, sorte de bouclier citoyens pour installer le chantage du front du refus.

Tout au long de ces travaux notre groupe à toujours œuvré pour trouver des solutions qui permettent d’avancer quitte à faire ces concessions importantes. C’est pourquoi nous tenons à remercier très sincèrement les groupes qui ont, eux aussi, travaillé à post poser certaines illusions dans la comptabilité des leurs désirs les plus fous.

Un autre danger nous guette désormais, celui de la force centrifuge des partis gouvernementaux.

Jusqu’ici nous avons pu travailler avec eux dans un bon esprit et ils doivent veiller, puisque contrairement à ce que certains veulent faire accroire, ce sont eux qui tiennent largement la majorité de cette Constituante, à ce que les deux lectures à venir et les modifications qu’elles nécessitent ne soient pas, comme on le voit très souvent dans la conduite de la République un jeu de cache-cache dans lequel seuls les gouvernants s’y retrouveraient.

Nous voulons ici prendre pour exemple la gouvernance des entités de droit public, tous régimes confondus. Le parlement a montré ces derniers jours que les libéraux savent verdir et les verts se libéraliser lorsqu’il s’agit d’orchestrer la gouvernance des entités publiques « entre amis ». Nous tenons à leur dire, en toute amitié bien entendu, que nous ne pourrons pas être d’accord et que dans notre système les super managers à la française n’ont pas de place. L’argument de la compétence est indigeste et plus proche de la flatulence que du bon sens.

Lorsque ses avoirs sont concernés, aucun Peuple ne se rallie à ses chefs lorsqu’ils ploient, mais toujours lorsqu’ils savent résister. C’est donc bien de résistance qu’il s’agit ici de notre part et nous tiendrons bon car nous ne pouvons accepter que pour certains, seuls leurs amis seraient compétents et le peuple idiot. Ceux-là doivent se souvenir qu’en démocratie le Peuple tient le plus puissante des armes, le bulletin de vote et il a déjà dit avec force qu’il entend avoir son mot à dire dans ces entités.

Nous invitons les partis gouvernementaux à ne pas tenter de trouver des accords « entre amis » car ils risqueraient fort de se retrouver bien isolés lorsque viendra le moment de soumettre notre projet au seul Souverain de Genève son Peuple.

Il y aura déjà assez à faire avec ceux qui, renouant avec leurs traditions politiques savonnent la planche et ceux qui, confortablement installés en bourgeois qu’ils son au fond, sont aux commandes de la scierie pour couper l’arbre de nos racines.

C’est pourquoi nous appelons de nos vœux un nouveau round de négociations comme celui de l’été en émettant un souhait, celui de n’y inviter que ceux qui ont une réelle volonté de conduire ce projet au succès.

Notre temps est trop compté pour pouvoir se payer le luxe d’inviter autour de la table des groupes qui sont en campagne électorale pour un terme plus lointain.

Si nous insistons sur ce point c’est que les bruissements de couloirs nous laissent à penser qu’une volonté de discuter bilatéralement pour trouver des majorités aussi fluctuantes que périlleuses anime divers groupes.

Une fois encore, nous sommes de très bonne volonté et nous ferons le maximum pour proposer une constitution moderne, large en droits, précise en devoir et concise en taille, mais nous ne laisserons pas les gouvernants se tailler la part du lion, et nous leur rappelons que si ce projet ne comporte pas ces critères, il sera comme le lion malade qui reçoit des coups de pieds de l’âne et il en recevra même de ceux qui l’ont soutenu !

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