12/01/2012

CONSTITUANTE : LES SOLDES DIVERS ONT COMMENCE

Ayant appris énormément aux côté d’Eric Stauffer en matière d’exercice de la politique, j’ai rapidement eu le pressentiment, dans le dernier quart de la première lecture, que les accords entre « amis  gouvernementaux » risquaient fort de prendre le dessus sur la rigueur de raisonnement et la fidélité aux engagements. Celles et ceux qui ont lu mon avant dernier blog sur le sujet savent de quoi il en retourne.


La justesse de l’enseignement  à propos des mœurs de la politique politicienne genevoise que m’a offert le contact avec le bouillant député ne c’est pas seulement avéré exact mais en dessous de la réalité. Je sais désormais que tous ceux qui ne se sont pas frottés à l’exercice et qui, comme moi, sont des analystes politiques, ne peuvent qu’avoir de fausses idées.

 

Ainsi tout au long des travaux de Commissions et tout au long des travaux de plénière, le groupe MCG a travaillé d’arrache pied pour que les principes d’une société ouverte mais responsable, solidaire mais fondée sur la responsabilité individuelle première, accueillante sans devenir un supermarché dans lequel il suffit de se servir sans avoir à servir, tout ce travail avec les résultats déjà très moyens qui ont été obtenus a été soldé. Soldé par une sorte de quarteron qui, comme celui d’Alger, a cru pouvoir s’autoproclamer seul maître à bord et a conduit des manœuvres aussi secrètes que celles entre l’oncle Adolphe et le père du peuple, chacun espérant duper l’autre. Comme dans ce funeste exemple, la droite  naïve est particulièrement mal armée pour affronter les rigueurs non pas de l’hiver, mais des raisonnements alambiqués de quelques torturés du raisonnement juridico-politique.

Certes le groupe MCG n’est composé que de quatre membres mais ce contenter de ce trompe l’œil constituerait une faute politique majeure si les soldes acceptés « entre amis » devaient persister et, au final, c’est bien le résultat de quatre années de travaux qui sera rjeté, impropre à la consommation, même modérée.

A titre d’exemple l’éligibilité des étrangers ne saurait être proposée autrement que par le biais d’une disposition transitoire, à défaut par une variante. Le Peuple s’étant prononcé négativement sur cette question il n’est pas pensable de lui imposer par la fenêtre ce qu’il a mis à la porte. Ceux qui glosent sans discontinuer sur la question de la démocratie sont les plus mal venus pour procéder de façon aussi scélérate.

L’autre exemple est le retour à la règle de l’imposition au lieu de domicile, commune à toute l’Europe et à la Suisse, que contestent les partis qui, bien entendu, ont peur de voir leur échapper une manne qu’ils collectent sans état d’âme et dépensent éhontément sans la moindre gêne.

Je n’y ajoute pas le reste de cette liste d’articles soldés qui ont tous, comme c’est de coutume en pareille période, un beau point rouge, afin de mieux marquer l’importance du rabais accordé.

Nous rappelons une nouvelle fois à ceux avec lesquels nous avons fait route jusqu’ici que l’accord final du MCG au projet dépendra du respect rigoureux des raisons qui nous ont conduits à travailler avec eux. Toute forme de contournement, en particulier par la gauche, mettra en marche, de manière inexorable, la force mobilisatrice du MCG dont j’espère qu’il ont intégré la puissance par les défaites que nous leur avons imposées.

A bon entendeur……

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Commentaires

Certes 52% du peuple genevois a refusé l'éligibilité des étrangers au niveau communal il y a 7 ans. Mais il suffit de lire le petit historique ci-dessous pour se rendre compte que la reprise de cette proposition dans notre projet de constitution ne ferait que mettre quelque peu à jour notre canton par rapport à la situation existante dans la plupart des autres cantons romands.

1850: Le canton de Neuchâtel accorde le droit de vote des étrangers sur le plan communal.
1978: Le canton du Jura accorde, lors de sa création, le droit de vote et d’éligibilité des étrangers sur le plan communal et le droit de vote au niveau cantonal.
2000: Le canton de Neuchâtel accorde le droit de vote des étrangers sur le plan cantonal.
2003: Le canton de Vaud accorde le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers en matière communale, dans le cadre de la révision totale de sa constitution.
2005: Le canton de Fribourg accorde le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers en matière communale, dans le cadre de la révision totale de sa constitution.

Par ailleurs faut-il rappeler que le droit d'éligibilité ne signifie pas un droit automatique d'être élu et je ne comprends pas ce que craignent un certain nombre de nos concitoyens, y compris dans le cadre du MCG. En effet, pour qu'une personne étrangère puisse se présenter à des élections cantonales, elle devra au minimum séjourner en Suisse depuis 8 ans et déjà en principe être soutenue par un groupement ou un parti. Pour avoir une petite chance d'être élue elle devra déjà avoir la confiance des électeurs et des électrices.Ce ne sera donc pas possible sans être déjà bien intégrée dans sa commune, connue de sociétés locales et être reconnue comme une personne apte à participer à la gestion des affaires communales. Sans parler d'une bonne maîtrise de la langue française pour communiquer. De toute manière le peuple restera souverain puisque ce sera à lui de décider si cette personne sera élue ou non !

Si je suis attaché à cette possibilité minimum, c'est que j'ai connu de nombreuses personnes d'origine étrangère qui auraient pu apporter dans des conseils municipaux leurs idées et leurs réflexions dans des domaines de compétence fort divers, y compris sur la question de l'intégration, et qui, vu l'extrême longueur des procédures de naturalisation dans notre pays, ont dû attendre 15 à 20 ans pour pouvoir se présenter. Cela suffit à démotiver bien des gens et c'est regrettable.

Il s'agirait là d'un compromis acceptable puisqu'au départ plusieurs groupes auraient voulu que nous nous alignions au moins sur le canton de Neuchâtel en octroyant le droit de vote aux personnes d'origine étrangère séjournant en Suisse depuis plus de 8 ans et que d'autres proposaient même de réduire cette durée à 5 ans.

Écrit par : Maurice Gardiol | 13/01/2012

Cher Maurice,
Vous qui êtes respectueux de la volonté exprimée par le Peuple, or le Peuple a dit NON à l'éligibilité des étrangers, quel que soit le niveau. La position de notre groupe est de poser séparément cette question au Souverain à ce sujet. C'est pourquoi nous avons soutenu l'idée d'une consultation séparée à ce sujet. Contrairement à votre formation, nous avons accepté de réouvrir la discussion sur une sujet qui est très sensible.

Écrit par : patrick dimier | 13/01/2012

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