09/07/2013

Souverainisme et indépendance une paire indissociable

 

Depuis quelques jours un débat s’est ouvert dans la blogosphère TdG à propos de la souveraineté.

Quelques propos, provenant soit d’auteurs peu expérimentés dans le domaine, soit de supranationalistes  qui tentent de faire accroire que dans le voisinage immédiat il n’y a plus de place pour une souveraineté affirmée et assumée, la tonalité générale dessine les contours de la compréhension moderne de ce terme à la fois simple et complexe.


 

La souveraineté c’est simple lorsqu’on la confine à l’espace géographique  stricto sensu.

C’est plus complexe lorsqu’elle recouvre plusieurs notions, dont notamment les dimensions culturelles et de justice.

Si la souveraineté n’exprime que le territoire, les frontières matérielles de l’Etat en délimitent aisément la portée. Peu de questions compliquées viennent envenimer le débat si ce n’est que parfois l’histoire donne un territoire à A alors que depuis des temps immémoriaux, il était sous l’emprise de B.

C’est le cas du moyen-Orient où les anglais ont eu recours à la règle et au fil à plomb pour dessiner des frontières  au lieu du bon sens. Ils n’étaient guidés que par les seules raisons économiques, selon leurs bonnes vieilles habitudes. Il s’en suit une guerre larvée qui dure depuis ce charcutage et ce déni de….. souveraineté des populations qui étaient installées là depuis plus longtemps que n’existe le trône d’Angleterre lui-même !

La France n’a pas procédé bien différemment lorsqu’il s’est agit de décoloniser son empire. On connait les effets de cette politique, très éloignée des concepts de Lyautey, nettement plus respectueux des traditions et des peuples sous sa gouvernance. A tel point que les autorités marocaines lui firent des obsèques nationales en remerciement de ce qu’il avait fait pour l’unité marocaine.

On constate donc bien que la territorialité est la donne centrale de la souveraineté, ancienne comme moderne, tant il est vrai qu’à part quelques originaux cette souveraineté-là n’est pas remise en question de façon sérieuse.

Pour ce qui est de la souveraineté culturelle, on peut dire sans risque de se tromper, que ça se corse plutôt !

Il suffit d’observer, dans les deux pays cités plus hauts, les dérives communautaristes auxquelles ils sont soumis pour comprendre que la souveraineté dans ce domaine est, au moins un point de friction, au pire une pierre d’achoppement que les protagonistes se lancent volontiers à la tête.

L’exercice de la souveraineté en pareille situation est la manifestation, par les citoyens et citoyennes du lieu, des limites qu’ils entendent poser à ladite expansion.

De façon claire, le vote sur les minarets est l’expression type de ce genre de manifestation.

Les pays qui ne posent pas clairement ces limites se trouvent confrontés à des manifestations qui, tôt ou tard, risquent fort d’être la mèche à des guerres civiles, pour ne pas dire des guerres de religion.

On peut ne pas apprécier la méthode suisse, toujours est-il qu’elle a non seulement mis un terme à des dérives communautaristes mais surtout elle est permis d’affirmer de façon compréhensible pour tous que, pour nous, la limite était posée.

En cela, la Suisse exprime par les urnes, seul juge possible, la souveraineté du Peuple sur son territoire.

Vient maintenant la question de la souveraineté juridique. Même si cela déplait à certains, la Suisse puise sa source sur cet élément. L’indépendance et l’autonomie du juge constitue pour les suisses un pilier de la souveraineté de leur pays, à défaut de nation.

L’équipée sauvage de Mme Widmer-Schlumpf aux côtés des raiders de la bahnhofstrasse était, de ce point de vue plus proche de la trahison que de la charge héroïque de la cavalerie légère.

Au même titre, les avancées très osées pour ne pas dire inconsidérées du Secrétaire d’Etat Rouiller dénotent soit un profond mépris pour le Peuple, soit, une fois de plus, la prééminence du monde des affaires sur la démocratie. De cela le Souverain ne veut pas et ne voudras jamais.

A ce titre les partis souverainistes constituent un rempart nécessaire, charge à eux de rester sur le qui-vive et lancer soit des alertes à la Snowden lorsque les coups sont fourrés, soit des initiatives et de référendums pour permettre au Souverain de s’exprimer en dernier ressort.  

Il est plutôt curieux de voir certains « penseurs » de gauche venir grossir les rangs du capitalisme triomphant au montage de ces stratagèmes peu reluisants.

Ce faisant ils confirment la justesse de vue de Napoléon 1er qui disait « les peuples supportent toutes les chaînes à condition qu’elles soient en or ».

C’est donc bien le mercantilisme qui seul peut affirmer que ce qui est bon pour un hidalgo andalou l’est autant pour un chasseur sami du cercle polaire. Nous sommes ici dans le dogme pur et non plus dans la réalité matérielle.

C’est à ce titre que la Suisse ne peut pas adhérer à l’UE. Celle-ci n’est pas une démocratie mais un foutoir dont l’administration mène la danse.

En anglais on dit « the tail drives the dog » et c’est exactement cela.

La Suisse doit donc à la fois préserver son indépendance et sa Souveraineté. Se sont les deux faces d’une seule et même pièce. Sans ces éléments ce pays n’a, en réalité que très peu de chance de survie car les tensions extérieures le déchireront de l’intérieur.

L’issue pourrait être toute différente si l’UE redevenait réaliste et se muait en système fédéral. La pensée originelle de l’Europe, celle de De Rougemont est la seule qui fera de ce continent autre chose qu’un chantier permanent gouverné par les allemands pendant que les français orchestrent les grèves pour bloquer le processus.

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Commentaires

serais-je donc parmi les seuls à être si naïf
à croire en la souveraineté suisse basée sur sa constitution
constitution elle-même garante de la justiciabilité de ses institutions qui s'y fondent et en découlent

souveraineté que toutes diplomaties reconnaissent à tous pays siégeant à l'ONU par exemple

a-t-on vu le UK nier sa royale souveraineté dernièrement?

Écrit par : Pierre à feu | 09/07/2013

@Pierre à feu: Vous avez raison à propos du UK, il y a même pire, le UK est prêt à toute alliance pour assurer le flux de ses business. Prism en est une bel exemple.

Sur le fond je pense que notre hôte voit assez juste.

J'ai une question pour lui, comment voit-il les relations de Genève avec sa voisine? est-il dans la mouvance du MCG, ultra conservatrice?

Écrit par : simon durant | 09/07/2013

M. Barbey pense tout-à-fait autrement:
Et il est saint dans une démocratie qu’une pluralité d’opinions puisse persister et s’exprimer pleinement. Ils peuvent bien se mettre en meute comme des charognards affamés dès lors qu’on s’en prend à leur déesse Souveraineté, mais qu’ils comprennent bien une chose: ils ne pourront jamais nous interdire de ne pas partager leur avis. Même s’il devait s’avérer correct. Alors le politiquement correct souverainiste, basta!

il confond tout ce jeune homme. La diversité de pensée est totalement étrangère à la notion de territoire et de souveraineté.

Votre point de vue, si j'ai bien compris, veut dire que la souverainté c'est surtout le respect de pouvoir penser différament des autres comme pays et pas come individuel.

Ce que j'aime en Suisse c'est justment qu'on a gardé une façon bien différent de penser et c'est pour ca qu'on est bien en Suisse.

Le Portugal va si mal aujourd'hui parce qu'il a été noyé par l'argent de Bruxelles pour tout et n'importe quoi. On a gaspilé l'argent public et on a pas fait attention au futur. Aujourd'hui on paie le gros prix pour ces erreurs.

L'Europe devrait regarder la Suisse avec respect et pas en jalousie et ne parlere que d'impots. La Suisse n'est pas du tout un paradis fiscal, bien au contraire. La différence est qu'en Suisse on fait attention au budget et on respecte les gens qui paient beaucoup d'impots, c'est normal. C'est aussi pour ca que ces gens s'enfouient de l'europe et viennent en Suisse.

Je trouve juste votre position et monsieur Barbey il a tort parce que vous êtes pour la liberté de penser différament comme Etat c'est donc aussi valable pour les gens.

Bravo aussi comme député MCG que vous défendez les gens qui vivent à Genève c'est normal de nous défendre come vous faites, merci de continuer.

Écrit par : josé ribeiro | 10/07/2013

C'est évidement mieux écrit qu'un slogan sur les glaces des TPG mais c'est la même prose ,d'essence "pas celle des TPG " xénophobe et nationaliste soit le Parti de Monsieur Dimier le MCG .
Qui vit au delà des frontières du Genevois, des Français "forcément" frontaliers et de plus en plus de citoyens Suisses bénéficiant eux de la préférence cantonale.
Alor nul besoin de se plonger dans l'historicité des frontières pour justifier une attitude réactionnaire et conservatrice.
Qui va construire les Stauffer Tower à Onex ?"Berda un gnome mondialisé atterri à Genève par les bienfaits de l'internationalisation de la finance" les faits sont têtus les faits et uniquement les faits comme dirait Hanna Arendt.

Écrit par : briand | 10/07/2013

@ José Ribeiro

Grégoire Barbey est un gamin qui soit-disant "réfléchi" par lui-même.
Tout en oubliant de préciser que son idole et maître à penser est un PDC, Luc Barthassat.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 14/07/2013

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