11/11/2013

APRES LA VICTOIRE LA RESPONSABILITE

Hier soir le MCG a ajouté une étape de plus dans sa progression fulgurante depuis 2005 et une nouvelle page à l'histoire genevoise.

Cette nouvelle très réjouissante n'en annonce pas moins un changement de posture politique. Moins sur le fond que sur la forme.


Jusqu'à présent le MCG a uniquement été considéré comme un trublion de la République. Il faut dire que les lièvres soulevés impliquaient l'ensemble de ses adversaires et plus particulièrement ceux qui s'acharnent encore et toujours à le positionner à l’extrême droite.

Il faut dire que cette méthode à l'avantage d'éviter de se poser les questions de fond sur les dérives dénoncées par le nouveau venu et empêcheur de ronronner en catimini.

En persistant à rester dans cette posture, les adversaires du MCG voient toutefois leur crédibilité s’effriter, à l'image de René Longet dans l'affaire des SIG où sa propre responsabilité pourrait bien être engagée ou de l'inénarrable François Chérix qui nous a livré l'exacte mesure de ses limites dans le débat livré à chaud hier soir sur RTS.

D'un autre côté, cette victoire ne doit surtout pas laisser penser aux élus du MCG que la messe est dite et qu'il suffit désormais de faire comme les autres, surfer sur la vague électorale pour que ça rigole. Le superbe travail, acharné, de son seul élu dans un Exécutif prouve que rien n'est jamais acquis.

La participation à un gouvernement pose plus de problème qu'elle n'apporte de réjouissance, en particulier lorsqu'on est ultra minoritaire ce qui est le cas de Mauro Poggia.

Certes l'homme a le cuir épais, il l'a redit hier, certes c'est un infatigable combattant d'une rare pugnacité. Il n'en demeure pas moins que cette législature sera, pour lui comme pour la députation, un exercice de tous les dangers.

Les Genevois ont montré ce dimanche qu'ils s'inscrivent volontiers dans le mouvement des révolutions bourgeoises qui, bien que plus feutrées, n'en sont pas moins cruelles pour celles et ceux qui ne les ont pas servi avec la fidélité et le respect dus au Souverain.

 Il va donc falloir, en permanence, faire de l’équilibrisme  politique.

Si le président d'honneur excelle dans cet exercice, ce n'est pas donné à tout le monde. Envoyer des invectives comme celles que l'on entend trop souvent en ville de Genève vont rapidement montrer leur limites et tout aussi rapidement mettre "notre ministre" en grande précarité.

Le système suisse accepte volontiers les coups de colère, il est même si puissant qu'il n'hésite pas à les intégrer.

En revanche le Peuple déteste l'insolence et l'approximation lorsqu'il s'agit de conduire l'Etat et il a raison.

D'ailleurs si le conseil fédéral ne bénéficiait pas du puissant amortisseur de l'élection indirecte, il ne fait aucun doute qu'il n'aurait pas le profil pâlichon qui est le sien actuellement.

En conclusion, la victoire d'hier est à savourer sans retenue car elle pourrait très rapidement se transformer en ciguë si elle n'a pas sonné la fin de récréation pour une partie de ses élus qui confondent trop souvent le parlement et une cour de récréation.

Heureusement il y a parmi les nouveaux venus des personnalités très responsables et désireuses de réussir ce mélange, quasiment alchimique, entre dénonciation des dérives, véritable marque de fabrique du Mouvement, et composition dynamique avec une ministre qui sera d'autant plus fort que ses collègues sauront qu'il sait se faire entendre du chaudron MCG. C'est ce que nous pouvons tous lui souhaiter pour le bien de Genève.

 

 

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Commentaires

Cher Monsieur,
Avec une telle analyse je comprends que ce soit dans votre propre parti que vous avez été combattu.
Nul n'est prophète en son pays dit le proverbe. Et pourtant votre blog reflète parfaitement la situation à laquelle le MCG va faire face et j'espère que votre propos sera relayé à l'interne.

La prestation de la députation ville de Genève est juste une catastrophe et je pense que la direction du parti serait bien inspirée d'y faire le ménage et à tout le moins ne pas représenter de tels énergumènes.

On espère seulement que vous siégerez bientôt au Gd Conseil histoire de relever un peu le niveau, même si certaines arrivées sont très prometteuses.

Pourquoi n'envoyez-vous pas M. Cerutti à Berne, là au moins.....

Écrit par : G Dubouloz | 11/11/2013

J'ai surtout l'impression que le MCG est un repère de cumulards qui viennent d'autres partis avec lesquels il n'y a aucune affinité politique. Qu'ils soient ex-PDC, Ex-PS, Ex-Verts ou encore Ex-Libéraux.

Je ne suis pas certain que de tels personnages soient plus honnêtes ici qu'ils ne l'étaient avant dans leurs anciens partis.

Cet afflux de frontaliers politiques est curieux de la part de ce parti pourtant très scrupuleux ailleurs!

Écrit par : Gilles Liéron | 12/11/2013

Mister G. Dubouloz, ne parlez pas s.v.p. de ce que vous ne connaissez pas !

Écrit par : Thierry | 12/11/2013

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