27/11/2013

BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN (shakespeare)

Les derniers mois du gouvernement sortant, le premier tour et la campagne de l'entre deux tours nous portaient à croire que les survivants de la législature 2009-2013 auraient capté le message du Souverain.

Ce soir, le seul maintien de la chancelière donne la tonalité. L'Entente, sur-représentée à l'Exécutif, fait la loi. Il est vrai qu'elle est aussi devenue, par les jeux électoraux, le bailli de la gauche caviar qui a sauvé les apparences grâce à ses apports de votes. Les biffages internes des marionnettistes ont achevé la sale besogne.


J'ai toujours pensé qu'après le naufrage de la législature agonisante, il faudrait une trio fort pour reprendre la barre de la barque Genève. De ce point de vue je ne suis bien évidemment pas déçu puisque ce trio est là et bien là. Il maîtrise la présidence, la sécurité et les finances.

C'est dans le casting qu'il  y a un couac. La présidence, que la constituante n'ai jamais voulue comme un poste de pré retraite donné en paquet cadeau à celui qui n'a plus d'enjeu politique mais comme un poste dynamique qui insuffle au collège un vent frais de jeunesse. Au lieu de ça nous avons un coupeur de rubans en chef et un surintendant chargé de l'agenda. Le département ajouté est une décoration en trompe l’œil.

Pour ce qui est du reste, donner l'avenir du bâti à un élu qui ne sait vraisemblablement même pas comment on monte un mur relève du gag. Sauf que Genève est à une croisée des chemins avec des projets titanesques à mettre en route et des logements à réaliser à un rythme cadencé. Certes, venant du pays du tango, notre nouveau ministre peut nous surprendre. Son historique politique est en revanche nettement plus inquiétant et nous devons redouter qu'il soit plutôt amateur du quadrille du lancier (un pas à droite, un en arrière, un à gauche, un avant) dont la particularité est de donner l'illusion qu'on bouge mais dont le résultat est qu'on n'a pas avancé!

Le seul point positif, on lui confie aussi, par délégation, l'éolien. Il pourra ainsi brasser de l'air pour un prix exorbitant mais sans résultat probant.

La plus belle erreur est certainement de laisser le DIP au PS. Le constat de l'école actuelle, dans la plus pure tradition de la gauche "caviar-petits jobs bien payés" a trouvé le moyen d'extraire les directeurs du terrain. Certainement pour mieux préparer nos enfants à la glose plutôt qu'à la pratique!

Il eut été autrement plus passionnant d'avoir une répartition totalement nouvelle, iconoclaste pour certains, mais porteuse de changements nécessaires pour la République, du genre:

LONGCHAMP: DIP (avec l'ensemble de la formation, y.c. celles des adultes (droit à une formation continue instauré par la nouvelle constitution)

MAUDET: SECURITE (reduite aux tâches de maintien de l'ordre) + Présidence (Il est le mieux élu)

TORRACINTA: SANTE/EMPLOI/SOCIAL

BARTHASSAT: mobilité, transports (Y.C. services annexes autos/navigation)

DAL BUSCO: Finances/Economie (vu le lien qui va se renforcer entre les deux au cours de cette législature)

HODGERS: Intérieur (communes/votations/agriculture/environnement)

POGGIA: constructions/urbanisme/infrastructures

Là nous aurions eu des ministres  qui ne pouvaient pas ronronner ou se reposer sur des acquis. Aucune rente de situation, tout le monde sur le pont.

Le Peuple a voulu une équipe rajeunie, enrichie par des provenances hétérogènes prometteuses tout en étant homogène par les préoccupations. Il y avait là de quoi surprendre et donner envie. un gouvernement qui ait du panache.

 Au lieu de ça, on la jouée vaudoise: quand on sait ce qu'on sait, qu'on ce qu'on voit et qu'on entend ce qu'on entend, on a bien raison de penser ce qu'on pense!

Le ponpon est le maintien de la chancelière qui doit avoir lu Alain Bombard dans toutes ces œuvres, à commencer par "naufragé volontaire".

Le seul épisode de l'initiative fédérale qui échoue à cause d'elle devait suffire à siffler la fin de la récré.

Malheureusement elle est plus proche de Enver Hodja, indéboulonnable!

Les dés sont jetés, cette répartition appartient au collège et non aux citoyens, dont acte.

Les deux sorties involontaires montrent toutefois que ce sont bien eux les maîtres du jeu et que les petits arrangements de convenance ne résistent pas aux tempêtes électorales.

A Bon entendeur...

 

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Commentaires

Vous oubliez surtout pas que l'Argentine est le pays du boeuf, c'est à dire de beaux taureaux en apparence mais qui n'ont pas de couilles!

Écrit par : Gaucho Marx | 28/11/2013

"Il pourra ainsi brasser de l'air pour un prix exorbitant mais sans résultat probant". Effectivement, il y a de quoi se faire du souci, beaucoup de souci.

Écrit par : jacques joray | 28/11/2013

C'est triste cher Patrick de lire des propos aussi négatifs. Mais comme le dit le dicton : tout ce qui est excessif est dérisoire.

Écrit par : Mario Cavaleri | 29/11/2013

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