29/11/2013

EMERY ET LA POLITIQUE EN TOILE DE FOND

C'est de notoriété publique, je ne suis pas socialiste. Toute aussi publique est ma circonspection de voir arriver à l'Exécutif une gauche bourgeoise qui n'y accède que grâce à l'appui marqué du PLR.

Elle est, de ce fait, l'otage politique des poids lourds du nouveau collège, dont un seul membre ne doit sa place qu'à ses seules forces politiques, sans dette envers l'Entente, miettes mises à part.


La distribution des rôles, je l'ai exprimé, ne me paraissaît pas optimale, précisément en raison du maintien du DIP en mains PS, qui plus est du sérail.

Nous sortons de 12 longues années au cours desquelles le bon peuple avait cru opportun de donner la santé à un médecin. Au terme de ce trop long périple, le ministre sort sans égratignures alors que les citoyens-patients en sortent plutôt malades et surtout délestés de centaines de millions de francs qui leur ont été volés avec la complicité de Berne.

J'étais d'avis que (et pour autant que l'avis des citoyens ait un impact à ce stade), pour remettre l'école d'être en phase avec les besoins réels de l'économie et non ceux des enseignants, de confier cet département clé à un magistrat libre de tout enjeu et sans accointances internes trop pesantes. Dans cette optique, le candidat idéal à ce poste était bien évidemment M. Longchamp.

Malheureusement pour nos enfants, notre économie et nos futurs chômeurs (pour cause de formation lacunaire), c'est l'autre option qui a été choisie. C'est le même cas de figure qu'en 2009 avec la police. Il aura fallu un psychodrame pour que celle-ci retrouve un patron digne de ce nom et une voie claire qui à la fois rassure le corps et les résidents de Genève.

C'est une autre vision qui a prévalu et nous ne pouvons qu'être les spectateurs d'un concert de chaises musicales, en espérant que ce ne soit pas le Peuple qui se retrouve le céans à terre.

Cela dit, un sérieux écueil s'est soudainement profilé sur cette mer d'huile; l'incompatibilité éthique entre la position de doyen de son époux et celle de sa fonction.

Je tiens ici à rendre publiquement hommage au couple Emery-Torracinta qui a scrupuleusement respecté non pas la loi, lacunaire sur ce point, mais les règles de l'éthique.

Cette attitude est peut-être l'annonce d'une conduite politique est n'est pas celle que j'ai imaginée et je n'ai un problème à admettre avoir succombé à un préjugé. Je ne demande qu'à être démenti, non pas par besoin schizophrène, mais pour l'avenir de cet Etat qui est notre bien commun, notre contrat social pour reprendre Rousseau.

Comme pour tous les démocrates de notre République, cette décision est un acte autrement plus fort que le discours creux d'un autre socialiste qui avait promis, urbi et orbi, d'être ordinaire et qui se révèle médiocre.

Merci Monsieur pour la leçon et bonne chance Madame la Conseillère d'Etat.

Cordialement,

Patrick-E. Dimier

 

 

12:58 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

BRAVO et chapeau pour l'élégance de la position. Elle dénote des propos outranciers de l'infâme Menoud et de la vulgarité du groupe MCG en ville de Genève.

Écrit par : Gérard Blanc | 29/11/2013

Cher Mario,

Je ne vois vraiment ce qu'il y a de négatif dans mon texte. Tout au plus suis-je un peu cynique quant aux risques réels de corporatisme.

Pour vous retourner le compliment de votre critique qui l'est, le dicton est: ce qui est excessif est insignifiant.

Écrit par : Patrick Dimier | 29/11/2013

Les commentaires sont fermés.