03/04/2014

LA VALLS(E) ROYAL(E) DES VERTS

Au lendemain du remaniement gouvernemental, pour ne par dire la lessive familiale, il est intéressant de faire un petit tour du Citoyen, même si ce terme n'a plus grande signification dans la Ve république actuelle.

Le premier constat est que le catalo-tessinois a bien compris qu'en matière d'éducation, il vaut mieux s'y prendre en Hamon car bien géré ce ministère pourrait même devenir un point d'orgue (Hammond bien entendu) de son rapprochement avec les jeunes. Très futé!


Cela fait, et vu que les Verts sont sortis "Duflot" pour aller s'échouer dans le marais de l'opposition intérieure, il fallait repenser autant la gestion écologique que la plaie béante que laisse ce pâle passage des écolos aux responsabilités gouvernementales.

On comprend en premier lieu qu'il n'est jamais simple de passer le cap de l'adolescence, en politique comme dans la vie courante. Le mouvement écologiste n'échappe pas à cette règle. Outre le fait qu'il est extrêmement délicat de construire un programme politique complet sur la base d'une thématique aussi diffuse que le concept écologique, il faut, pour qu'il soit crédible, qu'il y ait aux commandes des personnalités soit particulièrement rusées, soit très charismatiques.

Localement, on a pu voir à Genève qu'aussi longtemps que le très roué Cramer tenait le leadership et que le charismatique Hiler lui a emboité le pas grâce à une conjoncture très favorable, les Verts genevois étaient autour de la table gouvernementale avec deux couverts.

Aussitôt que les effets réels de la politique de Bob la ficelle se sont faits sentir, notamment en matière de mobilité, et que sa successeure eut démontré qu'elle n'avait pas d'envergure politique, la sanction du peuple a été sans appel. A l'arrivée de la première étape électorale, elle voisinait la voiture balai.

En France ce phénomène se décuple par la force du système bipartite qui contraint les challengers aux second rôles. Encore faut-il que le résultat leur laisse les miettes nécessaires pour influer la majorité. En 1981, Mitterand a fait la même chose avec les communistes. 4 ans plus tard ils avaient rejoint Lénine au musée Grevin.

Pour tenir la distance dans ce système, fort éloigné de la démocratie et proche de la monarchie, la pratique du compromis est indispensable. Cécile Duflot n'étant pas Talleyrand, il est évident que l'adolescent politique qu'est le mouvement EELV ne pouvait que se casser les dents.

la cohabitation est exigeante en humilité et en modestie, à fortiori avec un premier ministre plus habitué aux banderilles qu'à la ballade romantique sur les chemins de traverse. Dans le choc frontal c'est généralement le taureau qui gagne.

Une fois comprises les raisons de la sortie de Verts, comment expliquer l'arrivée de Dame Royale dans le paysage.

Le point de référence est qu'en choisissant cette forte personnalité, M. Valls passait du marécage de la politique interne au marais poitevin.

Pas plus simple en matière de dédale que l'inexpérimentée Duflot, Dame royale à un énorme atout dans son jeu, elle est rouée aux arcanes du pouvoir de la Ve république.

Si vous y ajoutez quelques secrets d'alcôve, vous aurez vite compris que papi Hollande ne pourra pas dormir bien longtemps.

Plus sérieusement, la mère d'une partie des enfants présidentiels va pouvoir exprimer sa hargne légendaire dans un ministère compliqué à gérer par un politicien classique.

Margaret Tatcher faisant figure d'aimable dame de sacristie à côté de la violence politique dont Ségolène est capable, il ne fait aucun doute que le dossier écologique va fonctionner au turbo(t). Au moins ça ravira la pêcheurs!

Comme la dame nous a montré qu'elle n'a guère de considération pour le nucléus familial, pas de doute qu'elle n'en n'aura aucune pour l'énergie nucléaire qui risque bien d'être atomisée par son passage.

La résultante politique pour le premier ministre est que d'une part il neutralise un courant puissant au sein du PS et dont la figure de proue est S. Royal et que, d'autre part, il contraint discrètement mais sûrement le président à une très grande retenue dans la gestion politique de cette arrivée au sein du gouvernement. A défaut les accusation de népotisme prendront de la consistance et les français n'aiment pas ça.

Si Hollande n'est pas un grand stratège, il a mis à Matignon, peut-être à "l'insu de son plein gré", un taureau dont le maillot à pois sera certes incontournable mais qui, usé au terme du quinquennat n'aura plus de jus.

Ainsi avec son air de pas y toucher, Flamby aura à la fois maitrisé son ex-mégère et le plus ambitieux de ses concurrents.

Pas mal pour un énarque qui, habituellement ne sait pas faire la distinction entre un âne et une mule!

 

 

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Commentaires

Excellent et si vous Monsieur Dimier ainsi que Père Siffleur et Monsieur Oberson pouviez nous concocter des article aussi édulcorés pour les prochaines élections ou votations en Suisse, je suis certaine qu'il y aurait beaucoup plus de citoyens se sentant concernés
Un peu de légereté dans ce monde de politiciens qui pour beaucoup affichent carrément des têtes d'enterrement ne serait vraiment pas de trop
Très belle soirée pour Vous

Écrit par : lovsmeralda | 03/04/2014

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