06/05/2014

LETTRE OUVERTE AUX ENNEMIS INTERIEURS DU PAYS

 

Voilà une bonne décennie, si ce n’est pas d’avantage, que la Suisse pays tranquille et stable est à la fois attaqué par ses principaux rivaux économiques qui ont fini par devenir ses ennemis et par des courants intérieurs qui finissent par se montrer encore plus dangereux. Normal ils s’en prennent au système en le détournant de l’intérieur de sa fonction principale, assurer la stabilité du système.


 

Commençons par les partenaires devenus ennemis. Ils sont de deux ordres. Ceux qui cherchent à conserver un semblant hégémonique alors qu’ils sont clairement entrés dans le déclin. Celui-ci n’est pas qu’économique mais également étique. Le chef de file de cette catégorie sont les Etats-Unis d’Amérique qui pourtant doivent tant aux Suisses qui ont largement contribué à leur construction et à l’édification de leur puissance tant avant 1776 qu’après la chute de 1787 et la renaissance de leur Etat moderne à partir de 1789. N’est-ce pas le genevois Gallatin, alors secrétaire d’Etat au Trésor, qui avait dit au 3e président des Etats-Unis, Jefferson, qu’il fallait avant tout réduire la dette pour garantir l’expansion du nouvel Etat fédéral? Et celui-ci de lui répondre qu’il fallait surtout éviter que le système monétaire ne tombe aux mains des banquiers! Il y a là les indices d’une réelle communauté de pensée entre les américains et nous. C’est d’ailleurs elle qui permettre à la Suisse moderne de naître en 1848. La proximité était telle que l’on appelait nos deux Etats les Républiques sœurs.

Mais les américains appartiennent, qu’ils le veuillent ou non, à l’école de pensée anglaise. Il s’en suit qu’ils ne défendent jamais sincèrement des causes mais toujours farouchement des intérêts.

La vraie rupture entre nos deux systèmes est arrivée avec la chute de mur de Berlin. Pour la Suisse elle a marqué la fin d’un système de jeux d’équilibre dans lequel elle trouvait à la fois son intérêt économique et un rôle d’intermédiation politique inter-blocs.

La Suisse étant un espace naturel de repli pour bien des nouveaux dirigeants de l’ex bloc soviétique, elle a réussi le tour de force, tout en restant neutre, de permettre à la nouvelle Russie de se mettre en ordre de fonctionnement économique. Il va de soi qu’une telle réussite ne pouvait que contrevenir aux intérêts anglo-saxons qui, depuis le milieu du XVIIe, constituent la plus grande puissance financière de la planète. Un empire sur lequel le soleil ne se couche jamais.

C’est à ce moment que le différend financier entre la petite Suisse et le monstre anglo-américain a commencé. Précisons en effet que les anglais ayant perdu tous les bijoux d’une couronne décrépie se sont rabibochés avec leur colonie félonne d’outre atlantique. Toujours au nom du même sacro-saint principe, les intérêts d’abord.

La chute de l’empire stalinien ouvrait de telles perspectives et l’accueil suisse constituant un tel danger, que les anglais ouvrirent des possibilités imbattables aux oligarques et à leurs sociétés. De leur côté, les américains bénéficièrent de trois présidences (Reagan/Bush I/Clinton) bienveillants qui leur garantissaient un monde sans conflit armé leur permettant une expansion financière sans précédent. Comme les flux de ces sociétés transitaient principalement par la place financière londonienne avant de s’investir sur les marchés américains tout allaient bien dans le meilleur des mondes. La Suisse restant un lieu de villégiature financière.

Puis est survenue la catastrophe irakienne dans laquelle les deux compères  Busch II et Blair entrainèrent que les sots européens qui voyaient là une occasion rêvée de relancer leurs industries exsangues, notamment pétrolières et BTP. Dans les plus assoiffés nos voisins d’Outre-Jura.

Outre le fait que cette guerre était bâtie sur un mensonge, elle a en outre causé l’accroissement de la déstabilisation de toute la région avec, pour apogée, le bourbier afghan et la chute de Kadhafi.

Il s’en est suivi une accélération maximale des endettements, un démantèlement accéléré des outils industriels occidentaux et avec eux les secousses monétaires à répétition dont la plus violente aura été la conjonction de la chute de Lehman Bros et la crise des Subprimes.

Cette désintégration du monde financier a notamment eu pour effet de fragiliser les finances publiques des partenaires de la Suisse à tel point qu’ils sont partis en récession.

En bonne gestion, qui dit récession dit réduction des dépenses publiques. Malheureusement pour nous, la majorité de nos voisins avaient pris pour habitude de compenser leurs dérives budgétaires par la planche à billet.

Comme tout rêve, celui s’est terminé brusquement avec la crise de l’€. Du jour au lendemain, le business qui convenait bien et à tout le monde s’est retrouvé décapité et la Suisse, petit Etat souverain et prospère devenait du même coup une victime expiatoire idéale.

Il est vrai aussi qu’il y a eu en Suisse des criminels de haut vol qui se sont mis à l’œuvre et dont personne ne comprend qu’ils n’aient pas été livrés aux autorités des pays dont ils ont violé les lois et dont certains sont même ressortissants. Il eut été plus juste de livrer ces filous que d’oser transmettre les noms de collaborateurs qui n’ont fait que leur travail et en toute légalité dans le pays de leur employeur. C’est le premier d’une série de blâmes à l’endroit du Conseil Fédéral qui s’est montré aussi vil et couard que Pétain face à l’Allemagne nazie. Lorsqu’on dirige un pays, sa première et seule préoccupation est de protéger ses ressortissants, pas de les livrer à l’ennemi.

Au lieu de calmer le jeu, les ennemis intérieurs se sont mis à l’ouvrage pour ronger le pays de l’intérieur, comme des termites. Des personnages politiques sont venus nous dire que la Suisse s’en sortirait car ce que recherchent les clients c’est le savoir faire. Oui pour une infime minorité, non pour une vaste majorité.

C’est ainsi que certains chefs politiques malveillants, relayés par des membres incompétents, ont entamé la dislocation du système qui a fait de la Suisse une vraie puissance économique et financière.

Non contents de cet exploit, ils sont même parvenus à faire de la Suisse un pays juridiquement instable et politiquement dangereux.

A tous ces ennemis intérieurs de la Suisse j’aimerais dire combien les générations futures les maudiront et à tous ceux qui aiment ce pays et veulent voir perdurer sa réussite et sa prospérité qu’il ne faut plus faire confiance à des partis politiques qui vendent le pays et ses habitants à leurs ennemis.

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Commentaires

Arbeit macht Allein, l'histoire de ce pays se confond avec le destin des pays qui nous entoure, "notre" économie a toujours su dans le passé organiser son activité avec des partenaires qui pour un temps se distinguaient des autres ,entrés en récession. par leur taux de croissance exceptionnel
Globalisée l'économie mondiale ne permet plus cette approche stratégique, d'ou la difficulté des investisseurs de se profiler sur des marchés porteurs , sans avoir recours à des subterfuges financiers , frauduleux pour une bonne part et qui influent sur la stabilité et la crédibilité de notre "savoir faire financier."
Plus près de chez moi, une agence de placement a longtemps certifié que sa "main d'œuvre" provenant d'Ukraine se faisait avec l'aval et la garantie "des autorités " du pays concerné, vu la "nature" des institutions délivrant les bons de sortie pour la Rue des Eaux-Vives j'ai des doutes sur notre capacité à distinguer , qui est l'ami de notre meilleur ennemi et vice et versa.

Écrit par : briand | 06/05/2014

Étonnant de voir que le pays de la lutte à la culotte la baisse aussi facilement. Le nombre croissant de femmes au gouvernement n'est peut être pas étranger à ce phénomène.

Écrit par : norbertmaendly | 07/05/2014

"la catastrophe irakienne dans laquelle les deux compères Busch II et Blair entrainèrent que les sots européens qui voyaient là une occasion rêvée de relancer leurs industries exsangues, notamment pétrolières et BTP. Dans les plus assoiffés nos voisins d’Outre-Jura."

Là, vous êtes dans la contre-vérité intégrale, le déni absolu. Vous oubliez le discours de Villepin, et surtout la non-participation française à l'expédition colonialiste façon 19ème siècle du maudit W.

"Outre le fait que cette guerre était bâtie sur un mensonge, elle a en outre causé l’accroissement de la déstabilisation de toute la région"

Et là, vous minimisez complétement. La 2ème guerre du Golfe marquera à jamais la fin de l'hégémonie américaine dans le monde. Les états arabes se sont tourné vers d'autres alliés plus sûrs et moins fantasques, moins évidemment intéressés que les pirates étasuniens...

A part ça, en post-scriptum : "les anglais ouvrirent des possibilités imbattables aux oligarques et à leurs sociétés. De leur côté, les américains bénéficièrent de trois présidences (Reagan/Bush I/Clinton)"
Pourquoi mettez-vous des majuscules aux noms de ces trois présidents et pas à anglais ? Pourquoi une majuscule à Subprime ? Pourquoi une majuscule à Suisse et pas à Anglais ? Vous avouerez que c'est très bizarre...

Cher Géo,
Je vous concède un amalgame malheureux entre "Outre Jura" Golfe2". En appuyant sur la perte d’influence des américains vous auriez peut-être dû mentionner cette très curieuse communauté d'intérêts peu reluisants de la trilogie qu'ils formaient avec Israël et les mollahs. Il est vrai que cet aspect de la question est éloigné du rapport avec nous. Il n'en demeure pas moins que c'est un fait

Sur le reste, vous m'accorderez que les libertés prises avec les majuscules n'ont pas d'importance sauf, bien entendu pour une éventuelle fierté mal placée, ce qui ne peut être votre cas.
Mes excuses pour l'impertinence de l'amalgame et en vous souhaitant bonne convalescence pour les majuscules.
Cordialement P.Dimier

Écrit par : Géo | 07/05/2014

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