23/05/2014

LE GRAND GENEVE EST MORT, TANT MIEUX, VIVE LE PAYS GENEVOIS

Tant le gouvernement que certains responsables politiques s'émeuvent de l'échec des P+R. Je m'en réjouis!

Non au seul motif que le MCG est parti seul à la bataille et l'a gagnée j'y suis habitué, mais parce que cette consultation met un terme à l'errance politique du "Grand Genève". Cette construction virtuelle qui ne peut qu'être sortie de cervelles qui ne connaissent le terroir qu'en théorie et par ces produits les plus enivrants, oublie totalement qu'on ne peut pas forcer des collectivités à coopérer sans que le Souverain, le Peuple, y voit quelque intérêt.

Il ne fallait pas avoir beaucoup de jugeote politique pour croire qu'il était pensable que les Genevois allaient financer des infrastructures dont ils n'étaient pas certains qu'elles seraient, premièrement utilisées et deuxièmement qu'elles mettraient un terme à l'envahissement quotidien de leur espace de vie pour le pourrir.

 


Nous n'avons pas mille espaces communs exploitables, il n'y en a guère qu'un seul instrument qui soit à la fois territorial, fiscal et qui lie les deux Etats, ce sont les zones franches.


Certes il est ancien et, à la base, limité mais exploitable pour permettre le démarrage sérieux d'une Regio proche du modèle bâlois qui lui fonctionne sur trois frontières.

Pour cela il faut avoir la modestie de se dire que ce n'est pas parce que l'outil est ancien qu'il mérite le rebut et que seule une construction contemporaine, bien entendue marquée su sceau de l'intelligence supérieure teintée de modernité est pertinent.

C'est précisément parce que le GG (comme GéGé l'acordéoniste, MDR)a été poussé comme les tomates hors sol de Lully, qu'il n'a ni goût ni saveur pour ceux qui y résident.

L'adage dit avec raison que ce n'est pas parce que les choses sont difficiles qu'on ne les entreprend pas mais parce qu'on ne les entreprend pas qu'elles sont (de plus en plus) difficiles.

Le CE devrait peut-être bien prendre son bâton de pèlerin (réformé ça coule de source) et monter à Berne pour expliquer, comme a si bien su le faire Pictet de Rochemont, il y a deux cent ans (eh oui), que Genève doit se désenclaver et que l'un des moyens pour entamer le processus c'est de moderniser le régime des zones. le concepteur de la Genève moderne est parvenu à le faire comprendre à tout ce que l'Europe comptait d'élite intellectuelle. Notre CE doit bien y arriver avec 7 interlocuteurs, même si certains ne volent plus très bien ces temps-ci!


On y est bien arrivé avec les voitures (les plaques rouges TT) on doit bien, avec un minimum d'imagination, d'huile cérébrale et de bonne volonté, y arriver sur un sujet qui ne peut que rapporter à aux caisses désespérément vides de notre dispendieux voisin.

Les Genevois se sont doté d'un gouvernement tout beau tout neuf il y a moins d'un an et d'une nouvelle constitution qui appelle de ses vœux un espace régional, ingrédients indispensables pour manifester un bel élan.

Commencer par la case "P" (parking) était bien évidemment un cul-de-sac.

Ne pas mener campagne au motif que seuls deux petits partis s'y opposaient était une erreur tactique majeure.
 
L'arrogance est l'ennemi le plus coriace du succès en politique, à fortiori dans une démocratie aussi vivace que celle de notre belle République!

La nouvelle Constitution a créé une présidence non pour avoir un gouvernorat mais un chef d'orchestre. S'il ne se donne ni pa la peine d'apprendre correctement les finesses de la partition ni de s'assurer que l'orchestre est attentif il ne pourra fixer le tempo. Si vous y ajoutez le brouhaha dans la salle, il est certain que la performance sera médiocre. Commençons par trouver une oeuvre commune et connue et partons de là pour commencer les répétitions et espérer pouvoir jouer le morceau ensemble.


Autre bonne nouvelle, la nouvelle Constitution donne à la présidence, précisément, la responsabilité de la politique régionale. Les outils manquent donc moins que l'intelligence pour s'en servir, une fois de plus sans arrogance ni dédain, en toute humilité. Même si cela est difficile pour le "Grand Genève" qui n'a, décidément de grand que la bêtise de son nom. Parlons du "Pays Genevois" et commençons par reprendre le chemin de notre terroir commun. peut-être aurons-nous une petite chance de succès.

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Commentaires

J'ai déposé sur le bureau du grand Conseil une Motion qui reprend votre propos et vos interrogations.

Écrit par : Bertrand Buchs | 23/05/2014

Motion 2190 repensons les zones franches

Écrit par : Bertrand Buchs | 23/05/2014

Et pourquoi pas proposer aux "zones franches" de faire sécession de la France et joindre la Suisse (joindre GE? Canton de Savoie?)? Si on gratte un peu l’annexion de la Savoie à la France ne s'est pas fait très démocratiquement à son temps. Proposer un referendum serait aussi intéressant; surtout avec l'euro scepticisme qui grandit en France.

Écrit par : Arthur | 24/05/2014

Vous savez parfaitement, M.Dimier, que les Grandes zones franches du 19e siècle comprenaient le Chablais et le Faucigny, alors que Genève n'était qu'une petite bourgade.

Ces zones correspondaient donc en gros au Grand-Genève que le MCG décrie.

Et nous n'avons pu en maintenir qu'une modeste partie, contre la volonté de la France qui voulait unilatéralement supprimer ces zones, grâce à la sentence de Territet en 1933, l'affaire ayant été portée par la Suisse devant la Cour de Justice internationale de La Haye, en 1928.

En résumé: Genève a grandi, les zones ont rétréci et le MCG fait du rétropédalage.

Zéro pointé, pour la vision d'avenir.

Cordialement.

Cher Monsieur,
Si vous ,lisiez mieux vous auriez compris que je parle de la recherche d'un base commune pour ceux qui veulent poursuivre l'exploration d'un espace commun à l'ensemble des composantes de la métropole genevoise.
Vous pouvez tourner cela comme vous le souhaitez, il n'en n'existe qu'un seul, les zones car il aborde aussi la sujet fiscal. Or rien ne résoudra sans trouver une solution à cette question.

Si vous pensez que réfléchir constitue du rétro pédalage, soit. Il n'en demeure pas moins que dans la sentence de Territet, la France a été rappelée à l'ordre et que Genève jouit d'une souveraineté accrue dans le cas des zones, le traité ayant été signé alors qu'elle n'était pas membre de la confédération.
Sans oublier que d'autres Etats sont également signataires de ce traité, dont la Russie et qu'il n'a jamais été dénoncé.

bien à vous,
P.Dimier

Écrit par : J.-C. Heritier | 25/05/2014

Cher Monsieur,

Permettez-moi de contester votre opinion selon laquelle le "Grand Genève" ne serait qu'une construction virtuelle. Un "Grand quelque chose", Genève mais aussi Paris, Istanbul provient en général d'un constat qui se réfère à une réalité. Une ville d'une certaine importance, bassin d'emplois, d'activités, de populations a un impact sur un territoire qui déborde largement le sien propre. Proposer un "grand quelque chose", c'est vouloir se donner les moyens d'une gestion harmonieuse de ce territoire et de l'aménagement d'icelui. Pour cela, les élus de tous les territoires impactés se réunissent et essayent d'élaborer ensemble des outils politiques, administratifs, économiques de gestion de ce territoire. A des échelles plus petites, cela peut donner des communautés de communes. A l'échelle de Genève, cela peut permettre par exemple de ne pas dédoubler des infrastructures, comme des stations d'épuration qui se trouveraient à une encablure l'une de l'autre, la première en France, l'autre à Genève. Et admettez que cela peut finir par permettre quelques économies.
Par ailleurs, dans toutes les villes de la taille de Genève, notamment en France, on réinstalle des lignes de tramways qui constitueront la colonne vertébrale des transports en commun. Le principe est aussi d'aménager des parkings relais aux terminus de ces lignes pour désengorger l'hypercentre de ces villes (Dijon, Besançon, Tours, Angers, ...) et encourager les automobilistes à prendre le tram plutôt que leur bagnole, polluante et bruyante (cf. François Laisney, Atlas du tramway dans les villes françaises, éditions Recherches/Ipraus, Paris, 2011). Ah oui, toutes ces villes embauchent jusqu'à 50km à la ronde. Genève n'est donc pas une exception sauf qu'elle est traversée par une frontière et qu'une grande partie de sa banlieue se trouve en France, c'est sa principale particularité. La construction de ces parkings relevaient d'une logique d'aménagement du territoire. Et j'ajouterai que vous le vouliez ou non, que cela vous plaise ou non, le grand Genève est une réalité matérielle, économique, urbanistique parce qu'il s'agit d'une agglomération et personne ne peut nier qu'Annemasse est la banlieue de Genève.

Écrit par : Gaulis | 25/05/2014

Tout ces arguments changent de direction comme le vents Après les votations Européennes. La Grande Genève n'a aucune raison d'être dans la configuration actuelle. Cette grande Genève, ne vise qu'à faire que la France voisine continue a vivre accroche de Genève comme des morpions. Excusez moi du terme mais ce le cas de le dire car c'est la vérité. Personne ne croit aux arguments que l'on donne pour faire en sorte que le Grande Genève comme la France voisine en Rêve et comme certains de nos politiciens fous de France en mal d'identité trompe le peuple Genevois. Heureusement que les genevois ne sont pas aussi aveugles aujourd'hui. Nous nous rendons compte aujourd'hui que les alliés des frontaliers pro-européens comme François Longchamp et compagnie sont des fous qui r^vent encore d'histoire. On ne vit pas du passé et on ne peut pas faire de la politique en disant Genève est la France. le FN nationale est devenu le premier parti Français et si l'on regarde et on analyse les voix donné au FN de l'autre coté de la frontière on va s'en apercevoir que comme d'habitude la plus grande partie des voix donné au FN ce sont d'abord ceux qui vivent bien grâce au salaire Suisse et qui ne veulent en aucun cas partager leur richesse avec la population d'immigrants chez eux. Alors chez eux ils sont de l'extrême droite et ici ils se disent socialistes et on nous critique d'être xénophobes parce nous défendons la population. Si nos voisins sont aussi compétents, pourquoi ils ne créent pas des postes de travail chez eux, pourquoi au lieu de crier sur Genève il s ne crient pas sur Paris. Bien sur, c'est facile d'attendre que tout vienne de Genève. Les communes françaises voisines, riches par rapport aux reste de la France grâce a l'économie Suisse se sont habitués a que l'argent vienne toute seule de la Suisse sans faire aucun effort pour se bouger et bosser pour créer des emplois. Mais il faut en être aussi clair, aucun frontaliers ne travaillera sur France pour 3 fois rien sans compter les conditions de travail catastrophiques. Mais continuer a vivre sur le dos des Genevois avec l'idée de créer le fameux Grand Genève, c'est se moquer du peuple. Orientons notre Grand Genève et appelons le autrement, vers le cantons de Vaud. Il faut que les Français commencent a créer la grande Annemasse, tien pourquoi pas ?

Écrit par : Manco | 26/05/2014

Cher Monsieur,
Le Grand Geneve est une construction politique dans laquelle Geneve cherche à engranger le maximum de subventions de Berne et ses voisins des programmes UE INterreg. A cela s'ajoute l'égo de certains élus qui voudraient contrebalancer la Metropole lyonnaise.
Je suis d'accord avec vous sur la restauration des zones franches car elles conduisent à la disparition des permis de travail pour tout résident desdites zones. Ceux-ci sont libres par les traités les instituant de venir travailler à Geneve. Je doute que ce résultat soit celui espéré par le MCG qui se retranchera derrière la violation de cet aspect par la Suisse fédérale et la préférence nationale.
Par ailleurs, certains commentaires à votre article font mention de la "paresse" de la zone frontalière à créer des nouveaux emplois. Je rappelle, pour mémoire, que le maintien des zones franches en tant que zones maraichères de Genève fut un axe prioritaire du canton afin d'éviter une concurrence, bénéficiant d'avantages fiscaux et douaniers, à sa production industrielle interne. Je crains d'ailleurs que ce retour des zones franches ne déplaise aux commerces de détail du canton. Les achats transfrontaliers en seraient effectivement grandement favorisés (absence de droits de douane)...
Votre article me fait donc dire que le MCG n'est pas à une contradiction près quand les votations qu'elle soutient, avec son alliée UDC, les conduisent dans une impasse économique et politique.
En suite des votations du 09.02.14, la libre circulation des personnes sera abolie, avec les conséquences que l'on peut redouter de la part de l'UE..Un certain nombre de Genevois, résidents et frontaliers de France, devront donc retourner dans leur canton d'origine. Il en ira de même des expatriés des multinationales puisque leur travail est en Suisse leur droit à résidence en France n'est pas acquis et le regroupement familial sera plus difficile. Je soupçonne donc le MCG de vouloir transformer les zones franches en "réserve immobilière" pour que Geneve n'ait pas à dépenser dans ce secteur... Vous saboteriez donc une oeuvre commune au profit d'intérets particuliers et partisans.
Mais je voudrai aussi faire preuve de prospective. Le redécoupage des régions françaises va créer une situation inédite avec, aux portes de Geneve, la création d'une grande région englobant Rhone-Alpes et l'Auvergne (il y a consensus politique entre les 2). Lyon Métropole prendra la tête de cet ensemble et nos roitelets locaux en seront forts marris. Cet ensemble en devenir va devoir créer des infrastructures, une politique régionale commune... Dans cet effort gigantesque, les crédits d'équipements qui sont demandés et épuisés trop rapidement par nos régions frontalières seront diminués. La votation du 09.02 et celle du 18.05 ne créeront pas un précédent favorable à cette redistribution. Geneve n'est pas une priorité pour Lyon.

Écrit par : cyrille emery | 27/06/2014

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