18/08/2014

LETTRE OUVERTE A M. RUEDI LUSTENBERGER

Cher Monsieur,

Jusqu’à votre décision de reporter sine die la visite du Président de la DOUMA, vous m’étiez plutôt sympathique. Tout d’abord parce que vous n’êtes pas un universitaire mais un homme du terrain professionnel, qui plus est, travaillant une belle matière noble le bois. En second lieu, votre parcours personnel est la démonstration de la pertinence du système suisse de formation dit de la voie duale, laquelle, vous concernant, vous permet d’occuper le plus prestigieux de tous les postes politiques, celui de premier citoyen du pays.

 

Avec un tel parcours, comment vous a-t-il été possible de confondre deux registres politiques et surtout deux fonctions de façon aussi grossière pour ne pas dire aussi idiote?

Le registre politique en premier lieu. Votre refus de recevoir le président de la DOUMA relève de contingences purement politiques alors que la raison de cette visite est historique.

Tout le monde, à commencer par l’UE et les USA, ne peut se targuer de relations diplomatiques d’une aussi longue durée.

En confondant les deux registres, vous n’insultez pas uniquement un important partenaire diplomatique mais aussi et surtout l’Etat qui a fait naître la neutralité de la Suisse moderne.

En votre qualité de premier citoyen du pays, il ne vous appartenait pas de vous exprimer en notre nom et sur un sujet aussi important sans nous consulter. Avez-vous oublié, cher Monsieur, que vous n’êtes que notre mandataire et que dans une relation de mandat c’est le mandant qui est le patron ?

Si vous ne vous étiez ne serait-ce que contenté de conduire un sondage d’opinion, vous auriez très rapidement découvert que la majorité des citoyens dont vous êtes le mandataire ne veut pas entendre parler d’une fâcherie avec la Russie, encore moins sur une question historique qui ne fait pas débat.

Recevoir le Président de la DOUMA dans ce contexte-là ne veut pas dire que la Suisse prend position politiquement sur les différends territoriaux en cours. Ce geste n’a d’autre valeur que de célébrer une date anniversaire et une longue tradition de dialogue diplomatique avec la Russie.

Il est plus que regrettable que votre sens pratique ait pu être obéré par des considérations purement mercantiles imposées par des pays qui ne sont ni des modèles de démocratie ni des modèles d’honnêteté politique. A ce premier titre, je crois pouvoir dire que la majorité des citoyennes et citoyens de ce pays vous désapprouvent et qu’en conséquence vous avez usurpé votre pouvoir de nous représenter. Vous n’aviez pas ce monopole, vous ne l’aviez pas !

Sur le plan institutionnel, vous pilotez le législatif fédéral et à ce titre ne pouvez en aucun cas être aux ordres de l’exécutif. C’est le B-A/BA du principe de la séparation des pouvoirs et encore plus celui de l’indépendance des dits pouvoirs. Or il ne fait guère de doute que c’est bien sous la pression, première, de l’exécutif fédéral que vous avez pris cette décision et que vous avez gravement porté atteinte audit principe.

Que l’exécutif prenne une telle décision si la visite s’inscrit dans le cadre de discussions politiques, soit. C’est son rôle, même s’il le remplit médiocrement actuellement, de conduire la politique extérieure du pays. Mais en aucun cas et à aucun moment l’exécutif ne peut intervenir dans une décision qui appartient manifestement au seul et unique législatif. Ce n’est pas le conseil fédéral qui devait recevoir le président de la DOUMA mais bien le Parlement.

Il est, je le redis, regrettable Cher Monsieur, que vous ayez cédé aux forces obscures qui rôdent dans les couloirs du pouvoir. Même si en politique on fait volontiers feu de tous bois, le fait que vous soyez menuisier de formation ne vous autorisait pas à jouer au pyromane.

Patrick Dimier,

Citoyen de la République de Genève, Canton suisse

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05/08/2014

LE MONDE A UNE CROISEE DES CHEMINS

Les événements qui se succèdent nous montrent que la communauté des êtres humains, parfois bien inhumains, prend un malin plaisir à plonger notre monde dans un obscurantisme moyenâgeux très inquiétant.

Je me souviens de ce meeting incroyable tenu devant le Lincoln Memorial à Washington DC par le Révérend Martin Luther King au cours duquel il prononça un fameux discours contenant cette phrase mythique "Last night I had a dream".

Pour mieux illustrer mon propos, je vais vous conter une parabole dont l'amorce est précisément cette phrase.

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