11/01/2015

LE TEMPS DE LA REFORME

 


Les événements récents et tout ce qui les entoure, les dérives sanglantes des fous de dieu qui sévissent au Nord de l’Irak et en Syrie, font penser à l’équipée sauvage de Bernard de Clairevaux et l’inquisition qui allait avec. Sans parler de sa phobie des Cathares et la phrase terrible passée à la postérité « saisissez-les et ne vous arrêtez pas, jusqu’à ce qu’ils périssent tous car ils ont prouvé qu’ils aimaient mieux mourir que se convertir ».

Ce rappel pour que nous n’oubliions pas les folies conduites par ces chrétiens aussi fous de dieu que ceux qui se disent portes parole d’un dieu qui n’est que chimère et dévotion aveugle.

Il aura fallu attendre Jan Hus pour enclencher une réflexion de fond sur les croyances catholiques, sa mort sur le bûcher, les guerres hussites qui suivirent et finalement Le concile de Bâle (1431-1441) pour que s’amorce un très lent virage de cette égalise sclérosée. Cela n’aura manifestement pas suffit puisque Procope qui avait obtenu les avancées du concile de Bâle sera lui aussi tué par les mêmes extrémistes alliés au roi de Bohême montrant la confusion ambiante entre pouvoir temporel et spirituel.

Les guerres hussites provoquent des dégâts importants sur le plan ecclésial car, à côté d'une Église unifiée de Rome cohabite une Église nouvelle issue des doctrines hussites (église calixtine), dirigée par des laïcs qui nomment les prêtres et les rétribuent. Plus tard, « l'unité des frères » se sépare de l'utraquisme (ainsi nommés parce qu'ils communiaient et demandaient à ce que l'Eucharistie soit donnée sous les deux espèces du pain et du vin (sub utraque) et qu'ils réclamaient l'usage du calice pour les laïcs), caractéristique des modérés, pour demeurer plus fidèle aux principes de Hus.

Il faudra près d’un siècle, en 1521 et l’excommunication de Martin Luther, pour que ce vent de Réforme prenne un nouvel élan déterminant pour créer les fondements du courant « protestant » puissant et irréversible. Dans le même temps, un jeune prédicateur zurichois Ulrich Zwingli est nommé au Chapitre de Zurich et met en route une réforme tout aussi radicale, prônant l’austérité des lieux de culte et l’absence de clergé au profit de l’Ecclésia. C’est aussi le père des logarithmes. Plus porche de nous, et là de façon très puissante émerge Jean Calvin qui, à la différence des autres Réformateurs n’est pas de formation religieuse mais juridique. Avec lui s’installe définitivement la Réforme dans le paysage religieux européen, c'est-à-dire mondial à cette époque.

Rien dans l’accomplissement de cette Réforme n’a été simple, tout a été violence et jeux de Pouvoirs et donc d’argent.

Que vivons nous aujourd’hui si ce n’est la même situation et la nécessité, pour l’Islam, de trouver des réformateurs assez convaincants pour que la lecture archaïque du Livre cède le pas à une approche contemporaine. Elle pourra être respectueuse de la Tradition tout en se débarrassant de principes devenus tout simplement inacceptables. Celui de la supériorité de l’homme par rapport à la femme, pour n’en citer qu’un qui devrait même conduire les Etats à prohiber cette vision du monde, ayant, démocratiquement décidé et proclamé l’égalité entre homme et femme.

C’est d’ailleurs pour tenter de maintenir leurs privilèges que certaines royautés restent attachées à cette lecture archaïque. Les revenus pétroliers le leur permettent, comme ils leur permettent d’acheter à vil prix la complaisance de certaines démocraties européennes exsangues et pour certaines avec un lourd passé colonial.

Le chemin sera certainement long et douloureux mais il doit être entrepris, par les meilleurs savants et docteurs de l’Islam et pas personne d’autre. Seuls les adeptes de ce courant de pensée sont légitimés à pouvoir entreprendre ce vaste chantier.

Le coup de semonce de mercredi dernier est la preuve de l’urgence qu’il y a, à défaut de quoi c’est monde entier qui va se retrouver à feu et à sang.

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07/01/2015

CHARLIE HEBDO

Que nous l'aimions ou pas, le journal Charlie Hebdo est, depuis sa création, un porte parole de la libre expression.

A ce titre, que nous l'aimions ou pas, il doit être défendu et ses animateurs protégés, précisément, au nom de cette liberté.

L’assassinat de nombreux collaborateurs est non seulement la marque d'une incroyable régression de la liberté d'expression, mais aussi le signal d'une radicalisation très inquiétante du discours non pas musulman mais islamique.

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