11/05/2016

FAVORISER L'ACCESSION A LA PROPRIETE DE SON LOGEMENT EST UN DEVOIR DE L'ETAT

Tout ce que notre petit République comprend de conservateurs est agité par une curieuse contradiction.

Cette contradiction n'est pas anodine puisqu'elle s'articule autour de la propriété d'un bien au combien précieux, le toit qui abrite sa petite famille.

Quel est l'enjeu de cette votation?

S'il s'agit de mettre la plus grande partie possible de la population à l'abri de la pression d'une bailleur. Ces gesticulations ne sont pas seulement déplacées mais elle trahissent un objectif qui n'est pas centré autour de logement mais d'un enjeu électoral.

 


Ce n'est pas par hasard que le Constituant  a précisé à l'article 180 CstGE qu'il fait partie des missions de l'Etat d'encourager l'accession à la propriété de son propre logement. C'est d'ailleurs dans cet état d'esprit que le Conseiller d'Etat François Longchamps s'est attelé au travail pour bloquer des manigances qui permettaient à quelques nantis et quelques promoteurs particulièrement indélicats de s'accaparer de façon indue des logements pour spéculer. La "loi Longchamps" a donc constitué un premier pas en direction du respect de cette disposition cardinale de la nouvelle constitution qui vise, précisément à protéger les locataires des aléas de leur propriétaire.

Que nous propose cette loi? Permettre au locataire, installé depuis longtemps dans son logement, de proposer à son propriétaire d'acquérir l'appartement dans lequel il a envie de s'installer durablement. Si, et seulement si, le propriétaire est d'accord, et sous conditions strictes de contrôle de l'Etat, cette transaction pourra intervenir.

En termes simples, le locataire qui en fait la demande et qui trouve un accord économique validé par l'Etat avec son propriétaire pourra devenir propriétaire.

C'est certainement la façon la plus raisonnable de permettre aux trois acteurs, locataire/propriétaire/Etat, de mettre en œuvre sur une base volontaire l'article 180 CstGE. Qui plus est dans un délai que bien des dispositions pourtant impératives du nouveau texte constitutionnel ne parviendront pas à respecter.

En réalité contre quoi lutte les milieux opposés à cet important pas en avant vers la réalisation d'un rêve, la possession de son logement?

On nous avance la diminution du parc locatif. Il est difficile de comprendre la pertinence de ce raisonnement autrement que pour la sauvegarde d'un réservoir électoral dont l'ASLOCa est certainement la pompe principale.

Cet argument est en outre totalement erroné puisque les grands Fonds de pension ne vont jamais vendre leurs actifs immobiliers. De plus cette vision archaïque de la gestion du parc locatif reviendrait aussi à priver par exemple un groupe de locataires d'acquérir leurs logements et de se constituer en coopérative d'habitation un mode de plus en plus pratiqé pour lutter efficacement contre la spéculation.

Non décidément, rien dans cette opposition des milieux qui en fait existent, et certain survivent, en maintenant les citoyens sous la pression de leur propriétaire, ce qui ressemble furieusement à un forme dictatoriale de gérer la vie des citoyens.

Il est par ailleurs fort intéressant de constater que ces mêmes milieux ont oublié que dans certains pays dévastés par des conflits armés, y compris des guerres civiles, le premier acte du pouvoir a été de permettre au familles d'être propriétaires de leur logement et que pour y parvenir, l'Etat concerné faisait des prêts sans intérêt pour atteindre cet objectif. Mais il est vrais que ces régimes étaient à l'opposé du "rêve marxiste" qui lui contraignait les familles à vivre ensemble contre leur gré alors que les "camarades dirigeants" se prélassèrent durant tout cette période noire, dans de somptueuses datchas!

 

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Commentaires

Excellent article, qui nous fait grâce de la langue de bois!
Bravo!

Écrit par : Ronald ZACHARIAS | 12/05/2016

Bien dit. Alors que 83% des genevois sont locataires et que les éventuels assouplissements de la LDTR (que j'espère pour ma part ardemment) ne feront probablement que de baisser ce taux de quelques pourcents, l'argument selon lequel il faut "préserver le taux élevé" du parc immobilier locatif et qu'il s'agit d'un "intérêt supérieur" par rapport à l'acquisition de la propriété foncière par des particuliers, ne tient pas la route. En plus il est de toute évidence de mauvaise foi.

v. aussi mon post à ce sujet http://unegeneveouvertedynamiqueetoptimiste.blog.tdg.ch/archive/2016/05/17/oui-a-l-acquisition-d-appartements-en-ppe-oui-a-plus-de-libe-276202.html

Écrit par : Ashwani Singh | 17/05/2016

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