20/08/2016

IL FALLAIT OSER

Tout système issu des Lumières repose sur le principe cardinal de l'équilibre des pouvoirs, leur séparation et surtout leur indépendance.

A l'intérieur des dits pouvoirs, les mêmes règles s'appliquent. A défaut nous sortons de la démocratie pour entrer en médiocratie.

Lorsqu'un député a une attitude qui perturbe le fonctionnement de l'Assemblée, il est exclu de la séance, quitte à ce que cela soit manu militrari. C'est le respect de la règle.

Lorsqu'un conseiller d'Etat se prend pour Cassius Clay, ses collègue lui montrent poliment mais fermement la direction de la sortie.

Qui lors que c'est celui qui doit être le modèle, le dépositaire de la règle?

Le CSM vient de nous donner la plus pitoyable des réponse, il passe l'éponge avec pour conséquence que c'est le Peuple et les Institutions qui sortent groggies d'une telle pantalonnade.


Samedi 20 août 2016 | Dernière mise à jour 09:00
Olivier Jornot sermonné mais pas sanctionné
 
Flirt lors d'une soirée arrosée Le Conseil supérieur de la magistrature constate un manquement disciplinaire mais passe l'éponge.
 
Voilà LA nouvelle qui décrédibilise ce Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM).
 
Lors des travaux de la Constituante, la Commission qui était chargée des Institutions s'est bien entendu penchée sur cette question du CSM et, surtout, sur sa composition.
 
Conscients des problèmes que celle-ci représentait, les constituants ont pris la question en mains et ont estimé que le principe fondateur de l'Etat de droit, la séparation ET de l'indépendance des Pouvoirs est fragilisé lorsque l'autorité de surveillance et de discipline est majoritairement composée de.... juges!
 
L'affaire qui nous occupe offre la meilleure des démonstrations en politique, celle du terrain.
 
Que la personne qui est l'objet de l'enquête soit X ou Y, qu'il soit juge de base, voire simple Assesseur, ou PG ne change rien à ce devoir d'indépendance de l'Instance de sanction. Or dans l'ancien système, celui qui a généreusement été prolongé pour quelques mois encore..... OUI!.
 
La preuve est cette non sanction pour des dérapages totalement indignes du troisième personnage de l'Etat.
 
La Constituante, dans sa grande sagesse, a mis le holà à cette situation en modifiant la composition du CSM qui, désormais, sera majoritairement composé de membres qui ne sont pas issus du pouvoir judiciaire.
 
Mais c'était sans compter avec la pouvoir de résistance de cette corporation qui, à longueur de journée fait la morale à tout un chacun et qui, parallèlement  s'autorise le scandale qui finit par accoucher d'une souris indigne de notre République!
 
Il est donc urgent que le Parlement nettoie une fois pour toute cette verrue institutionnelle qui, sous un couvert d'officialité, n'est qu'un rempart de défense corporatiste. Cela ne peut avoir cours que dans une république bananière ou un régime de monarchie élective, comme notre voisin, dont nous reprenons ici l'un des travers principaux, le copinage.
 
Quiconque dans le privé ou même ailleurs dans l'Etat se paierait le luxe d'une accumulation aussi massive et lourde d'entorses à la règle aurait été prié de prendre la porte. Le Conseil d'Etat l'a fait et il en est sorti grandi.
Ici c'est tout juste si on ne tresse pas une couronne de lauriers à ce qui, en temps normal, doit être un Auguste imperator mais qui donne de ce Pouvoir une image écornée, pour rester poli.
 
Le danger extrême que représente cette non sanction est que l'individu concerné, n'en n'est pas à sa première "surprise party", puisqu'il est, selon la rumeur publique, coutumier de comportements inadéquats.
 
Passer l'éponge comme dit la TG c'est se faire Ponce Pilate, mais passer l'éponge sur de la boue ne nettoie pas, ça l'étale. Tout le Pouvoir judiciaire se trouve sali alors qu'il est composé, de façon très largement majoritaire de personnes honnêtes, même si la compétence n'est pas toujours au rendez-vous.
 
C'est précisément LA raison pour laquelle le CSM ne peut ni ne doit être majoritairement composé de membres issus du sérail. Le diable se cachant toujours dans le détail, les membres désignés par le Conseil d'Etat entrent dans ce compte et il n'est donc pas question que ce Pouvoir vienne perturber la règle.
 
Merci au Parlement de presser le pas et de mettre sous toit cette question dans les plus brefs délais. Il en va de la crédibilité de l'ensemble du système!

10:12 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Tout est dit. Bravo.
Quelle crédibilité a-t-il maintenant face à ceux ou à celles dont il fera la morale dans le cadre de ses instructions, et notamment celles contre des fonctionnaires ?

Écrit par : Nicole | 22/08/2016

Pourquoi ne dites-vous pas clairement que vous aimeriez qu'on lui fasse prendre la porte!

Vous seriez tous des saints au MCG ou bien les "surprises party" se font plus discrètement?

J'abhorre l'hypocrisie!

Écrit par : Patoucha de mon iPad | 27/08/2016

La différence entre des "surprises parties" privées impliquant des privés et une surprise party qui implique le troisième personnage de l'Etat ne se trouve pas au même niveau.
Par ailleurs, ce personnage a un rôle bien défini dans l'architecture de l'Etat, Il est l'accusateur public. Ne serait-ce qu'à ce titre, le flag dont il s'agit ne saurait rester impuni.
Pour le surplus, je doute que vous puissiez un jour me voir en pareille posture. Comme vous abhorrez l'hypocrisie, j'abhorre tout étalage de vie privée en public.

Écrit par : Patrick Dimier | 27/08/2016

Patoucha, si vous faites allusion aux effusions des deux gigolos qui occupaient le devant de la scène MCG, alors vous n'êtes pas la seule à "abhorrer", la majorité des militants et les sympathisant du MCG "abhorraient" aussi ces personnages qui ne valent pas mieux que celui qui est critiqué ici.

C'est bien parce qu'ils ne représentaient qu'eux mêmes et des intérêts bien dissimulés, qu'ils ont été remerciés. De ce point de vue vous donnerez au MCG le crédit d'avoir eu un courage dont le CSM n'a pas été capable!!!

Écrit par : Cyril | 27/08/2016

Les commentaires sont fermés.