25/04/2017

LA CREATION MONETAIRE DEBRIDEE VERITABLE TERMITE DU MODELE SUISSE DES RETRAITES

Le Parlement genevois débat ces jours sur la problématique de la caisse de retraite des collaborateurs de la fonction publique.

Contre vents et marrées et afin de lancer le débat dans l'arène politique, plusieurs partis ont demandé et obtenu qu'une séance du Gd Conseil soit consacrée à cette seule problématique, à l'ire de ceux pour lesquels il suffit de. Face à la tribu occasionnelle des YAKA, un groupe de parlementaires voulait propulser le débat plus loin, élever, non la voix comme certains au discours creux, mais la hauteur de vue à long terme.

Mon groupe m'a confié la responsabilité d'évoquer la problématique, structurelle et à long terme, de l'impact de la création monétaire ex-nihilo sur les rendement et, partant, le taux de couverture des caisses de pension, à commencer par la CPEG.


Sachant qu'elle recueille des fonds qui sont le fruit du travail et non de la spéculation financière, la logique voudrait que la CPEG, comme toutes les caisses de pension, ait un compte auprès de la BNS, exonéré des taux négatifs.

Ce serait d'autant plus logique, dans le cas de la CPEG, que les actionnaires principaux de la BNS sont les cantons eux-mêmes. D'ailleurs la caisse de pension des fonctionnaires fédéraux, PUBLICA, dispose d'un compte à la BNS.

Toutefois la vraie problématique est ailleurs, c'est la dilution monétaire que pratiquent à grande échelle la BNS et les banques commerciales.

Pour illustrer simplement le propos prenons l'exemple d'un vestiaire auquel on confie un manteau. Ici le fruit du travail confié à la caisse de pension en bonnes espèces légales.

Au vestiaire, le dépositaire reçoit un ticket. Le problème c'est que le responsable des tickets, la BNS, a créé 7x plus de tickets, depuis 2012!.

La 1ère conséquence pour la CPEG, c'est l'effondrement des revenus du prêt de l'épargne puisqu'elle se trouve en concurrence déloyale avec les créateurs des nouveaux tickets lesquels, n'ont jamais ni produit de travail ni jamais payé le moindre centime d'impôt. C'est un ponzi géant qui génère du dumping à grande échelle.

Vous allez me dire qu'il n'y a pas de corrélation entre ce phénomène et le taux de couverture. C'est totalement faux.

Le journal LE TEMPS du 19 septembre 2012, l'a rappelé, augmenter le taux technique de 0,5 point accroit automatiquement le taux de couverture de 5 points puisque c'est une relation exponentielle.

En d'autres termes si l'économie était financée par l'épargne, ce qui fut le cas jusqu'à Brettenwood, celle-ci serait correctement rétribuée et le problème qui nous occupe ne se poserait pas.

Tout au contraire, la création sauvage de monnaie ex-nihilo, issue de cette dérégulation voulue par la finance new-yorkaise et les propriétaires des banques centrales, FED en tête, non seulement dilue l'épargne mais détruit la capacité de rendement des fonds de pension.

Pas seulement pour la CPEG mais pour tous.

Sur le plan suisse en général et genevois en particulier, il convient d'évoquer le droit de seigneuriage. Celui-ci a été abandonné par les cantons lors de la création de la BNS, à l'expresse condition de percevoir 2/3 des bénéfices nets de cette dernière. Ce principe est d'ailleurs gravé dans la constitution fédérale à l'art. 99.

Depuis 2012, en appliquant la constitution fédérale, loi suprême de l'ordre juridique suisse à laquelle il n'est pas possible de déroger, les cantons auraient dû recevoir 400 milliards, soit 2/3 des 600 milliards créés par la BNS.

Par un subtil jeu de mots, la Loi sur la Banque Nationale (LBN) actuelle prévoit de distribuer 2/3 du bénéfice d'exploitation et non plus du bénéfice net aux cantons. Ceci en violation totale avec l'accord historique qui a permis à la BNS de voir le jour pourtant gravé dans le marbre constitutionnel suisse.

Il est dès lors vain d s'écharper sur le taux de couverture de la CPEG qui n'est qu'un chiffon rouge agité pour distraire le bon Peuple du vrai problème.

Si nous voulons commencer à sortir de cet énorme piège il convient de contraindre la BNS à respecter la Constitution fédérale.

C'est le rôle premier du Conseil d'Etat, représentant l'actionnaire qu'est le Canton de Genève, de s'opposer au rapport financier de la BNS dès ce vendredi 28 avril 2017 lors de son Assemblée Générale à Berne.

Mais il y a fort à parier que l'Exécutif ne fera pas ce déplacement, notamment pas ignorance coupable des conséquences que nous soulevons ici. Est-ce à dire que sa responsabilité est engagée? Pas exclu puisque le Souverain lui a confié, notamment, pour tâche de défendre les intérêts de la République, actionnaire de la BNS et que son absentéisme récurrent est la marque de son insouciance en la matière. Cela en dépit du feu qui couve dans la maison des retraites de la fonction publique.

Attaquer cette problématique de front nécessite, il est vrai, à la fois du courage et des compétences car c'est bel et bien le meilleur outil pour régler, à long terme, la question du financement de la CPEG!

10:42 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Merci de relever ces "incongruités". Mais vous ne faite qu'effleurez le fait que la monnaie n'est en fait que de la dette. Je vous encourage à visualiser la série de vidéos de Peter Joseph qui vous offre une démonstration spectaculaire de l'aberration de notre système économique et des conséquences prévisibles à relativement court terme.
Votre seul problème ne sera pas d'être convaincu mais de faire suivre l'information. Bonne chance !
https://www.youtube.com/watch?v=Xr-M4HK2s8k&list=PLP-Mo2sArLBHnlakAi2sgVEBwwxXsAFpX

Écrit par : Pierre Jenni | 25/04/2017

La décision de la BNS de soumettre les caisses de prévoyance aux intérêts négatifs est tout simplement un scandale. Il s'agit de le dire et le redire, cela a été fait en contradiction avec les principes mêmes du 2ème pilier. La situation 'morose' des institutions de prévoyance résulte avant tout de décisions politiques, la marge de manœuvre des organes étant très limitées (et ne visant que les prestations). Il faut une réaction du monde politique, claire, décidée et surtout bien comprise. Mais combien de politiciens s'intéressent vraiment au 2ème pilier ? et en le comprenant ?

Écrit par : uranus2011 | 25/04/2017

Voterez-vous «oui» lorsque l'initiative populaire "Monnaie Pleine" sera soumise au peuple (fin de cette année ou début de l'année prochaine)?

Écrit par : Mario Jelmini | 26/04/2017

Bien entendu non sans préciser que mon positionnement va au-delà de la proposition Monnaie Pleine. Nous réfléchissons à sa matérialisation par une autre initiative, mais à chaque jour suffit sa peine, dit l'adage.
Bien à vous,
P.Dimier

Écrit par : Patrick Dimier | 26/04/2017

Je vous rejoins sur ce sujet.

Écrit par : Mario Jelmini | 26/04/2017

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.