08/05/2018

BILAN DES ELECTIONS CANTONALES

Après des mois d'agitation, le Landerneau politique et la République aspirent à un peu de calme.

Le Parlement, puis quelques jours plus tard le Gouvernement, vont prêter serment.

Ce dernier à St Pierre, malgré des attaques répétées de la gauche anticléricale qui ont, heureusement, fait long feu lors de la dernière session du Parlement.

Ainsi, pour certains, le Parlement se serait rééquilibré grâce à l'effritement du MCG et le revers de l'UDC. Ils auraient, toujours selon les même "analystes", pliés sous les coups de buttoir du centre, droit et gauche. Comme si, par miracle ceux-ci auraient présenté des propositions novatrices dans les sujets les plus préoccupants pour les Genevois au sens large.

Malgré le respect que j'ai toujours pour les opinions les plus diverses, même lorsqu'elles proviennent de personnalités aussi pertinentes que des journalistes de chaînes localissimes ou de rédacteur en chef  de gazette autrefois prestigieuse, je ne parviens pas à me ranger à ces avis déclamés à longueur de pages ou d'émissions. Même passées en boucle.

Pour le plus simple, l'élection de l'Exécutif.

Elle a montré la pertinence du système à deux tours introduit par la nouvelle Constitution. Le meilleur parvient à se créer un électorat qui dépasse et de loin sa base naturelle et de franchir la barre de 50% des suffrages exprimés.

Le second tour, dans un schéma classique de ce système, fait le jeu des alliances, y compris les plus anachroniques. Ici nous avons assisté aux tirs croisés d'une campagne de dénigrement, ad personam, indigne. Ce genre de manœuvre ne grandit jamais celles et ceux qui les hourdissent. Elles jettent un coup de projecteur cru sur ces pratiques de boutiquiers. Celle qui a conduit à l'exclusion de M. Blocher en est l'exemple cuisant. En sortant une personnalité loyale à son pays, une coalition de second couteaux a fait entrer dans le cénacle fédéral un élément, acquis aux banques étrangères, dont la mission était de détruire le pilier central de notre économie.

Le résultat est là et il faut l'accepter tel qu'il est. C'est le principe même de la démocratie.

Nous avons une composition très intéressante qui place un parti en position de "variable d'ajustement"  tant à l'Exécutif qu'au législatif.

Ce positionnement ressemble à la place qu'occupait la "Tribu de l'Arbre" dans la Ligue Iroquoise. C'est à son représentant que revient la lourde tâche d'assurer l’équilibre entre les forces en présence.

Dans le cas de l'Exécutif, "la variable d'ajustement" sera aux mains d'un homme très expérimenté, bien plus déterminé qu'il ne le laisse paraître qui possède un sens inné des équilibres politiques.

La logique voudrait qu'il préside ce Conseil, comme le faisait le Sachem de la "Tribu de l'Arbre". La différence est que, dans la Ligue Iroquoise, les dirigeants faisaient passer l'intérêt collectif avant toute autre considération. Les Egos étant ici ce qu'ils sont et les carrières ce qu'elles promettent, il n'en sera certainement pas ainsi.

Reste à souhaiter, pour Genève, que ce Conseil saura mieux répartir les tâches en fonctions des compétence plutôt qu'en fonction des agendas politiques. A titre d'exemple il semblerait logique que la gestion des Communes revienne à celui qui connaît le mieux ce sujet de sorte que la réforme territoriale puisse s'engager avec un chef de projet qui a l'oreille de ses Pairs communaux de sorte que ce fatras soit réglé, là où la Constituante a échoué faute d'appuis communaux.

Le plus complexe à analyser, c'est le parlement.

Son élection voyait s'affronter non seulement des projets de sociétés mais aussi, voire surtout, des égos démesurés.

Le premier constat, très réjouissant, est que notre démocratie n'est pas à vendre. Il ne suffit pas d'injecter des montants considérables pour que la grenouille réussisse son pari. Comme dans la fable, elle a explosé à la fin de l'histoire.

Le second constat, et je m'étonne que personne ne l'ait fait, il ne suffit pas de voguer sur un thème particulièrement important pour que l'on puisse continuer à servir la même rengaine avec des messages éculés et inadéquats.

Le fond des revendications soulevées par le MCG sont non seulement totalement fondées mais leur dénigrement par ses adversaires est proprement scandaleux. Ce sont des milliers de nos concitoyens qui sont les victimes expiatoires d'un patronat très indélicat et bassement orienté vers les profits à court terme.

Ce qui a causé ce revers électoral n'est que pour un petite partie dû à des transferts de votants.

La plus grande partie de cet échec est due à une communication totalement dépassée et inappropriée à la situation. Ce modèle suranné avait le côté, pathétique, de la charge de la cavalerie polonaise contre les panzers. Ce n'était le courage des militants-cavaliers qui était en cause mais l'inadéquation des ordres donnés par l'état major.

Il est donc temps de passer les troupes en revue, de rénover les méthodes de communication pour aller vers des modes plus adéquats face aux profonds changement que connait notre République.

Une fois encore ce n'est pas le fond qui pêche, mais la méthode.

Pour ce qui est de l'UDC, son résultat est normal. Faute de chef de bande crédible, une telle formation est exposée à tous les vents. Il faut espérer que la législature qui s'ouvre lui permettra de trouver cette personnalité charismatique. L'UDC, qu'on le veuille ou non  a sa place sur l'échiquier politique, à droite du MCG, dont l'axe politique doit clairement être "Souverainiste" au sens fazyste de ce terme et ne pas être "récupérable" à gauche ou à droite.

En conclusion, il faut espérer que les divergences politiques qui traversent la députation soient moins fortes que sa capacité à retrouver ce qui a fait ses progressions successives de 2005, 2009, 2013. Le pari n'est pas gagné si le parti devient l'otage de telle ou telle faction de son électorat. Celui-ci doit être très large et non pas concentré sur des défenses de prés carrés.

Rendez-vous en 2023 !

 

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