Quel bilan en ce 1er Août veille d'élections fédérales

Le 1er août est le jour où la majorité des politiciens qui s’expriment, ripolinent des discours dont la caractéristique principale est soit d’enfoncer les portes ouvertes des clichés, soit de louer une Suisse sortie de l’imagerie d’Epinal.

Rares sont les lucides qui, sans alarmisme, sans euphorie dresse un arrêt sur image de la réalité matérielle de la situation de la Suisse tant du point de vue intérieur qu’extérieur.

En premier lieu, trop peu nombreux sont les élus qui dressent une image précise de la situation intérieure du pays pour une raison simple, ils sont tous sévèrement atteints par la myopie aiguë de la vision partisane.

Il est certes compréhensible que des politiciens aient une vision partisane, mais pas sur les enjeux fondamentaux lorsqu’il s’agit des Institutions.

Or de ce point de vue, le modèle suisse qui élève le Peuple au rang de Souverain connaît une dégradation sans précédent de la relation de confiance qui doit, nécessairement lier le Souverain et ses élus.

Cette crise de confiance a, ad minima, deux sources. La première est le détachement de plus en plus marqué du monde politique des préoccupations profondes du Souverain sur des enjeux très fondamentaux. L’exemple qui immédiatement à l’esprit est la LaMal qui est une loi qui fait la part belle aux excès des assureurs lesquels font de l’argent avec notre santé au lieu de faire de la santé avec notre argent, une loi qui instaure une total déséquilibre entre les parties au contrat. Cette situation est le résultat du poids démesuré des lobbyistes qui siègent dans le parlement fédéral tous issu bien entendu des rangs bourgeois. Ces élus sont tout simplement indignes de la confiance du Souverain puisque cette majorité défend des intérêts privés contre l’intérêt public manifeste.

La seconde est l’arrogance des élus fédéraux avec laquelle ces personnalités politiques abordent le dialogue avec le Souverain, oubliant très souvent qu’ils n’en sont que les obligés et les serviteurs. Cette approche de la politique est totalement contraire à l’esprit des Institutions suisses. De ce point de vue, cette arrogance est la matérialisation, pour certains, de l’influence très néfaste des mœurs politiques françaises et, pour les autres, celle des mœurs du Reich pan-européen.

En année électorale, il nous appartient à nous, le Souverain, de n’envoyer à Berne que des personnalités qui prennent des engagements très clairs, fondés sur leur responsabilité personnelle, de défendre l’intérêt premier du Souverain et non ceux, forcément mercantiles, de groupes de pression dont ils seront forcément taillables tout au long de leur mandat fédéral.

Sur le plan intérieur, les enjeux sont aussi complexes que sur le plan extérieur puisque la Suisse est construite de telle façon, l’addition d’Etats unis pour une défense communautaire, que sa gestion est par nature une affaire de balance éternelle d’intérêts contradictoires.

L’intelligence du système fédéral devrait, théoriquement, gommer, une partie des déséquilibres inhérents à une communauté composée comme la Suisse.  Pour cela, il faut que la Chambre Haute ne soit pas un chaudron politique mais une chambre de réflexion dont l’échelle temps n’est pas la même que celle de la chambre du Peuple. Malheureusement, depuis plusieurs législatures on assiste à un glissement extrêmement dangereux de la Chambre des Etats vers des pratiques qui ne sont pas à la hauteur de sa tâche, être le point d’équilibre.

Sur le plan extérieur, il est à noter qu’aucun politicien fédéral ne fait état des attaques incessantes dont notre modèle politique et économique fait l’objet, En particulier de la part de l’OCDE et de l’UE, deux bastions de l’anti-démocratie directe.

Au lieu de mobiliser le Souverain autour d’une défense de notre modèle, nous assistons, dossier après dossier à des pantalonnades indignes de personnalités dont la mission première est, tout au contraire, de défendre avec acharnement le modèle de société que nous avons librement choisi et, très majoritairement voulu comme mode de société.

Le voyage à Canossa de la pitoyable présidente de la confédération dans l’affaire du secret bancaire constitue certainement le point d’orgue de cette politique défaitiste.

AU moment où, plus que jamais, la Suisse doit être la cheffe de file des « non alignés », ses dirigeants ont bien malheureusement choisi un alignement digne du soviétisme le plus dure, notamment sur les Etats-Unis d’Amérique qui, de République Sœur, sont passées au rang d’Etat ennemi. En particulier sur les plans économiques et militaires.

Voilà ce qu’il y a lieu de constater sur l’état réel de ce pays incroyable dont les modèles économique et politique sont sans pareil.

On ne peut que nourrir des regrets de cette situation et il y a de quoi nourrir de sérieuses inquiétudes à la veille des élections fédérales au vue des personnalités qui vont s’affronter pour prétendre nous représenter, à de très rares exceptions près.

Peu en effet tiennent la posture de l’aigle majestueux qui veille au sommet du Col du Simplon !

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Commentaires

  • Vous parlez d'élus arrogants qui méprisent le Souverain, car ils sont sous influence de moeurs politiques françaises et allemandes. Je ne peux que vous suivre 5 sur 5! Comment admettre qu'un élu, ex-français fraîchement naturalisé, puisse d'emblée penser "suisse" (sauf exception). Idem pour les binationaux. Quels sont leurs référents politiques et leur allégence? Dès lors, afin de maintenir les moeurs politiques suisses, je plaide pour la non éligibilité des Suisses de date récente (à définir) et des binationaux.
    Bien à vous, Jacques Louis Davier, issu d'une famille 100% suisse depuis deux cents ans!

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