L’INCOMPÉTENCE CONDUIT Ã JETER LE BÉBÉ AVEC L’EAU DU BAIN

Le Grand Conseil, dans ces hystéries dont il seul le secret, a trouvé une majorité d’opportunité pour fracasser l’une des mesures phare de la nouvelle constitution, la présidence unique.

Pour revenir aux faits :

L’agrégat qui occupe la Tour Baudet en ce moment s’est trouvé étêté du jour au lendemain par un coup de sac visant à tuer le « Père ». Celui était sorti largement devant et qui, du même coup, est devenu la cible de toutes les rancœurs des suivants.

La suite on la connaît. Avec une rapidité qui défie même les lois de la gravité, les seconds couteaux ont vu dans la tempête, savamment organisée et orchestrée par le Dark Vador local en mal de pouvoir, une occasion rêvée de devenir Vizir à la place du Vizir. Problème du premier prétendant est que « Is no good » et donc, sans réfléchir plus avant, notre aéropage bancal a intronisé commandant un post-ado éthéré sans vérifier d’une part sa capacité à commander et, d’autre part, sa résistance à la pression maximale qui agite naturellement ce genre de cénacle.

Et c’est ainsi qu’un civiliste a été propulsé général. Le résultat est que le Collège doit faire face à un deuxième pataquès en raison d’une part de l’incapacité à commander et, d’autre part, une résistance totalement défaillante à la pression.

Il s’en suit tout naturellement une sévère crise gouvernementale puisque, dans ce cas, il n’y a pas de justificatif pour ramener le civiliste à des tâches plus raisonnablement à sa mesure. Or comme le paon aime faire la roue, il ne faut pas non plus compter sur lui pour dompter un égo devenu démesuré. Il est hors de sa portée de passer la main à un collègue tout le monde s’accorde à dire que la compétence et la maestria justifie largement sa position électorale de second au suffrage universel.

Plutôt que de ramener tout le monde à la raison, cet agrégat a préféré flinguer la Constitution dont, manifestement, ses membres n’ont pas compris la portée s’agissant de la présidence unique.

Lors des auditions de la Commission, cela a été rappelé publiquement par plusieurs orateurs, le Prof. de Droit Constitutionnel et constituant Michel Hottelier a insisté pour dire que l’esprit de la Constituante lors de la création de la présidence unique était d’assurer une cohérence à l’action gouvernementale.

Il faut en effet se souvenir que le système suisse en général et genevois en particulier fonctionne en « concordance » et non en « coalition ». Cela induit une absence de cohésion « sui generis » puisque chaque participant conserve son étiquette politique, tout en participant à un collège.

Vu l’extrême hétérogénéité de ce cercle, il est apparu évident aux membres de la CT3 (Commission Thématique 3) que le temps était venu, pour le bien des Institutions, d’instaurer un système de gouvernance qui ait un continuum et une cohérence qui en constituent le fil rouge. C’est pour cette raison, centrale, qu’est arrivée la présidence unique.

Il est dès lors particulièrement affligeant d’entendre des députés venir brandir  la tradition faziste  et son mécanisme de tournus. Ces élus-là oublient qu’à l’époque du Père de la République moderne, il n’y avait pas un pareil éclatement de la scène politique et que ce mécanisme visait surtout à permettre à l’un de ceux de St Gervais d’être, le temps d’une année, l’égal de ceux de la rue des Granges !

SI pour ces élus-là, l’évaluateur de l’action gouvernementale est resté figé dans l'archaïsme de la première moitié du XIXe siècle, il est surprenant d’avoir à constater que cette bande de Mohicans a été rejointe par une cohorte écervelée qui, bien qu’ayant soutenu la réforme du système pendant la constituante, étaient à ce point désemparés que, sans réfléchir à l’intérêt des Institutions, ils ont donné dans le suivisme des intérêts personnels dans l’instant et non pas dans la durée.

Il convient donc de remettre les réformistes en ordre de combat pour que, une fois l’amertume de cette bataille perdue par la grâce d’une coalition très improbable, il leur soit donné de sonner la charge victorieuse lors des votations sur le sujet en 2020.

R É V E I L L O N S  -  N O U S      ! ! ! ! !

 

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Commentaires

  • La présidence est au contraire une mesure contre-productive. Elle institue un chef ce qui est contraire à nos moeurs politiques basées sur le consensus. Tant au niveau du Conseil Fédéral qu'au niveau du Conseil Administratif de la ville de Genève cette pratique n'existe pas. Ce sont les Français qui veulent un chef, pas nous. Cette présidence fait tache dans notre démocratie directe.

  • Il me semble que votre rappel des raisons qui justifient l'arrivée de ce système est très éclairant et le justifie.
    C'est une grossière erreur de penser que la présidence unique est une copie du pouvoir français puisque, à la différence de la monarchie élective qui nous voisine tout en se revendiquant "républicaine"!
    Ceux qui pense de cette façon oublient totalement que le président du Conseil d'Etat n'est pas un chef mais celui qui, parmi ses pairs, assure la cohérence d'un groupe totalement hétérogène par ailleurs. Le conseil d'Etat avec une présidence fixe reste et demeure un système de gouvernance de concordance comme cela est dit dans ce blog et non pas une coalition ce qui peut se pratiquer chez nos voisins.
    Ce vote du Grand Conseil montre que ce conseil d'Etat n'est pas à la hauteur de sa tâche, à commencer par son président actuel qui est particulièrement décevant.

    Merci pour votre blog explicatif et pas de doute qu'il faudra, le moment venu, se coaliser pour mener une campagne pour rétablir cette présidence fixe.

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