LES CITOYENS DOIVENT ÊTRE CONSULTÉS EUX-SEULS PEUVENT CHOISIR ENTRE LA BOUCLE FERROVIAIRE ET LE CORNAVIN-VIRUS 2050

Le regretté Rolin Wavre a déposé un Projet de Loi (PL12525) visant à octroyer un crédit d’étude de la boucle ferroviaire reliant Cornavin-Cointrin et Genthod. Il m’a fait l’honneur de m’y associer et j’en suis aujourd’hui le défenseur avec mes collègues du groupe parlementaire MCG.

Contrairement à  ce que font accroire les milieux dits environnementaux qui militent pour un abaissement de la pollution urbaine ainsi que les CFF et l’administration cantonale, le choix entre une gare souterraine et la boucle n’a jamais été soumis au Souverain. Il est donc mensonger de prétendre le contraire, ce que font ces milieux.

La Commission des travaux vient de refuser l’entrée en matière sur ce PL. Désormais seul le MCG le soutient au niveau parlementaire.

Deux raisons font que nous le soutenons. La première est que nous ne sommes liés à aucun lobby, ce qui n’est manifestement pas le cas en face. La seconde est que nous sommes les seuls, dans cette affaire, à vouloir faire respecter notre démocratie et non des intérêts collatéraux. Comme toujours le MCG, ici par ma voix, estime que de tels investissements doivent être soumis au Souverain. Le MCG, contrairement à la gauche embourgeoisée, estime que dans notre démocratie, les choix qui portent sur des milliards et des infrastructures d’une telle importance, c’est au Peuple d’en décider par votation populaire.

Or actuellement, seule une poignée de députés, la haute administration cantonale des transports et le principal bénéficiaire foncier de l’opération, les CFF, se sont exprimés.

De quoi s’agit-il ?

Il s’agit de dénouer le nœud ferroviaire de Genève qui est un cul-de-sac.

La logique la plus élémentaire, sans qu’il soit nécessaire d’avoir fait l’EPFL/Z, c’est que le meilleur moyen de supprimer un nœud et de le remplacer par une boucle. Seule celle-ci permet de faire passer autant de trains que l’on veut puis buttent à Cointrin et doivent rebrousser chemin.

A cette problématique s’ajoute le fait, crucial pour Genève, que le Léman Express, qui coûte 2,2 milliards de francs aux contribuables, n’est pas relié à l’aéroport ce qui en diminue considérablement l’attractivité pour tous les usagers du Grand Genève se rendant dans le périmètre de Cointrin.

Avec la boucle ce raccordement est assuré à l’horizon 2030 car c’est une priorité pour inciter au transfert modal de la route vers le rail des pendulaires. Or avec le projet CFF/Administration cantonale, ce raccordement  n’est pas réalisable avant 2045 et plus vraisemblablement 2050.

Il convient de préciser qu’avec la solution CFF/administration cantonale, le raccordement CEVA à Cointrin nécessitera un autre chantier pour la création d’une autre gare.

Cette dépense est bien entendu en plus de la dépense de 5 milliards que coûte la solution soutenue par le lobby des bétonneurs locaux. Cette dépense n’est pas nécessaire avec la solution de la boucle.

A l’heure où tout le monde s’accorde à reconnaître que notre République doit faire un maximum pour favoriser le transfert modal, ce qui est l’avis du MCG pour faire baisser la pression du trafic pendulaire, la solution de la boucle est non seulement plus efficace, mais encore nettement moins chère.

 

Il faut nous expliquer la logique qui fait qu’un hypothétique allongement de parcours de quelques minutes ne serait pas acceptable pour les utilisateurs, alors qu’actuellement et pour 30 ans encore, ils doivent subir l’énorme désagrément d’une rupture de charge due au changement de train ET de quai?

 

Tout le monde dit, après cette pandémie, que nos finances vont être lourdement impactées. En termes clairs, il faut prévoir des économies à l’échelle du désastre du COVID-19

A ce titre, il convient de préciser, pour les dites finances, que le projet validé de fait par une poignée d’élus va coûter plus de 5 milliards de francs alors que la boucle ne coûtera elle, au grand maximum, que 1,5 milliards.

Est-il raisonnable de persister à vouloir réaliser une gare souterraine qui va générer un chantier d’une durée de 14 ans et une pollution 100 fois plus importante que celle de la boucle.

Est-il raisonnable d’imposer à l’un des quartiers les plus denses de Genève un chantier dont la durée minimale est de 14 ans en deux tranches, sans compter la métamorphose de Cornavin qui, elle, va durer 3 ans ad minima.

En comparaison, la prolongation des voies en direction de Genthod, via l’aéroport, permettra d’éviter totalement ces deux points noirs pour tous les habitants des Grottes et environs.

Etrangement, aucune étude comparative sérieuse n’a été faite, notamment par l’administration cantonale. Cette dernière fait preuve d’un manque d’objectivité qui laisse pantois.

Quiconque connait l’article 2 de notre constitution se souvient que « toutes les fonctions publiques ne sont qu’une délégation de la suprême autorité du Souverain». Or comment pourrait-il l’exercer si par mille et un stratagèmes on l’en prive!

C’est à croire que cette administration est sous l’influence de notre voisine, chez qui le peuple n’a pas son mot à dire, les administrations décident et les ministres obéissent.

Comment peut-elle justifier être contre une option qu’elle admet elle-même ne pas avoir étudiée. KAFKA a décidément longue vie. Il faut dire qu’à Genève il bénéficie d’un terreau fertile !

Afin d’être objectif, il convient de donner le seul argument des CFF et d’une association qui dit défendre le transport et l’environnement. Cet argument est, tenez-vous bien, que la boucle pourrait rallonger le trajet de…… 3 à 4 minutes !

 

Autrement dit, au moment où nous allons devoir faire des choix douloureux en matière de financements sociaux, certains osent soutenir qu’un rallongement de trajet de quelques misérables minutes mérite que nous jetions par la fenêtre plusieurs milliards de francs. Comment justifier une telle posture au moment ces sommes gigantesques seront autrement plus nécessaires pour financer des pans entiers de notre économie et de l’économie sociale plus particulièrement.

Il est vrai que la confédération propose de contribuer à hauteur de 1,5 milliards au projet de gare souterraine. Cela ne comble pas le trou qui demeure abyssal en défaveur des finances publiques genevoises.

Le soutien de la gauche à l’option CFF est encore moins compréhensible dans la mesure où le seul réel bénéficiaire du projet d’extension de la gare Cornavin c’est le secteur foncier des CFF, qui vont pouvoir accroitre leurs surfaces commerciales de façon substantielle gratuitement puisque les contribuables vont payer à leur place.

 

Comment cette gauche, anti spéculation, peut-elle accepter de faire le porteur d’eau de la haute finance immobilière des CFF. Comment peut-elle aller contre les intérêts des habitants des quartiers touchés par ces chantiers monstrueux. Il y a là une infidélité que même Fidel ne comprendrait pas.

L’extension de la gare ne répond pas à une amélioration du système ferroviaire, que nous souhaitons tous.

Ceux qui s’opposent à l’étude sérieuse du projet de boucle cherchent avant tout à fournir du travail aux membres des corporations représentées par la FER, puissant lobby de ce parlement.

Je ne serais pas complet si je ne précisais pas que la boucle permettrait de réaliser, dans la foulée, le transfert des Ports Francs à Cointrin permettant ainsi de réunir les trois terminaux de marchandises, air/fer/route, en un seul point. Cette solution, étudiée par l’architecte Charles Pictet fait non seulement sens, mais encore permet-elle de libérer la zone PAV, et ses milliers d’appartements, dans un délai record.

 

Pour conclure, il n’est jamais trop tard pour éviter une grosse erreur. Il n’y a pas d’arguments de fond et solides contre la boucle, seulement des intérêts cachés.

J’invite les citoyens à se mobiliser, auprès de leurs partis politiques ou associations, pour que la solution de la boucle soit étudiée honnêtement et sans parti pris.

Last but not least, au moment où les finances fédérales comme cantonales vont devoir affronter des dépenses totalement extraordinaires liées à la crise du COVID-19 se pose, légitimement, la question de savoir si, en âme et conscience notre Grand Conseil peut rejeter l’étude d’une option qui permettait une économie de plusieurs milliards de francs.

Courir après un chapelet de minutes paraît bien dérisoire en regard des milliards économisés et l’amélioration du réseau ferroviaire qui résulte de la boucle.

 

Dans l’intérêt général, dénouons le nœud gordien, réalisons la boucle, et évitons le Cornavin-virus !!!

 

Lien permanent 5 commentaires

Commentaires

  • Cher Monsieur, c'est clair, seule votre position respecte la démocratie et les citoyens genevois. En tant que citoyen, vous avez mon soutien à cent pour cent. Puissiez-vous convaincre le Grand Conseil! Bien à vous!

  • Merci cher Monsieur le député!
    Ma question est simple. Pour quelle raison, autre que la défense d'intérêts privés la députation PLR, qui est ma famille politique, ne soutient-elle pas ce projet de loi!
    A vous lire, l'option de la boucle me semble s'imposer. Dès lors le seul moyen d'en avoir le coeur net c'est, effectivement, de mener une étude sérieuse, pour en avoir le coeur net.
    Cette étude doit être conduite, selon ce que vous dites, hors canton au vu du rôle trouble que semble jouer l'administration cantonale dans ce dossier, toujours en vous lisant puisque je ne connais pas les tenants et aboutissants de ce dossier.
    En dernier lieu, et peut-être le premier, vous avez raison sur le fait qu'une telle dépense pour une telle infrastructure doit être soumise au Souverain.
    A défaut d'être adoubé par nous, ce chantier déterminant pour notre mobilité future, ne sera jamais que celui d'une poignée de personnes dont les objectifs ne sont pas nécessairement l'intérêt général.
    Merci en tout cas de tenir votre rôle d'élu en nous informant sur ces sujets où les enjeux nous concernent toutes et tous. On ne peut pas jeter des milliards par la fenêtre comme cela semble être le cas avec l'extension de la gare pour un piètre résultat à vous lire

  • Pour plus d’informations. Simple, fiable et très complet: http://mobilite.blog.tdg.ch/

  • Enfin un député qui se donne la peine d'informer les citoyens! Merci Monsieur, votre blog est très instructif. Je ne suis pas MCG pour deux ronds, mais là j'avoue que vous me réconciliez avec votre parti.
    Je ne comprends pas pourquoi le PS et encore moins les Verts ne soutiennent pas l'étude de cette boucle? Il y a certainement anguille sous roche et cela me déplaît fortement car c'est plutôt là que vont mes votes habituellement.
    Quand je vous lis et que je constate que le grand bénéficiaire de cette méga pollution en pleine ville ce sera les CFF qui vont réaliser l'opération immobilière du siècle avec l'extension de la gare, je me dis que ça cloche ce dossier.
    Mais c'est sur votre conclusion que je suis le plus d'accord, ce truc doit nous être soumis en votation populaire, c'est évident.
    Votre blog me donne l'impression qu'il y a une connivence mal saine entre la gauche et l'administration cantonale alors que celle-ci doit être neutre. Merci en tout cas pour votre prise de position claire et accessible pour ceux qui ne sont pas des ingénieurs. Et encore, il n'est pas sûr qu'eux-mêmes comprennent tout vu les oeillères dont le département dal Busco fait preuve ici.

  • Merci pour ce billet très instructif !

    Je confirme que le peuple genevois n'a jamais pu s'exprimer sur ce concept ferroviaire en gestation devant le Grand Conseil.
    Voici l'historique :

    Le peuple suisse a été consulté sur 9 février 2014 sur le "FAIF" qui est un principe de financement de l'infrastructure ferroviaire au niveau de la Confédération. Il a été accepté par le peuple et les cantons, de même qu'à Genève.

    Dès lors, cette décision permet de financer les infrastructures ferroviaires souhaitées par les cantons. Parmi celles-ci il l'augmentation de la capacité du nœud ferroviaire de Genève qui doit être adaptée pour affronter l'augmentation du trafic attendu à l'horizon 2040-2045, mais sans préciser le détail de la réalisation.

    Entre-temps, les administrations fédérale et cantonale, de même que les CFF, ont présenté un projet d'extension en surface de la Gare Cornavin qui aurait eu pour conséquence de raser une partie du quartier des Grottes.

    Face à cette situation le "Collectif d'habitants dit des 500 des Grottes" a lancé une initiative populaire ("IN 153") qui s'est opposée à la destruction du quartier en demandant qu'une solution d'extension en sous-sol soit étudiée. Cette initiative a abouti.
    Le 13 mars 2015, elle a fait l'objet d'un rapport de la Commission des Transports, avant d'obtenir l'aval du Grand Conseil pour être enfin reprise telle quelle par le Conseil d’État.
    Ayant obtenu gain de cause, les initiants l'ont retirée et le peuple n'a donc pas eu à se prononcer.

    Il est très important de préciser qu'à aucun moment, les autorités n'ont parlé de la solution de la "Boucle" au "Collectif des Grottes", en tant qu'alternative à l'extension de Cornavin, alors que ce concept était pourtant celui qui prévalait dans les années 1980 lors de la construction de la gare de l'Aéroport et de la ligne qui la relie à celle de Cornavin. Ce non-dit des autorités nous a été confirmé lors d'une rencontre que nous avons eue avec ledit "Collectif des Grottes" en mai 2019 à l'initiative du regretté député Rolin Wavre.

    Il serait donc faux de prétendre que le peuple a pu se prononcer sur l'extension de Cornavin.

    Charles Matthey
    (Association Genève Route et Rail)

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