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  • LETTRE OUVERTE AU CONSEIL FÉDÉRAL

    Mesdames et Messieurs les Conseillers fédéraux,

    Certes, la liberté peut rapidement devenir un tyran si seuls ses propres caprices gouvernent. Mais dans une démocratie, à fortiori aussi évoluée que la nôtre, le gouvernement n’a pas d’autre choix que de veiller à l’équilibre entre les caprices libertaires et les réalités matérielles du pays.

    Le bien, dans l’équilibre pour le plus grand nombre, doit être pour un gouvernement, ce qu’est l’étoile du berger pour le marin. Il ne peut l’atteindre mais elle est son seul guide. Plus que tout, le gouvernement doit se souvenir qu’il est là pour servir, quitte au péril de sa propre existence.

    Cela implique, par nature, du courage et, parfois même, un minimum de témérité. C’est la part raisonnable du risque, qui fait primer l’intérêt global du Souverain au-delà des rives de la mer de la tranquillité.

    Pour qu’un gouvernement soit suivi, il doit être crédible et pour être crédible il doit savoir montrer une voie. Celle que vous nous indiquez est un cul-de-sac. On ne gouverne pas en se retranchant derrière l’avis de quelque cénacle, tout savant qu’il puisse être. Gouverner c’est savoir s’entourer, c’est surtout commencer par respecter celles et ceux par la grâce desquels on est mis en situation de diriger le pays. Cette nécessité est accrue lorsque, comme vous, on n’est pas élus au suffrage universel, mais cooptés par des arcanes aussi complexes qu’obscures qui permettent, quelques fois, à des personnes qui n’en n’ont pas les compétences d’être en position de gouverner. Ce dernier point est central en situation de crise.

    Il est devenu patent que votre illustre collège, construit et équipé pour les temps calmes et les mers paisibles, a totalement oublié que la première des armes en situation sanitaire délicate, est de promouvoir une prévention intensive et à large échelle. Non pas pilotée par la chimie, mais par le principe de précaution. A commencer par des règles alimentaires qui permettent au système immunitaire d’être au mieux pour pouvoir, en cas de besoin, affronter la maladie en étant au meilleur de sa forme. Cette promotion préventive est, depuis bientôt un an, totalement absente du message gouvernemental. Or adopter cette stratégie éviterait certainement des fermetures dont la majeure partie est superflue. Il est évidemment plus simple de s’abriter sous le parapluie confortable de ce que d’aucuns appellent la science. Du point de vue démocratique, le principal problème est que cette cohorte de « spécialistes » n’est pas élue. Or dans une démocratie telle que la nôtre, la légitimité de l’action passe inévitablement par les urnes. A défaut, nous entrons dans un système de gouvernement qui n’est pas démocratique, mais autocratique.

    En conclusion, Mesdames et Messieurs les conseillers fédéraux, redescendez sur terre, respectez votre Souverain, le Peuple suisse. Malgré le fait qu’il ne vous a pas élu, il n'en demeure pas moins votre seul et unique patron. Comme pour tout élu, quel que soit son niveau de compétence, de la cellule souche qu’est la commune jusqu’à votre conseil.

    Libérez les habitants de notre beau pays des chaînes inutiles que vous lui faites porter depuis bien trop longtemps.

    « La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » Abraham Lincoln

    Patrick-Etienne Dimier, député au Grand Conseil de Genève

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